Une délégation d'étudiants est allée pré
senter à M. Loubet ses félicitations à propos du sangfroid q^i'il, a^ montré Jor». ^^.VaUaque de .spo ..l34ut
«•NTéfe chers amis, a-t-il répondu, votre démarche m'est la plus précieuse de toutes les dém'arches affectueuses qui sont faites auprès de moi en -ce moment...
. .«Ce qui me navre c'est l'effet produit à l'étranger. Les "Souverains, les grandes*. notabilités m'envoleal des lettres pour >ma. féliciter d'avKttr échappé à r^tientat. Un attentat] mais ce ne- fut ^ qu'une simple mascarade. » «' . ., ,
'Je comprends que M. Loubet ait été très sensible à cett^^ démarche dles étudiaots, car tout d'abord ils ije lui oyaient pas été très fayçrables.
10. — On affiche, sur tous les murs, un arrêt de la Cour da cassation qui, chambres j réunies, a, Iç. 3 juin dernier, admis l'instance en révision, du, procès de Dreyfus, j^t renvoyé cp derniec devant u)i .nouveau Conseil de. guerre. ,
11. — Le Grand prix a été couru à Longchamps ; un cheval français l'a gagné ; mais le put>lic n'y a pas fait . grande attention. ^Les préoccupaAions étaient ailleurs. On ne pensait qu'à M. Loubet; on craignait qu'il ne lui arrivât encore quelqu'ennui. Il était protégé, du reste, par beaucoup de gardes municipauxiet de dragons ; heureusement tout s'est bien passé. De uombreux ^anarchistes s'étaient rendus au ^ois où ils effrayèrent et firent enfuir,. quelques rares,. et belles ycvitures qui y étaient venues. Ils assaillirent même des bourgeois ; ceux-ci se réfugièrent au pa-villç^n d'Armenonville et tinrent bon, quoiqu'ils fussent
lapidés de grosses pierres. Au bout de trois quarts d'keure seuleflaeai les dragons purent les délivrer.
14. — Mardi, la sixième chambre a condamné, à quatre ans' de prison, ce-'Cbristiani qui a frappé le obapéau du président de la République, il s'est défendu d'une piètre façon : « J'étais sui^excitè,- dit-il, par le milieu ambiant. » Il aurait dû ajouter (ce qui est vrai): '«t J'avais bien déjeuné et j'avais quelques coupes de Champagne de trop dans la tète; » <0n trouve très généralement la peine exagérée ; « cette exagération,- dit-on^ donne de l'importance à un fait qui n'en a pas par lui-même. Le chapeau du Président n'eût pas même besoin d'un coup de fer. » Du peste M* Loubet pourra se montrer miséricordieux quand l'impoli lui aura fait quelques .chaussons de lisière.
16. — Encore une affiche ! Mais celle-là d'un tout aulire genre que l'affiche Dreyfus. Les 'appariteurs die la Faculté des lettrés ont affiché, sur les murs de la Sorbonne, une condamnation prononcée contre un éludiant, qui avait passé l'examen de baccalauréat pour un autre que lui ; ce qui constitue le crime de faux. Cet étudiant a été exclu pour toujours de toutes les Facultés ; ^bien heureux encore s'il' s'en tiré dvec èettè simple peine. Il peut passer, en effet, 'comme faussaire, devant la Cour d'assiseji. • •
24. — Aujourd'hui, cinquième anniversaire de la mort de M. Carnot ; le président delà République est allé au Panthéon -méditer pendant quelque temps sur le tombeau de l'infortuné Président. Il y a déposé une couronne.
A quoi a-t-il bien pu songer pendant ses cinq
minutes de méditation ? A cela, peut-être, qu'il vou- ^ drait bien s'en aller, car on lui rend la vie dure, et retourner à son joli appartement de la rue de Seine, si gai avec ses balcons dorés. Alors, M. Loubet n'avait pas besoin d'escorte pour se promener rue de Seine et autres lieux circon voisins.
