‹ Calendrier du fermier; ou, Instruction, mois par mois, sur toutes les opérations d'agriculture qui doivent se faire dans une fermeChapitre 41 sur 48 · O CT O 8 R · texte numérisé non relu

O CT O 8 R

« On ne peut difputer que les carottes ne foient une bonne nourriture pour les chevaux, mais ce qu'il eft effentiel d'établir , c’eft leur grand avantage fur l’avoine, Un attelage de chevaux peut être entretenu avec des carottes feulement, fi leur plus grande courfe eft de fept à huit mille autour de la ferme, & on n’a befoiñn de leur donner d’avoie que lorfqu'ils vont à vingt ou vingt-quatre. Cet hiver, mes chevaux ont fait plus d'ouvrage que de coutume , ayant fervi à l’exploitation d’une partie de mes tailis; ils ont toujours bien été, & ont meilleur poil qu’à Pordinaire , nayant mangé que des carottes. Cela prouve que cette nourriture leur eft meilleure que l’avoine ; d'autant que je penfe qu'il eft avantageux pour les chevaux de ne pas toujours manger de la même nourriture ; mais aufñ je leur donne de la paille à difcrétion, & le foin peu à peu pour qu'ils en aïent toujours dans le ratelier; par cette méthode les chevaux ne feront jamais trop échauffés.

Suppofons que le boifleau d'avoine coûté quarante-huit fols, & celui de carottes fix fols, ce fera huit de ces derniers pour un d’avoine,

Le prix de l’avome varie, à la vérité, beaucoup , mais le meilleur marché qu’elle foit , eft

36 fols; on en aura encore fix de carottes pour

un. Je n’établirai même mon calcul qu’à quatre pour un, & Je prouverai que quand il n’y auroit

fm

O,cT o'BRE, 229

que deux pour un, on y trouvera encore du profit.

D'ailleurs , en comparant le parti que l’on peut tirer de deux quantités de terres données pour la nourriture des chevaux , & calçulant le produit de chaume, on verra de quel côté eft le profit, fans compter dans quel état chaque efpece de récolte laiffe le terrein qui l’a produit.

Vingt arpens de terre qui vous feront néceffaires pour la nourriture de vos chevaux , feront dans le plus mauvais ordre, quand ils auront porté de Pavoine ; au lieu que les cinq, où j'aurai récolté des carottes , feront dans le meilleur état de culture pofhible, après toutes les façons qu’ils auront reçues. C’eft pourquoi je confeillerai la culture de cette racine à tout fermier qui y aura un terrein propre, comme étant un objet important d’économie rurale , qui allégera confidérablement la dépenfe des chevaux ».

Les bœufs doivent être nourris ce mois-ci à la paille & aux choux, & à défaut de ces derniers, aux turneps ; mais les premiers font préférables.

Il faut leur donner environ cinquante livres par jour chacun, & que le ratelier foit toujours garni de paille , d’orge ou d’avoine. S'ils font beaucoup d'ouvrage , il faut fubflituer le foin à la paille, mais avec économie ; car le. grand avantage de fe fervwir de bœufs , préférablement aux chevaux pour

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la culture, confifte dans la nourriture d’hiver , fur laquelle on peut économifer ; mais on ne pent en faire autant pour les chevaux. Ce n’eft pas qu'il n'y ait des cultivateurs qui re donnent pas d’avoine aux chevaux hiver , quand ils ne font pas grand ouvrage , d’autres qui même ne leur donrent que de la paille; mais c'eft une fort mauvaife méthode, car des chévaux qui ne font pas bien entretenus toute l’année , toribent à rien quand le fort de l’ouvrage commence,

Comparaifon entre les Chevaux © Ls Bœufs.

