‹ Calendrier du fermier; ou, Instruction, mois par mois, sur toutes les opérations d'agriculture qui doivent se faire dans une fermeChapitre 40 sur 48 · RES · texte numérisé non relu

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SEPTEMBRE, 221 vos champs aufhtôt qu'ils font labourés; c’eft delà que dépendent la fécherefle & {a falubrité du fol. Il:y a des fermiers qui négligent cette opéra tion, même dans les champs de froment. Pour épargner une bagatelle , on efluie fouvent une perte trés-confidérable. Le fermier doit défigner les places où il faut faire les rigoles , & y employer tout de fuite fes charretiers avant que la charrue quitte tout-à-fait les champs. Il eft néceffaire de faire faire aux maîtres une efpece d’écoulement , & d'y former une berge bien propre, n’oubliant pas d'ouvrir un pañlage dans les fillons , afin que l'eau puifle couler dans les rigoles , la dépenie ne mérite pas d’être comparée au profit ; 1l faut abfolument approfondir les maîtres & les curer à la bêche, autrement la boue les rempliroit, & 1l faudroit creufer de nouveau.

De !a Luxerne,

La luzerne en rayon ou tranfplantée vous fournira probablement une autre récolte dams le mois de Séptembre, ou tout au plus tard la première femaine d’'O&obre, après lavoir fauchée cette fois, le petit regain qui fuit n’eft pas de grande conféquence , mais fi on la coupe au commencement ou vers le milieu de Septembre, la chofe eft bien

différente ; car on aura une autre récolte à la fin d'Oftobre. Toutes les fois que vous aurez fait I4 dernière récolte , ayez foin d’engraiffer les champs avec des compots de craie, de marne , de gazon, de fumier pourri, de cendres, de fuie & de chaux, & fi on le fait chaque année, un petite quantité fuffira , douze charrettes par arpent. Dès que l’engrais fera bien répandu, faites entrer la charrue ordinaire dans les champs , & fi la luzerne a été femée en fimples rayons , entrez dans chaque intervalle, ouvrez la terre & faites un gros fillon de chaque côté. Par cette opération , chaque champ aura l'air d’une jachère en élévation , fous laquelle reftent les rangs de luzerne. Vous ferez sûr alors que tout l’engrais a pénétré jufqu’aux plantes, à labri du mauvais tems, & chaque fillon devient une efpece de conduit , qui fe décharge dans la rigole, & conferve la plantation en bon état. Il faudra , au premier beau tems fec après Février, faire herfer les fillons en travers plufieurs fois, afin de mettre le champ au niveau , & de donner aux jeunes plantes la facilité de percer.

Les cultivateurs de luzerne doivent obferver qu'un feul arpent labouré de la forte, leur rendra beaucoup plus, que plufieurs labourés à la manière ordinaire. On croira que c’eft une extravagance que de fumer les champs tous les ans; mais la luzerne demande d’être bien engraïflée. Si la terre

SEPTEMBRE: 273 eft bonne; elle produira fans engrais ? mais pour la porter au degré de perfeétion, & en tirer un plus grand profit, il faut amender la terre. Il y a des champs qui ont produit des récoltes de quarante louis, & plus par année; mais la luzerne avoit été plantée fur un fol aufh gras qu’un fu< mier,

Du Parcage.

Il ne faut négliger, fous aucun prétexte ; de par* quer dans ce mois-ci. Après avoir femé le froment, Or pourra parquer la terre deftinée aux feves, pendant les mois d'O&tobre & de Novem= bre. Les récoltes font toujours bonnes & paient bien les foins que vous leur donnez,

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L'Aureur Anglois commence l’Inftruétion fur ce mois-ci, par des préceptes très-détaillés fur les mefures & précautions à obferver , lorfque lon veut prendre un bien à ferme , ainfi que pour la louée des domeftiques. Comme tout ce quil dit à ce fujet eft purement local, & relatif aux loix Angloïfes, j'ai cru devoir le fupprimer dans un Ouvrage purement d'agriculture pratique. Jen ferai peutêtre. un réfumé à la fin de l’Ouvrage , fi ce

fupplément me paroït utile au fujet.

Des travaux de la Cour.

