‹ Caliban, suite de La tempête, drame philosphiqueChapitre 8 sur 74 · Q P]^4CE · texte numérisé non relu

Q P]^4CE

pieu sembleiit coulé^ d^s le mên^^ WP^le; que les rameaux si |iombrçi^ de l^ f^J^Q iii4p-européemie pi^li 4'B» )>ftut 4tt îûpfldp à Vautfp le même fftftçl ^ ^mf^t ç^, pft w sçais très-vériti^ble, 1% mêïftP gi:affiflfta|re? f af ^inp çp^le îiypothëse : je Y^t}^ 4iFe e^ ^inettiq:^t que ces deux systèmes 4^ )af^gues sont ^yés à leur complet développement avai^^ Véppqiie où la famille s'eç^ sein^ép. Çpi^^^fen peu de lati^u^e cett« coi^4il4on laisse à VélabQ|*atiQ^ 4h l^^^P ! ^7^ ^ ^^' dances à la séparation qui agitafp^it les peuples aniiiiens, le temps durant^ leque} la fi^mille conserva assez d'union pour qu'un ipên^e langage ù% pu s'imposer h tous les membres du^ être fort court. Or des siècles, que dis-je? des milliers d'années, seraient nécessaires pour expliquer les évolutions que M. Çunsen et M. Max Millier supposent à l'origii^ du lanpge- Si le passage

de Tun h Vautre des états embryonnaires s'est fait après la dispersion de chaque race, comment expliquer l'uniformité du résultat aHqHel l^s branches diverses de la famille seraient ^(r^' v^ chacune de leur côté ? Si le passage s'es^ effectué ayant la dispersion , le langage ^n quelques années a donc traversé plus de phf|âes que dans tout le reste de son existence? Qu'on se représente la grande délica^^esse de quelques-uns des procédés que toutes les anciennes langues indo-européennes ont emportés avec elles. Qu'on songe à l'importance qu'ont dans l'étymologic indo-européenne la place de l'accent, la différence d'une longue et d'une brève, certaines particularités dans la manière de traiter les noms et les verbes. N'est-ce pas la preuve que les Hindous, les Iraniens, les ancêtres des Grecs et des Latins, les Germains, les Celtes, les Slaves, se sont se-

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parés avec une grammaire déjà nettement carao térisée ? Ces peuples représentent pourtant des divisions primitives et qui durent se tracer dès les premiers moments de l'existence de la race. Plus

on réfléchit à ce fût capital, plus on est porté à

croire que le langage fut créé sans longs tâtonnements, dans une société très-homogène, disons mieux , dans une famille très-peu nombreuse. Si le langage fût apparu ou seulement se fût développé dans une société déjà mûre et par conséquent divisée, il serait beaucoup plus multiple qu'il ne Test, et ne se laisserait pas si facile* ment réduire en grandes familles.

M. Millier, dans un essai plein de vues ingénieuses et profondes \ fait observer avec raison que, si nous ne savions rien de l'existence du

t CQmparaiw9 Myihology, p. U et tair*

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latin, la comparaison des dialectes romans suffirait pour nous permettre d'afiSrmer que ces dialectes, à une certaine époque, ont dû être confondus en une langue d'où ils tirent leur origine. La comparaison des différentes langues indo-européennes nous conduit de même à une époque où le sanscrit n'était pas le sanscrit , où le grec n'était pas le grec, mais où toutes ces langues existaient non encore divisées. La plus belle conquête de la philologie comparée est de nous avoir permis de jeter un coup d'œil hardi sur cette période primitive, qu'on appelle arienne, où tout le germe de la civilisation du monde était concentré dans im étroit rayon. De même que les dialectes romans sont tous dérivés d'ime langue qui fut d'abord parlée par une petite peuplade des bords du Tibre ; de même les langues indo-européennes

supposent derrière elles une langue arrêtée et

parlée dons un canton fort réduit. Quel motif, par exemple, aurait pu porter tous les peuples indo« européens à tirer le nom du père de la racine pa et du Buf&xe tri ou tor, si ce mot dans sa forme complète n'avait fait partie du vocabulaire des Ariens primitifs ? Quel motif surtout les eût portés, apràs leur dispersion, à tirer le nom de la fille d'une idée aussi particulière que celle de traire (sanscrit dukitri^ Ouyetmp^ Tochter, etc.), si ce mot n'eût eu sa raison d'être dans les mœurs d'une

antique famille pastorale ? Autre preuve plus décisive encore. Le mot dhavOj qui en sanscrit signi*

fie mari, précédé de la préposition vi, qui signifie sans^ semble avoir formé vidhavdj veuve : ce mot

se retrouve en latin (vidua) *, ainsi que dans les langues germaniques et slaves, et pourtant aucune

