‹ Calendrier du fermier; ou, Instruction, mois par mois, sur toutes les opérations d'agriculture qui doivent se faire dans une fermeChapitre 37 sur 48 · Les moutons Gallois · texte numérisé non relu

Les moutons Gallois

. Les moutons des marais.

A l’évard de la race, il eft important d’en acheter de bonne efpece , que votre terre foit des meilleurs ou non. Quant à la grandeur, il faut la proportionner à la nourriture que vous pouvez donner à vos troupeaux ; fi votre fol eft pauvre , léger & fablonneux, les moutons du pays de Galles , de Norfolk on des marais , font les meilleurs ; de telles terres vous conferveront toujours la race, mais elles n’engraifleront jamais vos troupeaux. Î[l vaut donc mieux acheter des moutons robuftes, & y méler des petits béliers de

bonne race ; en fe fouvenant pourtant que pour de tels fols, il n’y a rien de plus dangereux que des béliers trop jeunes : dans des terres plus fertiles, vous pouvez en choifir de plus grands. Les moutons les plus grands font ceux de Licoln; mais des troupeaux fi grands ne font bons que dans des pâturages gras, de trente-fix à quarantehuit livres de France, de loyer par arpent. Ceux de Leïcefter font prefque auf bons, quoiqu'un peu plus petits. Pour des terres depuis douze jufqu’à trente livres de loyer, il faut choifir les moutons des provinces de Hertsford , de Dorfet ou de Wilts, ils feront toujours beaucoup plus de profit. Le premier article, c’eft-à-dire, d’avoir des brebis de belle efpece , eft très-avantageux pour ceux qui veulent conferver la race; alors on en tire du profit en agneaux, en laine & pour le parcage. Le fermier qui veut acheter des brebis de race, doit bien examiner la nourriture & le paturage qu'il a , & borner le nombre de fon troupeau à proportion. Il y a toujours des pâturages d’inférieure qualité , les meilleurs étant pour les. vaches ; du trefle, de la pimprenelle & d’autres herbes très-bonnes pour les troupeaux ; d’ailleurs , il y a le droit de les faire paître fur des communes , & fur des landes qui font quelquefois annexées à la ferme. Il faut auf avoir foin de conferver une certaine quantité de navets ou de

choux pour la nourriture d'hiver, comme en général, dix arpens de terre ainfi enfemencée pour chaque cent de moutons , & une piece de terre de pimprenelle ou d’autres herbes | où l’on puifle les mettre au printems. Il faudra toujours, quand on a de tels troupeaux , les faire parquer , même au milieu de l'hiver, ayant foin de le faire fur des terres feches ou graveleufes , ou fans cela , à l'abri fous des hangars , avec grande abondance de htière. Le profit de ces troupeaux , fuppofé que les brebis de deux ans aient coûté dix-huit livres, fera à-peu-près felon le tableau fuivant :

Pour: la line, vi 4er, 5 CP SNS Pour un ones. 20". Jane »

Pour l’avantage du terre par-

QUE a ROME, 4 TL ANNE 16 SSSR T ME ENS CS EUREES

Somme totale, . . 18 12 LR D'R.

Mais cela dépend de lefpece des troupeaux , il faut qu'ils foient de la meilleure race , & non pas trop grands; ceux de la province de Herford font excellens ; les troupeaux de Norfolk font d’une efpece inférieure , & on peut le calculer de la mamère fuivante :

SEPTEMBRE. 207 Pomme, 4. cd OMR NA L Hopmiaiagnean, ÿ. 750. SU »

Avantage du terrein parqué,

bd h

Total,

+ bei CO

Il y a une autre manière de fe fervir des brebis, c’eft de les acheter le mois de Septembre, & de les mener paitre fur des terres en chaumes, jufqu'à ce qu’elles aient agnelé , les nourrir après avec des navets ou des choux , non pas trèsabondamment , mais leur en donner aflez pour les conferver en bon état, L'été fuivant, vous vendez les agneaux dès qu'ils font gras, & faites engraiffer les brebis après ; de cette manière, vous vous défaites des uns & des autres dans l’efpace d’une année, & vous en retirerez le profit fuivant :

PO PE, NUE 4 liv. 16 f,

Pour l’agneau & la brebis, . 36 »

Avantage d'avoir été parqués pendant quatre mois, . . . » 12 me ma ARR:

Total, ‘:. 51200 8 Hlreba Coûté | :. !. ,. «18 »

Proft, . 17083 8

208 S'E P'T'EIM BR E.

Pour cette opération, il faut avoir les brebis de bonne heure , afin qu'on puifle engraiffer & vendre les agneaux dans le commencement de Ma au plus tard; fi on a beaucoup de navets & de choux, le profit fera encore plus avantageux ; car les agneaux gras fe vendent fouvent au commencement de Mai, jufqu’à un louis piece, quand ils font de la race de Hertford.

