‹ Calorimétrie & ThermométrieChapitre 15 sur 30 · PE LE · texte numérisé non relu

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directement le centième de degré, et une division en demi-millimètres, aisément lisible, le demi-centième ; l'emploi de la loupe permettait d'apprécier le dixième de millimètre et partant le millième de degré.

Walferdin à pu augmenter encore davantage la sensibilité du thermomètre, on choisissant de ces tubes à calibre si fin qu’il est impossible d'y introduire du mercure. Il en fait, quoique à grand peine, des thermomètres métastiques à alcool; il y introduit un très petit globule de mercure, qui, chose singulière, peut très aisément s'engager et courir dans la tige, maintenant qu'elle est pleine d'alcool. Quand on chauffe, il monte dans la chambre; quand on refroidit, il descend dans le réservoir, mais il est toujours possible de le faire revenir dans la tige et de l’y maintenir à une température { quelconque. Si ensuite cette température varie, l'index se déplace avec tant de rapidité que l'appareil peut accuser un millième de degré.

Thermométrie médicaie. — La thermométrie médicale ne constitue pas un procédé de recherches ayant ses instruments et ses méthodes propres; elle présente seulement quelques difficultés spéciales d'observation, soit par suite des faibles variations de température qu’il s’agit de mesurer, soit par suite des circonstances même au milieu desquelles la mesure de la température doit être faite.

C’est peut-être là une des principales causes, implicites d’ailleurs, qui, pendant de longues années, ont fait rejeter par les cliniciens, l'emploi des thermomètres, comme ils rejetaient, ou tout au moins négligeaient l’emploi de toute méthode d'observation précise et vraiment scientifique.

Peut-on comprendre autrement que presque tous les écrivains médicaux de la première moitié de ce siècle,

pour ne parler que de ceux-là, se soient élevés contre l'introduction du thermomètre en clinique? Si l’on veut apprécier la températnre du corps, « le fact, dit Double, est de tous les moyens le plus sûr », et cet auteur écrit tout un chapitre, contre l'emploi du thermomètre (4). « Pour l'appréciation de la chaleur morbide, le meilleur le seul instrument même que le médecin puisse employer, affirme Chamel, est la main, et le ‘hermomètre ne donne qu’une idée imparfaite de l'élévation de la température » (2).

Le temps a eu raison de ces résistances non justifiées, et le thermomètre est aujourd’hui entre les mains de tous les praticiens.

S'il y avait quelques réserves à faire à propos de l’emploi du thermomètre, ce serait en ce qui touche aux conséquences à tirer des indications de l’instrument. La température en effet n’est que la manifestation extérieure et assez facilement mesurable, sur le vivant, des actions calorifiques dont les tissus vivants sont le siège, et l’on conclut à l'énergie de celles-ci par la grandeur de celle-là. I1 en serait rigoureusement ainsi au cas où le corps d'un seul et même sujet resterait identique à lui-même, quant à la capacité calorifique, pendant tout le temps des observations et où des sujets différents possèderaient des chaleurs spécifiques égales. Les résultats obtenus seraient alors rigoureusement comparables.

Cette condition est presque toujours réalisée dans les expériences que l’on fait sur des animaux, dans les laboratoires. Mais on ne peut affirmer qu'il en soit encore ainsi chez les malades. Souvent, en effet, il survient entre le début et la terminaison de la maladie, des dif-

(1) Double. Séméiologie, t. Il, 1841.

(2) Ghomel. Eléments de pathologie générale, p. 307, 1856,

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érences notables dans la proportion relative ou la constitution de tels ou tels tissus de l'organisme; or, ces divers tissus ont des chaleurs spécifiques assez notablement différentes, comme nous le verrons plus loin, et nous ne croyons pas qu'on ait encore cherché quelle influence peuvent avoir sur la manifestation extérieure de la température ces variations possibles d’emmagasinement du calorique par la chaleur spécifique des tissus (1).

Mais nous n'avons pas, dans notre travail, à discuter les résultats et les conséquences de la thermométrie clinique; il nous suffit d’avoir signalé une cause d’erreur dont nous ne pouvons guère d’ailleurs prévoir l’importance et qui est, peut-être, négligeable.