* Une objection asssez grave contre cette explication se tire du masculin viduut , qui appartient à l'ancienne langue latine, et qui porterait à rattacher vidutu et vidua à la mém*

de ces langues ne possède le mot dhava avec la signification de mari ni la préposition vi dans le sens privatif. Cela suppose qu'un tel mot a été formé à Tépoque où les ancêtres des Latins, des Germains et des Slaves vivaient en commun avec les ancêtres de la race bralmianique. C'est là un point essentiel, sur lequel personne n'a jeté plus de lumière que le savant écrivain que je citais tout h l'heure. H résulte de ses pénétrantes inductions que le3 ligues essentielles de la grammaire indoeuropéeuue étaient fixées av^t que la famille arieuue t^ fdt brisée eu nationalités distinctes. A plus forte raison , faut-il en dire autant de la famille séniitique, qui est encore bien plus remarquable que la famille arienne par son unité.

racine que éhidûre. Cf. PoU, Stym, Forteh., I, )86} II, 870. L'épithète deviduus attribuée à VOrcut , parce qu'il s^are le corps de l'àme , se rapporte à cette dernière rtoii^e. Cf* Utrtapgi Dû Religion der Rœmer, II. 00.

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Mais comment de ce fait capital, qu'il a si bien démontré, M. Millier n'a-t-il point conclu que rétablissement de la grammaire arienne est un fait primitif, au delà duquel il n'y a point à remonter? Les langues , quelles que soient leurs conquêtes ultérieures, partent toujours d'un canton

très-réduit. La nature même des mots originairement ariens recueillis par M. Millier indique une

société complète sous le rapport moral, mais peu développée quanta la civilisation matérielle. Les expressions qui, dans cet antique idiome, désignent la royauté sont empruntées à la vie domestique; les mots qui plus tard ont signifié ville y paraissent avec le sens de maison; on n'y trouve pas de noms pour la chasse, la guerre, et, au contraire, on y trouve un vocabulaire très-développé pour une vie paisible, occupée au travail des champs et à l'élève des bestiaux. Les arts con-

nus sont les plus simples de tous, tek que le labourage, la mouture, le tissage et le travail élémentaire des métaux *. Nous sommes donc resserrés de toutes parts dans un espace fermé , où nulle place ne reste pour des évolutions séculaires.

Dira-ton que Tantique idiome parlé dans l'Arie n'était lui-même qu'un démembrement d'un ensemble linguistique plus étendu , de même que le latin, source des idiomes romans , n'est qu'un individu dans la grande famille indo-européenne? Mais alors on retrouverait en dehors de cette famille d'autres fragments de l'ensemble détruit. Si le latin avait disparu pour la science , nous n'apercevrions pas , il est vrai , l'origine directe des langues romanes ; maïs nous n'en verrions pas moins leur affinité avec les autres langues de l'Europe : nous reconnaîtrions leurs sœurs, sans

> O-jTr. cité, p. 34 et loiT.

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connaître leur mère. M. Millier remarque que la cor jugaison du verbe être diflfire plus de Titalien au français que du lithuanien à Tidiome des Védas. Donc, si rarienprimitifn^avait été qu'une branche d^ttû ensemble plus étendu, on retrouverait la trace de l'affinité des langues indo-européennes avec d^ autres groupes de langues. Or, MM. Bunsen et Miiller n'ont pas, selon nous, iêûm à pfotiirer qu^une telle affinité existe, et sand votdoîr pt^juger de l'avenir de la philologie, il est permis de dire que l*on n'entrevoit pas à Thorizon l'ombre même d'une démonstration sur ce point capital.

Je joindrai aux écrits précédents un article que M. Henri Ritter, le savant historien de la philosophie, voulut bien consacrer à la première édition de mon essai dans les Gelehrte Anzeif/en

de Gœttingue *. En approuvant mes conclusions générales, M. Rîtter m'adressa quelques critiques qui, venant d'un homme aussi éminent, ont été naturellement l'objet de ma plus sérieuse attention. M. Ritter croit que, par réaction contre l'école qui regardait le langage comme une invention artificielle, je l'ai supposé trop essentiel à la nature de l'homme et trop intimement lié à la pensée. H admet qu'une pensée assez développée ait pu exister sans la parole, et que le langage soit apparu longtemps après le réveil de la conscience; enfin, dans le phénomène primitif qui le fit naître, une part doit, selon lui, être faite à la réflexion. J'ai dit ci-dessus avec quelles réserves mon opinion sur l'apparition spontanée du langage devait être entendue. Mais il m'est

ft 18 «oui 1649.

