‹ Calendriers d'un bourgeois du Quartier LatinChapitre 7 sur 46 · La Vilte de Paris a invité tous les maires de · texte numérisé non relu

La Vilte de Paris a invité tous les maires de

France à banqueter au Palais de Tlndustrie ; elle a même eu la gracieuseté de leur faire prendre l'apéritif dans les salons de l'Hôtel de Ville ; ainsi préparés, M. Chautemps les a conduits, triomphalement, q^u Palais de l'Industrie à travers la rue de Rivoli, la place de la Concorde et l'avenue des Champs-Elysées. C'était d'un haut comique de voir tous ces maires, la plupart dans des costumes impossibles, se suivre à la queue leu-leu.

Que de trompettes ! que de clairons ! Vraiment c'était trop abuser du bruit ; il est vrai que, dans la circonstance, nos braves maires n'en souffraient pas trop, grâce aux apéritifs municipaux, car :

Ventres a /famés n'ont pas d'oreilles.

Enfin les 12.000 maires s'engouffrèrent par ordre alphabétique de départements sous les vastes arceaux du Palais de l'Industrie. M. Garnot leur faisait risette.

Je vous laisse à penser la vie Que firent tous ces amis.

19. — A chaque instant les cris de : Vive Monsieur le Maire ! se font entendre. Ces gredins d'étudiants ne ratent pas leur coup quand ils voient sur le boulevard quelque bonne tête rougeaude et rasée.

Ah î Messieurs les maires ne vous aventurez pas trop sur la rive gauche ! tes étudiantes sont encore bien plus dangereuses que les étudiants.

20. — Il fait un vent terrible ; on dit qu'il y a des désastres à l'Exposition.

21. — Oui, il y a de notables dégâts à l'Exposition. Le vent faisait irruption dans les grandes galeries et

y apportait la perturbation. Une statue charmante est presque perdue. Parmi les œuvres des sculpteurs étrangers se trouvait le f^etit siffleur, (du Norvégien Hertsberg), cepetit bonhomme qui sifflait si drôlement, les mains dans les poches. Un cercle d'admirateurs l'entourait sans cesse. Un vent jaloux le jeta en bas (le son piédestal. Très heureusement la tête ne s'est pas brisée ; on récollera assez facilement les morceaux du corps, mais parviendra-t-on à rétablir complètement Tallure dégagée et narquoise du gamin ?

25. — Hier, la Haute-Cour a condamné à la déportation Boulanger, Ronhefort et le comte Dillon.

23 Septembre 1889, — Elections législatives générales. Le président de la République n'est pas venu à Paris pour voter. Les ministres ont mieux aimé qu'il continuât sa villégiature à Fontainebleau, car ils craignaient des troubles à Paris.

24. — Le général Boulanger a été élu dans le quartier de Glignancourt.

26. — Les voix du général Boulanger sont déclarées nulles par la commission de recensement, comme données à un inéligible.

27. — Les annales universitaires viennent d'enregistrer un succès inouï. Un jeune homme du nom de Borel s'est présenté aux écoles Saint-Gyr, Polytechnique, Normale ; il a eu le n« 1 dans ces trois écoles. Il a opté pour l'école Normale.

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