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comme engrais , il empêche au contraire le travail de la charrue; car, sil y en a trop, elle ne peut plus faire l'ouvrage comme il faut. Il eft donc très-utile de dépouiller les champs de toute efpece de chaume , & de le tranfporter à la ferme, où les beftiaux , en le foulant aux pieds, en formeront d’excellent engrais , ce qui épargne la paille. Dans les provinces où l’on fe fert de chaume , l’on donne pour le couper, le ramafler, &c. quarante-huït fous & quelquefois trois liv. par arpent; dépenfe ‘qui n’eft pas confidérable , eu égard à l'avantage que l’on en retire, |
Du Houblon.
L'on commence quelquefois à cueillir les hou= blons: à la fin du mois d’Août , mais ce mois-ci eft le véritable pour cette récolte ; il faut avoir pour cela beaucoup d'ouvriers : les femmes travaillent aufli bien que les hommes ; car il faut du foin & de l'attention , plutôt que du travail. Après l'avoir cueilli , il faut arracher les perches ou pieux qui doivent être foigneufement arrangés pour la faifon fuivante,
Du labour des Jachères d'hiver.
Voici le tems où la charrue doit retourner d’abord comme il faut , toute efpece de terres en chaume , c’eft un point principal du labourage qui eft très= fouvent négligé ; les fermiers s’imaginent qu'il n’eft néceffaire de faire labourer les jachères qu’au moment de femer l'orge ; la principale raïfon qu’ils donnent eft celle que ces champs nourriffent les troupeaux ; mais quelle nourriture ! que ces fermiers fe donnent la peine de confidérer que l'air en toute faifon, & quand il gele en particulier, pu'yérife les mottes. Au milieu de l'été , quand la terre eft tout-à-fait cuite par l’ardeur du foleil , on pourroit douter de cet effet; mais fi vous attendez la pluie & les autres variations , le fait fera aifément prouvé ; 1l eft certain que la pulvérifation de la terre, dans la faifon de l’hiver , eft de grande conféquence ; c’eft là ce qui détruit les mauvaifes herbes & les empêche de prendre racine. Si les jachères font bien labourées au mois de Septembre, & fi on y laïffe de bons fillons & des maîtres jufqu’aux mois de Mars ou Avril, on ne les trouvera pas couvertes de mauvaifes herbes, ou s'il y en a un peu au premier laboug, de printems , la charrue les détruira. On voit qu'il eft de la dernière conféquence de donner aufli ce
fecond labour; car chaque plante nuifible qui com-
mençoit à végéter par le labourage de automne tefleroit enfermée dans la terre jufqu'au labousage du printems ; fi vous femiez deflus, vous fetiez sûr alors d’avoir abondance de mauvaifes herbes, qu'un labour dans l’automne auroit découvertes , & qu’un fecond détruira. Car pour faire périr les mauvaifes herbes, il faut les faire croitre, & quand une fois elles font forties de la terre, la charrue les détruit , de forte que fi le fermier retourne les chaumes dans ce mois-ci , nonfeulement il détruit les mauvaifes herbes , mais 1l prépare la terre à la végétation. Il faut faire à-peuprès la même chofe pour les champs qu’on deftine aux jachères ; il eft très-avantageux de les labourer d'hiver, fans attendre les effets de l’attraétion.
L'effet de l’attra@tion pourra paroître très-équivoque à la plupart des fermiers qui ne voient jamais les chofes plus loin que lapparence ; tout ce qu'on a dit là-deffus ne peut pas fe prouver par l'expérience. Tous les Volumes qu’on a publiés fur l’agriculture ne prouvent pas que l’atmofphère contribue à rendre l’engrais meilleur , lavantage des jachères ne donne pas aflez de preuves; il y a plufieurs argumens qui démontrent évidemment que la deftrution des mauvaifes herbes & la pulvérifation de la terre font toujours avan-
tageufes. L’on voit des récoltes égales, & plufeurs dans l’année ; le froment, par exemple, après les feves , réuflit fort bien , & aufh après les pois & le trefle. Après toutes mes obfervations, enfin , je vois que la plus füre méthode eft celle de détruire les mauvafes herbes,
Îl'y en a qui difent que le nitre fait beaucoup ;
tépandu fur la fuperficie de là terre après le labourage dans lhiver ; ils foutiennent que le nitre eft le principe de la végétation; cette opinion paroît tout-a-fait dépourvue de raïfon. Le falpêtre a toujours été pernicieux , ou pour mieux dire , venimeux dans toutes les expériences. Je ne faurois pas prouvér le contraire, mais je doute toujours des maximes qui ne font pas appuyée de l’expérience; je me borne donc à recommander au fermier le labourage d’automne, qui eft fondé fur des principes qu'il doit fort bien comprendre, & fur des effets qui font certains , c’eft-à-dire, la pulvérifation des mottes & la deftruétion des mauvaïfes herbes ; fi lon cherche à perfuader les laboureurs par des raïfons ou par des difcufhons , elles deviennent pour eux du grec ou de l’hébreu.
L’'Auteur recommande de faire des Maitres.
Il ne faut pas oublier de faire des maitres dans