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impossible d'aller jusqu'au point où va M. Ritter. La distinction qu'il établit entre le langage en général et le langage articulé n'est pas de grande conséquence, puisque le langage articulé convient seul à l'expression d'idées quelque peu déliées. M. Ritter n'attribue au langage qu'un seul rôle, celui de communiquer la pensée ; il méconnaît une autre fonction non moins importante de la parole, qui est de servir de formule et de limite à la pensée. Le sourd-muet n'arrive à des jugements précis que quand il peut les renfermer dans des signes créés sur le modèle de notre langage. En supposant qu'avant l'abbé de l'Epée, quelques sourds-muets soient arrivés à un certain développement intellectuel, il faut tenir compte du commerce qu'ils avaient pu avoir par les yeux avec des êtres parlants : la conscience, en effet, est contagieuse et se transmet par les voies les plus

indirectes. M. Ritter regrette qu'au lieu de comparer le langage à la pensée, je ne Taie pas comparé de préférence aux lois politiques et sociales, qui font partie de la nature humaine, et qui pourtant n'ont pas été contemporaines de sa première apparition. Je ne puis accepter précisément cette pensée : si M. Ritter entend parler d'institutions poUtiques réfléchies, d'une morale perfectionnée, ce n'est point à de pareilles choses qu'on peut comparer le langage. S'il entend parler du principe de la morale, de la famille et de la vie civile, ce principe est aussi primitif dans l'homme que la raison et le langage. En remontant dans l'antiquité des peuples ariens, on trouve certains usages religieux, certaines lois de la vie domestique, inséparables du langage de ces peuples et liés à leurs premières intuitions. M. Ritter me reproche de traiter le développe-

ment du langage d'une manière trop indépendante de l'histoire, et en l'envisageant comme le développement d'un être vivant ^ soustrait aux accidents du dehors. Ce reproche serait fondé si les vues proposées dans cet essai étaient formulées comme des théorèmes d'une vérité absolue. n est certain que les événements de l'histoire exercent une influées décisive «ir la marche des laides ; que Tangk^, par exemple, tel qu'il se parie de nos jottra^ est fort différent de ce que fût devenu l'anglo-saxon sans la conquête normande. Mais de ce que les langues sont souvent détournées de leur cours naturel par les faits extérieurs, on n'est pas en droit de condure qu'aucune loi intime ne préside à leur développement. Les lois de k végétation sont-dles moins réelles, parce qu'il n'existe pas une seule plante dans le monde oii Tarrangement des branches et des feuilles soit

ce qn'îl devrait être, si des causes partîctdîères de suppression et d'avortement ne troublaient leur tendance vers la symétrie ? Le devenir du monde est un vaste réseau où mille causes se croisent et se contrarient, et où la résultante ne parait jamais en parfait accord avec leslois générales d'où Ton serait tenté de la déduire* La scienooi pour formuler les lois, est obligée d'abstrairoi de oréer des circonstances simples, telles que la nature n'm présente jamais» Les grandes lignes du monde ne oont qu'Un à peu près. Prenons le système solaire lui-même ; certes, voilà un ^isemUe soumis à des lois d'une parfaite régularité, et dont la formation a dû être amenée par des causes très-simples . Et pourtant Vanneau de Saturne, et les petites planètes, et les aérolithes montrent la place que tient le fkit individuel dans la géométrie en epparœce inflexible des corps oâestes.

Les phénomènes se produisent dans le monde parce qu'ils ont leur raison suffisante de se produire ; mais cette raison suffisante n'est jamais unique. H n'y a pas deux faits qui se passent de la même manière, ni deux êtres qui rentrent dans la même catégorie : il n'y a que des cas individuels amenés par le coup de dé qui se joue à chaque instant. Chaque fait et chaque être est l'aboutissant de ce qui a précédé, et ce n'est que par une extension de sens qu'on donne le même nom aux êtres et aux faits qui ont entre eux plus ou moins d'analogie.

Ces explications m'ont semblé nécessaires pour prévenir les malentendus auxquels auraient pu donner lieu les formules générales dont j'ai dû îue servir. Dès qu'on aspire à sortir des considérations purement dialectiques, la vérité ne s'ob-

tient qu'en apportant à la pensée de continuelles limites, et en procédant à Télimination de l'erreur par de scrupuleuses approximations.

DE

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