Voici un article très-important en agriculture; car certainement l'avantage eft d'un côté, & il ne s'agit que de le trouver. Il n’y auroit pas à héfiter, fi, comme quelques -uns le prétendent, on pouvoit entreterit deux attelages pour un , en fe fervant de bœufs; mais tout le monde s’eft avifé de raïfonner ou d'écrire fur cette matière; chacun a eu fon opinion, appuyée même par des expérences : mais il en eft de cela comme des fermiers qui exploitent des terres légèrés, & qui veulent b'ûmer la eulture des turneps. La localité fait tout, Tel s'eft toujours fervi de chevaux , & les croit fupérieurs aux bœufs, tandis que d’autres ne veulent employer que ces dermers à leur culture,

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PPT TT AE,

Tout cela n’eft qu'une opération de calcul, & un fermier qui veut l’entreprendre doit avoir toujours la plume à la main , comme un mathématicien le compas. Je ne réponds pas de réfoudre une queftion aufli importante, mais je rapporterai tous les calculs & dépenfes de plufieurs expériences faites dans une feule année, dont on pourra enfuite faire le rapprochement,

Première Expérience.

Dépenfe de deux chevaux & de deux bœufs faite en 1766.

Il en coûte par acre pour labourer avec deux che- MR UE + 6. 0 el NI ACR

Entretien , achat & ufage des har-

Ve à » ‘0 «y CN J Lee he ns ins me | 2 11 me Pour deux bœufs, 2: : 3: : 2 2 Le deuxième article eft nul, ou du moins prefque rien , mais faut ajouter celle d’un tou-

De l'autre part, ‘J . 2 liv. 2 fols ÉDSUL es + DOM USM N

se | pére |

Le profit pour les bœufs eft par BEFCIdELT PA QU VUS SM ee 3 (:),

Il faut obferver que , quoiqu’on ne porte rien pour les harnois, il faut au bout de lan compter la dépenfe & l'entretien des jougs ; mais les chaines de fer s’ufant peu, la dépenfe d’entretien ef peu de chofe ; ainfi cet objet peut être porté à deux fous par an.

Mais un autre avantage que les bœufs peuvent avoir, c’eft qu’une paire de petits bœufs laboureront un acre en un jour, fout comme des bœufs bien gras , de 12 à 1300 péfant, & leur confommation fera bien moins forte. Dans la province de Suflolk, pour un écu par femaine on nourrit une bonne paire de bœufs dans l'été, & une diminution de 12 à 24 fols fur la dépenfe ci-deffus, fera tout de fuite une grande différence. D’un

(1) Note du D. J'ai traduit cet article fans

entendre l’auteur , car sûrement il faut trois jours à deux bœufs pour labourer un acre, le tcucheur ne gagneroit donc que deux fols par jour.

O'cTo BRtE!, 237

autre côté , les chevaux dépériffent toujours en travaillant , & on perd tout lorfqu'ils meurent, au lieu que les bœufs ne travaillant que jufqu’à quatre ou cinq ans, on gagne deflus lorfqw’on les vend; tandis que fur les chevaux, fi on tient un état exa@ des accidens auxquels ils font fujets, on trouvera l’un dans l’autre une perte de 20 pour 100 par an. S'ils fe caflent une jambe, il faut-les jeter à la voirie; au lieu que fi un pareil accident arrive à un bœuf, on le vend au boucher , & l’on perd rarement deflus.

Ces derniers animaux demandent bien moins de fom, de dépenfe pour la nourriture, le panfage, &c, Dans la province de Suffolk , un homme ne foi-

e pas plus de quatre chevaux, & outre cela, , les charretiers font revenus de la charrue, on ne peut les employer à aucun autre ouvrage ; tandis que mes bœufs ne demandent d’autre foin que de les curer ; & de garnir leur ratelier de fourrage , un garçon fera chargé aifément de dix à douze bœufs; c’eft une grande différence , au lieu d’un charretier pour quatre chevaux ; les gages de. ces derniers font bien chers. Je crois donc pouvoir aflurer, d’après cette expérience faite dans notre province, qu’il y a un profit réel à admettre la cul-

ture des bœufs (1).

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(1) Je ne trouve pas cet article plus clair, car outre

Des Vaches.