Comme voici le dernier mois où les befliaux font nourris au verd, foit en pâture , foit au ràtelier ; il faut que la cour foit mife en bon ordre pour les recevoir à demeure. Cet article eft fort important pour un fermier , & il doit avoir grande attention en louant une ferme, de remarquer fi la cour eft commode & fpacieufe. Si cependant d eft forcé par les circonflances de trai-

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ter avec un propriétaire fans rencontrer un pareil avantage , 1l faut qu'il y remédie à peu de frais, en cherchant un térrem adjacent à la cour, où puiflent donner les portes des étables ou des granges ; aflez étendu pour contenir tout fon bétail, Il le fera entourer de bonnes paliffades , fufffamment hautes & folides : le profit qu’il doit en retirer l’indemniféra bientôt de cette dépenfe. D’ailleurs , sil veut faire cette dépenfe d’une manière plus économique ; c’eft d’entourer fon terre d’un mur fait en terre avec du mauvais foin ou de la paille bien méèlée avec la terre, & de couvrir le tout avec du chaume , comme une mafon.

La furface de ce terrein doit être couverte de gravier ou de craie battue, pour que l’on püifle aifément avec la pelle y ramafler le fumier & balayer tout le tour.

C’eft dans cette efpece de cour que le bétail doit être journellement raffouré avec de la paille fraiche , que l’on renouvellera fbuvent. Le ferimier fera bien auf , à fes momens perdus, d'y faire conduire de la marne , des gazons pourris , ou de la terre de marne pour jetter fur la paille & le mêler avec; on ramafle le fumier avec ces terres, à mefure qu'il fe pourrit, & l’on forme du tout, au milieu du terrein , une couche de trois à quatre pieds de haut, que l’on conduit enfuits

dans les terres. On peut même placer les berceaux où on met le fourrage , fur cette efpece de couche , pour que les animaux larrofent de leur urine; mais 1l faut pour cela avoir foin de renouveller fréquemment la litière avec de la paille ou du chaume , qu’on peut entremêler alternativement avec ce qui fortira des toits à porcs , poulaïliers , pigeonniers , &c. Un fermier qui engraïfle des vaches ou des bœufs avec des turneps, doit par préférence les faire manger dans de grandes auges , placées au milieu de cette cour , il y trouvera bien fon profit pour augmenter {on fumier, en ne confommant pas les pailles, & il ne peut en même tems tirer un mcilleur parti de fa récolte de navets.

Telle eft la manière la plus füre de multiplier les engrais , & de gouverner la cour d’une ferme ; jai tiré ces principes d’un des meilleurs auteurs qui ait écrit fur l’agriculture.

Des Chevaux.

À la fin de ce mois on doit reïnettre les chevaux à la nourriture feche, c’eft-à-dire, à la paille, au foin & à l’avoine ; c’eft le moment où ils font plus difpendieux ; car fi on ne les nourrit pas bien, ils tombent à rien , & ne font pas en état

OcTo8BsREeE 537 de faire la moitié de l'ouvrage: il faut leur donner le meilleur foin & de la pailie à difcrétion , furtout lorfque ces denrées ne font pas chères. Dans le cas contraire, il faut leur donner du foin & de la paille hachés enfemble, ce qui économifera confidérablement ces fourrages.

Quant à lavoine , files chevaux travaillent tous les jours , il faut compter deux boifleaux par {emaine pour chaque cheval , ce qui ne fera que bien füuffifant pour les entretenir & les dédommager de la perte de la luzerne. Nourris de la forte , ils peuvent travailler tous les jours durant l'hiver.

Mais ce régime de nourriture eft fort coûteux, Il y a une manière plus économique , c’eft de fubffituer à l’avoine les carottes en totalité, ou du moins en grande partie. On donne deux boifleaux de carotte pour un d'avoine ; & pour quatre chevaux, au lieu de donner huit boïffleaux d’avouie par femaine , on n’en donnera que deux & douze de carottes. La manière de les employer eft de les bien laver, de les couper par morceaux , & de les mêler dans la mangeoire avec de la paille h22 chée, Cette nourriture réuflira très-bien aux ch:« vaux , & épargnera bien de la dépenfe.

Cette méthode de nourrir les chevaux avec des carottes, a été particulièrement recommandée pa un auteur célebre , qui s’en explique ainf:

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