‹ Calvin;Chapitre 20 sur 50 · Editi · texte numérisé non relu

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vers aboutira à celle seule fin, la glorification de Dieu.

La logique à outrance a ses pièges cachés; à force de pousser une idée, on arrive ù lui faire dire le cod traire de ce qu'elle contenait à l'origine. Calvin avall liieu observé que tous les hommes ne vivent pas selon 1 l'-vangilc. Les uns l'ignorent; les autres, tout en la connaissant, le méprisent ; (i 'autres encore y adhérent, par habitude ou par calcul, puis s'en détachent. 1 u moraliste ordinaire en aurait conclu que l'humanité est faible, que souvent nous voulons

le bien quand nous

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la vertu

parfaite n'existe pas-

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avec le

législateur. L'homme a péché, il s'est révolté contre son créateur : il faut donc qu'il soit retranché du livre de vie. El comme rien ne se l'ait dans le monde sans la volonté de Dieu, c'est Dieu qui a voulu à la fois le crime et le châtiment ; et la lin de l'œuvre de rédemption, oeuvre de bonté et de miséricorde, est d'en exclure la majeure partie du genre humain.

La prédestination , do quelques raisonnements qu'on l'appuie, heurte la conscience humaine. C'est un fait d'observation morale, transporté dans le

domaine métaphysique, o position la rigueur d'un s'explique encore par se car, comme on l'a déjà ^

qui a pris par celte Irafls-

dog -Mais le dogme

origines traditionnelles;

i, Calvin n 'invente rien;

reprend

développé, fil surtout

Le dogme (le la pndi'sliu.ilion, sinon dans sa l'orme définitive et absolue, du moins dans ses éléments primitifs et en quelque aorte rudimentaires, est un legs fait par le judaïsme au christianisme naissant. Israël est le peuple élu de Dieu. Dieu l'a distingué , ton) petit qu'il était, du milieu des nations puissantes ipii l'environnaient; il Ta arraché à l'idolâtrie et lui a donné une loi; il lui a envoyé ses prophètes , pour le maintenir dans te droit ■hemin, pour le soutenir aux jours d'épreuve, M au .n pour le châtier dans ses velléités de désobéis- ■ et de révolte, Knlin il a annoncé que dans n d'Israël naîtrait le Rédempteur, qui effacerait les péchés du monde et amènerait toutes les réatures à la connaissante et à l'adoration du vrai

; Sauveur est venu; Israël l'a méconnu, comme avait méconnu les prophètes ; il s'est obstiné à tous le formalisme de la loi, oubliant ipie la loi ne lui avait été donnée que pour le préparer à la (HrtCté ées enfants de Dieu. Alors Dieu a rejeté les Juifs, comme il avait rejeté autrefois les nations idolâtres, et la Parole a été portée au\ gentils. Dieu pas le maître? ii'cst-i! pas libre d accorder ou ; refuser les dons de sa grâce? Mais le rejet des n'est que temporaire. « Je ne veux pas, écrit saint Paul aux chrétiens de Rouie, je ne veux pas e vous ignoriez un mystère, de peur que vous ne irésumiez trop de vous-mêmes : c'est que, si une e d'Israël a été endurcie, c'est jusqu'au jour où

toute In multitude des gentils aUW été introduite; -■i ainsi toul Israël sers suive, •

Telle est l'économie du salut, arrêtée de toute éternité par la Sagesse divine. C'est une grande vue sur la destinée des peuplas et des raees, une sorte de plan de l'histoire. Les Pères de l'Église latine et les réformateurs en ont fait un principe métaphysique. D'une prédestination générale, ou nationale, ils ont fait une prédestination particulière et individuelle, ce qui en a complètement changé le caractère-

C'est un besoin de l'âme religieuse, surtout riiez les néophytes, d'exalter Dieu et, du mémo coup, d'abaisser l'homme. L'humilité n'est pas la première des vertus chrétiennes, mais c'est souvent le premier fruit d'une conversion sincère. On est plus fortement saisi par l'approche d'un dieu qui vient de se découvrir. Le Dieu de saint Augustin est l'être unique et suprême; rien n'existe que par lui; il est le principe et la fin de toutes choses. Il gouverne le monde physique et le monde moral avec une puissance également irrésistible ; les décrets qu'il a formulés sur l'humanité sont aussi infaillibles que les lois qu'il a données à la nature. Quant à l'homme, sa créature, il ne peut rien par lui-même. Dieu lui communique, selon son bon plaisir, le désir de faire le bien et la force de l'accomplir : c'est un don de sa gr;\ce; il l'accorde aux uns, il le refuse aux autres, et, par là même, il voue les uns au salut, les antres à la perdition. Saint Augustin ne se sert ordinairement du mot de prédestination que pour les élus; les réprouvés ne sont pas prédestinés, niais abandonnés à leur sort.

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