Les vaches à lait doivent dans ce mois-ci rentrer à la cour de la ferme; celles qui en ont le moins doivent être mifes à part , & on ne doit pas épargner la paille & les choux, étant bien prouvé que de ce mêlange , il ne peut réfulter aucun goût pour le laitage. Les genifles d’éleve doivent aufh être rentrées à la fin de ce mois, & nourries avec foin à l’étable. Elles ne feroient que s’amaigrir en reftant plus tard dans les pâtures , qu’elles abimeroïent en outre avec leurs pieds.

De ? engrais des Befhaux.

Voici le bon tems pour rentrer les bœufs qui auront été l'été en pâture , pour les mettre à l’engrais avec des turneps, des choux ou des carottes. Les premiers font bons avec du foin, mais les deux autres plantes les engraiflent plus prompte-

ce petit garçon pour foigner les douze bœufs, il faut un chartier par chaque paire pour labourer; maïs j'ai voulu fuivre mon exaitude ordinaire , en traduifant littéralement.

nent feuls. On place ces animaux dans des étables fermées, fi l’on veut; mais cela demande beaucoup plus de foin, & eft beaucoup plus coûteux, que de les mettre dans une cour jonchée de plaille, fur laquelle font dreflées des crêches ; car les bœufs dépériront promptement à l’étable, s'ils ne font pas tenus très-proprement , ce qui confomme bien plus de paille.

À la fin d'Oftobre on peut aufhi acheter à bon compte du bétail blanc , après le déparq, pour engrafler & les vendre au boucher en Avril, on doit en proportionner le nombre à la récolte que lon aura faite de turneps ou de choux.

Quant à la quantité qu'il en faut pour engraiffer les bœufs, on peut la calculer de la manière fuivante,

emière Experience.

Prem p

Le 17 Oftobre 1776, on a mis à l’engrais deux bœufs qui pefoient en fortant de l’herbage cinq cens chacun , on leur mit du foin conftamment dans le ratelier, & on leur donna des navets dans la proportion qui fuit: ayant vérifié ce que péfoit le panier dans lequel on leur en donnoit , il s’eft trouvé pefer cinquante-huit livres,

La première femaine ils en mangérent en tout, . 52 paniers, pefant. 3016 div:

La deuxième, 5 64 RENTREE

La troième , . . 68 /. RNA

La quatrième, 2/72, ORPI CORRE

La cinquième, #., 77/40 1/7 T0 ES

La fixième 21780) sh LOS ONE

La feptiéme "it 5770) NES ; La huitième PR 2 Te 24260 | - + -4756 La dième j4,2: 12701, 54 20 SUR La onzièmelbs : N 781 2: VW NORARRE | KE di SP

La neuvième, . . 82

La douzième, . . 78

La treizième, . . 57 Et 32 boiffeaux de paille tchsb

La quatorzième,. 7$ . + 4350 Et 28 boifleaux de paille actée

La quinzième, MAR. Cr . 4756 Et 28 oil de paille Häthée:

1BO7NNNN ss + LOIRE

Sn,

Ce qui fait vingt-huit tonnes & huit quartes entre les deux , ou quatorze tonnes quatre quartes chacun,

OCT 0 5 RE 237) Obfervarions.

On a remarqué que les fix premières femaines ils mangeoient toujours de plus en plus, & engraifloient peu fenfiblement , mais enfuite leur appétit & leur graifle augmenta proportionnellement jufqu’aux dernières femaines , qu’on leur ajouta la paille hachée , pour achever de les mettre en état de vente.

Quant au foin, quoiqu'on ne l'ait pas péfé régulièrement , cela a pu aller à vingt livres par jour chacun, & on ne le diminua pas même en donnant la paille.

Ceci prouve la manière dont il faut s’y prendre pour bien engraïfler les beftiaux, & l’avantage qu'il y a de les charger quelquefois de nourriture. D’après ma récolte des turneps de cette année, je juge qu’ils en confomment un acre chacun ; les bœufs mangent le quart de leur propre poids de ces racines en un jour,

Deuxième Expérience,

Le 24 Décembre 1766, on a mis de même une vache maigre , de quatre cens péfant, & on l’a gardée de même dix femaines à l’engrais, ayant du foin à difcrétion ; & elle a mangé cinq tonnes dix-huit

238 OcrorBxrE);:

quartes de turneps , en commençant par vingt-deux boifleaux la première | & croiflant jufqu’à vingthuit la dernière.