Il y en a qui achetent des brebis inférieures à l’âge d’un an, dans ce même mois de Septembre , pour les revendre graffes un an après; le calcul n'eft pas du tout avantageux ; il vaudroit mieux des moutons de deux ou trois ans, dans ce mois-ci, les nourrir paffablement bien pendant l'hiver , en leur donnant de tems en tems des choux ou des navets, & les parquer dans des terres feches, où ils reftent ainfi jufqu’au mois de Juillet ; on les fait pafler après dans de bonnes prairies , & enfuite à la nourriture des navets, de celle des navets à celle des choux; & on les vend en Avril ou Mai, lorfque le mouton eft plus cher que dans aucune autre partie de l’année ; le profit alors pourra fe trouver ainfi :

Pour un mouton gras, . . . 32 iv. 8 £

Four a Laine "AS ee »

38 8 Avantage

SEPTEMBRE: + 0j Ci-contre, . . . 38 lv. 8f.

Avantage fur la terre parquée >" 16 re

Kotal, :4 7/40 NAS

Prix coûtant, . . 19 \Ù 4 EEE PS PET A EMEA E

Profit, : : 21 on

Par cette méthode , prefque toute la premiére année eft employée à parquer , & cela vous fert pour tout le refte de l’année. Il faut obferver que le profit provenant de l’engrais fur les terres parquées , eft bien plus confidérable que celui que je viens de noter dans les exemples ci-deflus. À la longue , ce profit eft incroyable & au-delà de tout calcul, les moutons font plus aïfés à garder & à fourrir que les brebis ; d’ailleurs , ils font moins fujets à fouffrir par les accidens ordinaires. Les moutons d’un an s’achetent auffi dans ce mois-ci, & on les vend un an après, gras , & Le profit eft confidérable. Il fera néceflaire de dire quelques mots fur les vieilles brebis; l'on tire tous les ahs , du troupeau qui n’a pas été engraïflé , un certain nombre de brebis , on les vend & l’on retient lé même nombre d’agneaux à leur place. La méthode de les tirer eft, felon l’état de leurs bouches , quand les O

210): SEPTEMPBR E,

dents leur manquent , au point qu’elles ne peu< vent plus fe nourrir dans les pâturages ordinaires, ni être parquées ; on les choïfit , & on les fait pañler aux marchés & aux foires, où ces fermiers qui ont des terres plus riches , les achetent &t les font engraïfler. Cette manière de vendre eft trèsavantageufe , il eft vrai que le prix n’eft pas bien confidérable ; le prix moyen peut fe fixer à neuf francs, on en vend quelquefois à douze liv. ; mais le fermier qui les achete , les conferve jufqu’a ce qu'elles aient agnelé , les engraïfle après avec des choux ou des navets, & lés vend enfuite avec avantage. Si, par exemple, élles coûtent fix louis la vingtaine, elles fe vendent quelquefois dix-huit livres, lon voit bien que le profit fe triple,

Pour engraiffer Les Befliaux.

Il faut faire grande attention dans ce moïs-ci aux beftiaux que lon a deflein d’engraiïfler , &t au foin qui refte ; il arrive bien fouvent dans le mois de Septembre, que la nourriture manque; il faut donc y fuppléer par quelqu’autre moyen; car un bœuf, ou toute autre bête qui eft prefque engraiflée requiert d’être bien nourri ; fi on lui diminue les vivres, il commence à maigrir. Vers le milieu de ce mois, il faut avoir une grande piece

de terre, fauchée, prête à recevoir les befliaux, Vers la fin du mois, jufqu’à la moitié d'O&tobre, il en faut une autre tout-à-fait fraîche. Le bœuf eft à meilleur “marché à la Saint-Michel, que dans aucun autre tems de l’année ; ; Car on fait conduire alors tous les autres beftiaux au marché; ceci devroit faire changer au fermier fa méthode ordinaire , & 1l devroit vendre alors feulement une partie de fon bétail, c’eft-ä-dire , ceux qui font tout-à-fait gras, & qu'il ne peut plus garder, & nourrir le refte quand toute l’herbe eft pañlée , avec des choux ou navets. }

Vaches.

Pour les vaches à lait, il faut beaucoup d’her: bes pendant tout ce mois , autrement le lait leut manquera plutôt dans cette faifon que dans une autre ; la luzèrne fauchée, tandis qu’elle eft verte & donnée aux vaches dans la cour , eft pour elle la meilleure nourriture , le produit eft fi régulier & fi peu dépendant des faïfons , qu'il eft … très-aifé de proportionner le nombre de beftiaux aux herbages , & alors on ne manqueræ pas de nourriture, La luzerne fauchée réguliérement tous les jours, en fournira jufqu’à la troifième femaine d'Oftobre ; &, quoiqu'il y ait des perfonnes qui

Page 1