MAX
compte que les chevaux , mais dans cette faïfon c’eft à-peu-près la même chofe; il faut fe conduire pour leur nourriture, comme nous venons de le recommander pour les chevaux.
Des Vaches.
Il faut avoir bien foin des vaches dans ce moisci, parce que le laitage commence à donner &t les veaux à arriver ; les trefles ou ray-graff qui ausont été parqués l’automne précédente, doivent donner au commencement de ce mois de bonne herbe, qui les nourrira très-bien. Quelques cultivateurs prétendent que le trefle donne un mauvais goût au beurre, c’eft une chofe à calculer, fi cela. fait tort à la vente, & qu’on ait d’autres herbes à leur donner. La luzerne nourrit fort bien les vaches ,; & ne donne aucun mauvais goût au laitage : étant fauchée &t donnée dans des rateliers a l’étable , cela nourtira plus de bétail qu'aucune autre plante, & en même tems on aura toujours la même quantité de fumier , article important qu'il ne faut jamais oublier. Si l’on adopte cette méthode , il fuit d’avoir à portée de la ferme une petite pâture d’un acre ou deux, avec un abreuvoir au milieu pour promener les vaches ; on les rentre à midi pour quelques heures , par ce moyen
M A 1. 127 on leur donne à manger trois fois par jour à l’étable , ou dans des crêches placées dans la cour, ayant foin d’avoir toujours de la litière fraiche deffous.
La manière d’attacher les vaches par les cornes dans un herbage leur eft bien auf profitable , mais elle eft plus difpendieufe , en ce qu’elles perdent plus d'herbe, & qu’on n’en retire nul engrais. Quant à ce qui eft de les lâcher dans une pâture , il n’y a pas de comparaifon , elles gâtent deux fois plus d’herbe qu'elles n’en mangent, on eft obligé, en fuivant ce régime , de compter un acre par tête de bétail, au lieu qu’en les nourriffant comme nous l'avons expliqué , un acre fufñt pour en nourrir trois. On doit obferver lorfqw'on nourrit des chevaux , bœufs ou vaches avec de la luzerne , de la faire faucher tous les jours, où au moins tous les deux jours ; on a pour la charrier , une petite charrette, garnie en planches , bien légère , menée par un cheval. On divife chaque piece que l’on define à être fourragée en verd , en plufieurs carrés , pour que l’on en fauche un par jour ou tous les deux jours , toujours également, pour que chaque animal en ait fa fufhifance ; on peut compter que tous les mois on pourra refaucher à la même place.
128 M A ft De la Laiterie;
C'eft mamntenant le plus fort de l'ouvrage pour la laitière, ( terme anglois qui exprime la femme qui a foin de la laiterie;) c’eft une des portions la plus délicate de lexploitation d’une ferme. Un fermier qui n’a pas une femme parfaitement intelligente , qui foigne à chaque moment fon laitage , ou une bonne maiïtrefle-fervante en état de la remplacer, perdra fur fa laiterie confidérablement , au point de ne pas retirer fes frais.
Celle qui eft chargée de cette befogne doit être fur pied à quatre heures du matin, ou elle fera en arrière de fa befogne. |
À fix heures on doit traire, & avoir aflez de monde à cet ouvrage , pour qu'à fept heures il foit fini, la même regle doit être obfervée le foir. La propreté eft le grand point dans une laiterie; tous les uftenfiles doivent être lavés tous les jours dans l’eau bouillante, du moins tout ce qui peut entrer dans la chaudière.
Dans les tems chauds,.on doit jeter fouvent de l’eau fraîche fur le plancher ; pour cela 1l doit toujours y avoir un courant d’eau dans la laiterie.
Tous ces foins font de la plus grande. impor tance dans une exploitation confdérable , où la
laiterie
Man 1) laitérie fait un des principaux objets de rapport, qui; sil eft bien conduit , paiera bien le fermier des foins qu'il y donnera.
Des Ruches.
On doit foignei ferupuleufement les mouches à miel ce mois-ci, fans quoi l’on court rifque de perdre les effaims. La plupart des fermiers ne fentent pas aflez l'importance de ce genre de fpéculation; jamais une fermé ne devroit être fans cela ; le foin que l’on y donne eft peu de chofe, pour ce que cela rapporte , &t les plus petits profits ne doivent jamais être négligés par les fermiers.
Du Chanvre:
Voici la meilleure faifon pour femer le chan vre , fi la terre a eu fon premier laboùr en O&obre , en grandes-planches, & des taîtres tirés pour bien égoutter les eaux ; le tout bien fumé ; aprés avoir donné un bon labour, on feme & on enterre la graine à la herfe, à raifon de quatre boiffeaux par acre, cette plante demande la terre la meilleure & la plus forte que l’on puifle trouver; car dans des terres médiocres , elle ne rend aucun