Elle a confommé pendant ce tems le tiers d’un acre de turneps, & mangé par jour l'équivalent du tiers de fon poids fans le foin.

Je pourrois citer plufeurs autres expériences qui ont donné à-peu-près les mêmes réfultats.

Des Cochons.

Voici de même le tems de retirer les porcs du trefle pour les mettre à l’engrais; c’eft une fpéculation très-importante pour un fermier. Ce n’eft pas le gain qu'il fera fur ces animaux , qu'il doit compter ; car quand ïl ne retireroit de fon grain que le prix qu'il le vendroit au marché, il y gagneroit d’abord les frais de voyage , & le tems de fes chevaux, & enfuite le fumier qu'il en retirera , qui eft de la meilleure qualité que l’on puiffe avoir dans une ferme, Ainfi, non-feulement je confeillerai à tout cultivateur d'élever de ces animaux, hais encore d’en acheter de maigres pour engraiffer ; il fera ainfi confommer fon orge, fon feigle, les feves , le bled de Turquie , &c. S'il eft dans un fol où les pommes de terre ou les carottes puiflent réuflir, il tirera pour lengrais des porcs

OCTOBRÉ 239

plus de profit d’un acre de ces racines , que s’il étoit enfemencé en orge ou autre grain,

De La Cour à Cochons,

Je vais décrire une cour que j'ai fait confiruire en 176$ pour engraifler des porcs, & rapporter la dépenfe que j'ai fait pour cela, afin de montrer le profit que Pon peut retirer d’une pareille fpéculation.

D'un côté de la cour étoit un bâtiment couvert en tuile, avec un fourneau pour cuire les légumes , & un grenier deflus pour ferrer le gran & les facs,

@ a coûté fans le bois, : 450 lv.

ñe chaudière immenfe pour cuire le | DIAMER Te ‘14 lee Te RS NC

D'un côté étoit un puits avec une pom- RUE Ont: + « . «SN VNIAO D'un autré côté de la cour, un hangar fous lequel étoit un grand baflin en brique , fait à chaux & ciment,

pour verfer le manger de la chau- MANN ee 044 0 s NO

240 OCTOBRE; De Pautre part, . . : 1440:

La cour pouvoit tenir cent cochons; Le long d'un autre mur étoit un appentis pour coucher les porcs, . . 6o La cour étoit pavée , ce quia coûté, . 250 Les auges pour manger, . ,. . : 72 Enfin, le bois pour tous les bâtimens, les paliffades du côté où il n’y avoit pas dE au Nul cet: + ce PS TRES EEE TA (x) Total de la dépenfe, : : 2400 ef

J'ai auf engraiflé cette année-là quatrevingthuit porcs feulement.

Jai confommé pour 170 livres de paill tout, & j'ai eu 90 charges de fumier, qui on efimées par des fermiers 6 Liv, . . . 540 lv. Otant le pox.de lame, .: OReRES

Refte du profit fur le fumier, : «+ . 370

Et j'aurois pu en avoir pour 800 liv. s'ils euffent

(1) Jai voulu rapporter tous ces articles en détail, pour montrer combien la main - d'œuvre eft plus chère en Angleterre qu’en France.

eu

GÉTOBRE 241 eu aflez de paille. Un feul homme a été chargé de ce foin, dont la dépenfe eft le ful que je porte fur le bénéfice des porcs: on voit , déduifant cinq pou cent de ma première inife , le profit que jai retiré.

J'ai voulu entrer dans ce détail pour montrer aux fermiers combien il eft avantageux pour eux de confacrer à cet ufage toute la récolte de leur grain qui y eft propre , ils en tireront le même parti, & auront bientôt leurs terres engraïflées au fuprême degré,

® Des Moutrons:

Voici le tems de commencer à faire manger à ces animaux, des turneps ou des choux , foit dans le champ, fi le terrein n’eft pas trop humide, ou fur une pâture feche à portée ; on les tiendra à cette nourriture jufqw’en Avril & Mai, c’eftà-dire , aux choux, car les turneps ne fe confer:

vent pas jufqu’à cette époque (1 ).

