‹ Calendrier du fermier; ou, Instruction, mois par mois, sur toutes les opérations d'agriculture qui doivent se faire dans une fermeChapitre 38 sur 48 · SEP; SEM PRE · texte numérisé non relu

SEP; SEM PRE

‘foutiennent que les vaches! ainfi traitées ne dornent pas autant de lait, que 7 elles font en pûture:il eft vrai néanmoins qu’en fuppol nt même qu’elles n’èn donnent que la moitié ,. cette. moitié rendra certainement plus de profit réel fur la totalité; car il faut fi peu de terrein pour nourrir les vaches au ratelier, qu'il n’y. a paside comparaifon entre ces deux méthodes , fi Pon regarde le profit.

Las

De l'Engrais “hs Prairiés.

IL faut engraiffer les prés avec des compôts & non pas avec du fumier feulement , pour plufieurs raifons. Le fumier ne doit pas être tellement pourri, qu'il fe rende liquide ; fa force & fa qualité fe peréient. quand iteft trop pourri; & quand il eft en bon état, il eft fi bon pour les terres labourables, qu’il n’y a pas de profit à le faire mettre fur de l’herbe. D'ailleurs, il y a beaucoup d’autres ingrédiens à mêler au fumier, qui le rendent plus propre pour lherbe que pour les terres labourables. Il faut y mêler de la craie, de l'argile,” de la tourbe , de la tetre de foflés, de la’ vafe d'étang, de la chaux, des cendres , de la fine & du fumier. Tout cela, ou au moins .une partie , ‘mêlé enfemble deux fois dans le cours d’une an-

née, Gb très-propre pour répandre fur les prés, & av ec un peu de fumier. parmi, lengrais deviendra excellent Septembre eft la véritable faifon:pour faire le mélange de ces engrais, il faut en mettre quinze ou vingt charrettes fur chaque arpent, pas . dayantage. On n’engraïfle jamais trop les terres labourables , mais on peut aifément trop engraïfler les prés ; ; car quand il y a trop d'engrais, il ne peut pas facilement pénétrer, Il faut avoir foin de faire répandre les monceaux bien réguliérement, c’eft plus néceffaire que fur les terres la- “bourables ; un bon fermier fait fumer fes prairies & fes pâturages tous les trois ou quatre ans , excepté quand elles font très-grafles.

Découpage (1) des Prairies.

C’eft une nouvelle méthode que celle de découper les prés; elle n’eft pas encore bien connue : elle confifte à couper le gazon avec une charrue

ui n’a que des coûtres, ou une herfe fendante, forte que la furface puifle être fendue ou déchirée. Cette opération ef tout-à-fait oppofée à lidée ordinaire du roulage en automne, qui fe fait

(°1) terme technique que je n'ai pu rendre autres ment. à O il

à deffein, non-feulement d’applatir la terre pour la rendre propre à la fauche, mais auffi de prefler la furface autant que l’oñ peat , & c’eft pour cette raifon que l’on choifit les rouleaux les plus lourds.

S'il y a quelques défauts dans la nature du gazon qui puifle empêcher la terre deproduire du foim à proportion de la fertilité du fol , ils proviennent de ce que la furface eft attachée à une terre humide, qui l'empêche de jouir de linfluence de l’atmofphère. Le roulage augmente cet inconvénient , car plus vous preflez le fol, moins les racines dé lherbe auront de féve : maïs fi vous le découpez & le déchirez en piece , c’eft comme fi vous le faifiez houer, & cela donne le moyen aux racines de pénétrer dans la terre déliée. Si vous avez envie auffñi de fumer vos près, cet argument devient plus fort: après avoir découpé la furface & mené Pengrais, il entrera dans les fillons des coûtres, & alors il pénétrera où vous fouhaitez qu'il foit, aux pieds des racines de l’herbe. Tout le monde fait combien il eft difficile de faire entrer l’engrais dans le gazon, il faut herfer plufeurs fois, & roule avant que de le faire entrer. La moitié de l'où- | vrage feroit faite fi l’on fe fervoit de la méthode de découper. Qu

Il y a cependant dans le roulage un grand avan ge, c'eft celui de faire produire une herbe plus te 6: plus belle; en détruifant les vers, on ôte

SEPTEMBRE 215 cette différence de couleur qui eft moins agréable à la vue, & le gazon devient d'un plus beau verd ; c’eft pourquoi il eft bien de faire rouler les prairies tout près de la maïfon, mais non pas pour produire une grande quantité de foin,

De la Pimprenelle,

Il ne faut pas faire paire les beftiaux dans les champs de pimprenelle, après qu’elle a été fauchée ; car ils doivent fervir pour la femence en Juillet ou pour une feconde récolte. La grande particularité de cette plante eft d’être bonne à manger en Mars, & fi on la laifle haute de fix ou huit pouces au mois d'O&tobre, on la trou- | vera à la hauteur de huit à dix pouces au coms mencement de Mars, & avec toutes fes feuilles ; comme en automne : les gelées d'hiver ne lui font point de mal; tout l’avantage de la pimprenelle dé« pend de cette précaution , & tous ceux qui y ont fait paître les troupeaux s’en font trouvés fort mécontens , c’eft pourquoi ils ont décrié cette plante ; mais il n’en eft pas de même des fermiers qui favent la ménager.

© iv-

De la Fougère.

C’eft dans ce mois qu'il faut couper la fougère; la ferrer dans les granges en gros tas, & la faire fervir aux beftiaux tout l’hiver, pour litière dans la cour & former du fumier : elle fert auffi de litière pour les étables, les écuries. C’eft avec cette plante que vous aurez beaucoup d’engrais , ce qui eft la vraie clef de l’agriculture & du labourage. De tous les végétaux, la fougère donne le plus de fels, & voilà par quelle raïfon elle eft fi bonne pour le fumier : fi le fermier n’en a pas dans fes

landes , il devroit en acheter dans le voifinage ,

pourvu qu’elle ne foit pas trop loin; il pourra la payer comme la paille, & il ÿ trouvera toujours fon avantage.

Du Chaurme.

C’eft dans ce mois qu’il faut couper les chaumes de froment ou de feigle, ou le rateler , & le faire tranfporter dans la cour, pour en faire du fumier, comme de la fougére ; cette opération eft bien négligée dans nos provinces , elle eft pourtant de la dernière conféquence ; le chaume laïffé dans les champs n’eff d'aucun avantage, confidéré.

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