Aussi n’ajouterons-nous rien à ce qui précède et passerons-nous à la description rapide des instruments spécialements imaginés en vue des recherches pathologiques et physiologiques.

On donne aux thermomètres médicaux diverses formes suivant les usages auxquels on les destine. Les modifications affectent principalement le réservoir. Leur but est d'assurer une application plus exacte. C’est ainsi qu’on a construit des thermomètres wférins, en forme de sonde, des thermomètres oculaires, à réservoir aplati, en lame recourbée, pouvant s'appliquer sur le globe de l’œil ou s'adapter au cul-de-sac conjonctival, des thermomètres pour la température superficielle, à réservoir aplati en disque, ou roulé en spirale, auxquels la tige est perpendiculaire. Malgré là diversité des formes proposées, aucune, dit M. Redard (2), ne remplit les conditions d’un instrument de précision. La détermination de la température locale avec des thermomètres est, du reste, entourée de grandes difficultés.

(1) À. Imbert. Notes du cours.

(2) Traité de thermométrie médicale,

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Pour latempérature des organes profonds, on emploie, chez les animaux, des thermomètres dont le réservoir, terminé en pointe métallique, permet une introduction facile dans les tissus. Pour les vaisseaux, Heidenhaïin et C1. Bernard ont employé des thermomètres assez fins pour pouvoir pénétrer dans ces organes sans empêcher la circulation (1). Pour l'intestin, Kronecker et Mayer ont employé de petits thermomètres h maxima, enfermés dans une mince capsule métallique et qu'ils faisaient avaler aux animaux. Des thermomètres identiques peuvent aussi être introduits dans les vaisseanx, circuler dans les gros troncs artériels et veineux, et donner ainsi la température du sang qu’ils contiennent.

Thermomètres à alcool, à sulfure de carbone, etc. — Le mercure doit le choix qui à été fait de lui, comme substance thermométrique usuelle, à des raisons multiples dont les principales sont l'intervalle de sa liquidité, la facilité avec laquelle on l’obtient pur et, par conséquent, toujours identique à lui-même et la grandeur de sa conductibilité calorifique. Mais il n’est pas le seul liquide usité. Pour les températures inférieures à 35°, l'emploi de liquides plus difficilement congelables est d’ailleurs nécessaire. On se sert alors habituellement de l'alcool ou du sulfure de carbone; mais on pourrait avantageusement, suivant I. Pierre, recourir à l’oxyde, au chlorure où au bromure d’éthyle.

La dilatation de ces liquides en fonction de la température mesurée par le thermomètre à air est exprimable, comme pour le mercure, par une formule parabolique ; l'application de leur dilatation apparente à la mesure des températures, est soumise à des observations ana-

(1) Mantegazza prend la température de l'urine recueillie dans un vase chauffé à 360, et Artmann reçoit simplement le jet d'urine au sortir de la vessie sur un thermomètre petite boule.

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- lôgues à celles que nous avons faites à propos du mercure; les indications obtenues ne sont pas comparables.

Les thermomètres à alcool, à sulfure de carbone, etc., sout gradués par comparaison avec un étalon, le point 100 ne pouvant pas être déterminé directement. Géné- ‘alement on partage en { divisions, l'intervalle entre le zéro observé directement et un repère { obtenu à l’aide d’un étalon et on prolonge la graduation. Mais l'échelle ainsi obtenue ne donne pas des températures exactes, en dehors des points 0° et #. Recknagel, comparant un thermomètre à alcool absolu et un thermomètre à air, d'accord à 0° et à 15°, a constaté des écarts croissants avec l’abaisement de la température. Le thermomètre à alcool était constammeut en retard sur le thermomètre à air. Le retard atteignait 10°,5 à 80°. Il eut été plus considérable avec de l'alcool aqueux. Il est vrai qu’une compensation partielle peut résulter de l’adhésion de l'alcool pour le verre, car, pendant la dépression, la colonne liquide reste soulevée d’une quantité proportionnelle, suivant Recknagel, au nombre de degrés parcourus et susceptible de s'élever au-dessus de 4°.

Thermomètres à mazxima et à minima. -— On a beaucoup varié leurs formes. Nous croyons devoir nous borner à l'indication du principe des plus importantes d’entre elles.

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