(x) Je fuis furpris de cette affertion de l’auteur, gelant très-peu en Angleterre ; car j'ai, dans ce moment-ci, 20 Mats 17838 , des turneps en terre qui y ont pallé lhs- Ver fans être nullement altérés,

Du Fumage des Pres.

Ce mois, ainfi que le précédent , doit être employé à fumer les prés, mais on ne doit pas attendre plus tard, fans quoi les voitures les abimeroient. Il y a des provinces où l’ufage eft de mener tous les fumiers de la cour fur les prés ou autres herbages , mais c’eft un fort mauvais régime d’agriculture. C’eft aufll comme d’obliger les fermiers de mener une certaine quantité de muids de chaux par an, fur les terres labourables , au lieu d'autres fumiers ; c’eft aufli mal entendu, que fi on vouloit faire tirer les chevaux par la queue (1); car, fuivant tous les chymiftes, la chaux fertilife dans le premier inftant les terres | mais finit par les brûler & les détériorer. C’eft donc un grand abus de quelques propriétaires d'exiger de leurs fermiers de fumer tous leurs herbages &t leurs terres labourables : cette claufe ne peut être inférée ou diétée que par des ignorans en agriculture. Lorfque lon a choifi un fermier inftruit & intelligent , on doit le laïfler maître de fes moyens d’engrais & de fes

(x) Expreffion de l’auteur, que l’on n’a pas voulu changer ainfi que quelques autres tenant à. la langue.

O0 € + O AR 344 principes de culture ; par exemple, interdire aux fermiers deux bleds de fuite: dans une terre, l’obliger à biner à la charrue , les turneps ; les pois & les feves, font des précautions fages.

L'ordre fuivant de cette culture parera à tous les inéonvéniens , tiendra toujours les terres en bon ordre , & conviendra également aux terres fortes 8 aux terres léoeres.

La première année , des turnens ;

P - ps 3

La feconde, de l'orge; .

La troifième, du trefle;

La quatrième , du bled.

Ou pour kes terres fortes :

La première année, des choux ; La feconde, de l’avoine ;

La troifième, du trefle ;

La quatrième , du bled.

Ce que je dis n’eft pas pour exclure l’ufage de fumer les terres en herbes ; c’eft même très-avantageux, l'année avant de les retourner , mais il ne faut pas deftinér à cela tous les fumiers de la cour; les cendres , les compots, la craïe, la marne, les gazons brülés font d’excellens engrais pour les herbages | &' les fumiers ordinaires de cour pour les choux , turneps , &c. s

2A4 ÔO c T'O/B RE,

De la récolte des Carottes.

On doit dans ce mois-ci arracher les carottes, quoique plufieurs perfonnes attendent le mois de Novembre ; mais il eft plus prudent de ne pas retarder par la crainte de la pluie ou de la gelée. Cette opération fe fait aflez vite , avec des crochets À trois dents où àvla bêche : ; ce dernier moyen eft plus long, mais les brife moins. On les fouleve en-deflous avec cet inftrûment, on les tire par la tête, & on fecoue les racines pour ne pas emporter de terre; cela fe fera facilement fi la terre a été tenue en bon ordre ; s’il fait beau, on les laiffle quelques jours fur le champ, pour que la terre qui eft autour fe defféche ; on les ramale par tas, & on les charrie à a la maïfon; en arrivant, on leur coupe la tête que l’on donne aux RE & on feme les racines dans une grange ou fous un hangar ; d’autres en font des efpeces de meules couvertes de fable ou de paille de feigle ; elle fercnt également bien , fi elles font bien entaflées, couvertes & à l'abri de la gelée,

En calculant l'emploi de la récolte de ces racines , il faut en réferver pour les chevaux, quoiqu'il y ait quelques perfonnes qui prétendent que cela leur donne feulement bon poil, c’eft toujours

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