25. — Conformément aux désirs de M™® Paure, la ville de Paris vient de mettre à sa disposition, pour la sépulture de son mari, un superbe terrain. Il est situé tout en haut de l'allée centrale du Père-Lachaise, côté droit, près de la sépulture de Thomas Couture, le peintre. Le Président sera représenté couché sur une grande dalle funéraire. Le sculpteur choisi est M. de Saint-Marceaux.
26. — Le ministère Dupuy étant tombé, M. Waldeck- Rousseau avait constitué un ministère avec le marquis de Galliffet comme ministre de la guerre. Quand celui-ci est entré en séance, trente socialistes lui ont crié : « Assassin I » Ils lui reprochent d'avoir eu la main fort rude pendant la répression de la Commune.
5 Juillet i 899. — Dreyfus est revenu en France; il va comparaître devant un nouveau Conseil de guerre qui siège à Rennes.
14. — Voilà la fête du 14 juillet devenue fête de l'église. Gomme elle tombait le vendredi, le Cardinal a levé, à Paris, l'obligation du maigre.
Vive la prise de la Bastille I
Le souverain pontife, par une décision, en date du 5 décembre 1894, autorisa tous les évêques à dispenser de l'abstinence quand, dans un certain endroit,
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se produit un grand concours de peuple ; or la fête du 14 juillet produit ce grand concours.
15. — La revue d'hier a été fort belle ; le Président n'a nullement été houspillé comme il le fut jusqu'à présent. On criait même : « Vive Louhet ! » En France la patience vient à bout de tout. Le piqueur Monjarret fut aussi fort acclamé. A la tête de ses 150 Sénégalais, Marchand défila triomphalement.
28. — Hier, le 3 **/o est tombé au-dessous du pair. • La rente ayant, depuis bien longtemps, dépassé le pair, et tombant au-dessous, une grande inquiétude s'empare de la petite bourgeoisie.
Z®'^ Août i 899, — Au deuxième étage du portail de Notre-Dame, adossées, la première à la tour du Nord, la deuxième à la tour du Midi, surgissent, de dessus leurs socles, les statues gigantesques de nos grandsrparents : Adam et Eve. Elles coûtent cher à la bourse de leurs descendants, car elles se détériorent très facilement, exposées qu'elles sont aux pluies du couchant. Adam se maintient toujours moins bien que notre première mère. Le grand imagier moderne, Ghenillon, l'avait complètement réparé en 1855, comme nous l'apprend M. deGuilhermydans son /agraire archéologique de Paris. Récemment il a fallu encore le refaire entièrement. La tour du Nord, où il est adossé, est plus humide que la tour du Midi, dpnt un côté est toujours échauffé par les rayons du soleil.
15. — Après l'arrêt ordonnant la revision du procès, Dreyfus fut renvoyé devant un Conseil de guerre siégeant à Rennes. Il a pour défenseurs Démange, qui
a déjà plaidé pour lui, et Labori qui a plaidé dans le procès Zola, r»-»-^ , .. . t ,. • ,5 ..1.
20. — Quelle horrible journée î Les anarchistes de Belleville et de Ménilmontant, excités par les provocations de Sébastien Faure, directeur du journal le Peuple^ se sont répandus dan&.les rues .de Paris en oriapt : « Vive la Commune! » et en coranvettaat pai> tout des actes de sauvagerie. La police, accQUFue de tous côtés, eut raison de la rébellion, mais à quel prix I Deux commissaires de police ont été esquintés, et soixante et onze agents, mis dans le plus triste état.
A Saint-Joseph, les portes, fortement fermées, furent brisées par la bande insurrectionnelle, et tout fut saccagé dans l'Eglise.
21. — Des agents de police sont postés autour de tourtes les églises. Sébastien Faure est arrêté;
il Septembre 1899. — Le Conseil de guerre de Rennes a recondamné Dreyfus ; ma domestique est obligée de faire dix minutes de- queue, pour avoir un journal.