Fausse nouvelle pour se dilater la rate
M. Carnot n'a pas de chance, quand il va quelque part, soit pour se promener soiL pour inaugurer n'importe quoi, il pleut; il est donc obligé d'avoir toujours un parapluie comme Louis-Philippe, car il y a toujours quelques petits trajets que, même un Président, ne peut faire en voiture. Un jour le parapluie disparaît. Désolation. Tout le monde quitte le Président pour s'informer du parapluie. On voit tout à coup un grand englishman arpenter au loin l'espace avec un long tuyau dissimulé sous sa houppelande. On court après lui. Le long tuyau était bien le parapluie présidentiel, si souvent providentiel à cause de l'inclémence des cieux. On saisit le pick-pocket, on l'interpelle: « Votre nom, misérable? » Le pick-poket donne sa carte à l'interpellant qui, à sa grande stupéfaction, Ut l'un des noms les plus aristocratiques de l'Angleterre. « Moi avoir volé, dit l'interpellé, pour avoir un souvenir du Présidente ». M Carnot ravi l'a fait relâcher et lui laissa son parapluie.
i9 Octobre 1889. — Le gardien de la tour Eiffel vient de chasser aux alouettes sur le haut de son donjon ; il a même fait une chasse très fructueuse. Au commencement de l'hiver, les alouettes, comme d'habitude, se rassemblèrent en grand nombre pour parcourir le pays. Une des plus vieilles aperçut le phare de la tour, tout rutilant de clarté. «Qu'est-ce donc, dit-elle à ses compagnes, quoique bien âgée je n'ai jamais vu chose aussi admirable; allons voir ». L'imprudente alla voir, suivie de toutes ses sœurs qui, pour voir de plus près, allaient se cogner, tête baissée, contre les vitres de la lanterne. Elles tombèrent, les pauvrettes, toutes étourdies à l'entour de ce phare. Le gardien n'eut qu'à les ramasser.