Boget, llistuîrt du peuple île Gen
il donner des règlements, qui, dans la situation se trouvait cette Église, devaient être en même
ips des règlements d'Etat. Dés le 24 mai, c'est-à-
c trois jours après la proclamation de la Réforme, 1rs lii'M'isli'i'- portent t'es mois : ■■ H esl parlé des édils qui doivent être faits pour l'unité rie i'iJnt; arrêté que l'on préparu des Articles. » Ces! sans doute sur la demande île Farel que eel arrêté avait été pris. Mais Farel, homme de premier mouvement, n'avait pas l'esprit d'organisation, el c'est en partie le sentiment de son impuissance à ret égard qui l'avait déeidé à retenir Calvin à Genève. Dans les délibérations qui suivirent, et dans la préparation des documents qui leur servirent de base, Calvin, peu à peu et par la simple force des choses, se mit an premier plan.
Les Articles pour le règlement de l'Eglise (Articuti de regimine Eoeïeaim), approuvés en principe par le Grand Conseil le 10 novembre 1536, et mis à l'étude devant le Conseil étroit, lurent définitivement acceptés et votés le 15 et le 1(1 janvier suivants. Ils étaient accompagnés d'un mémoire détaillé, présenté ■ au nom de maître Guillaume Farel et des autres prédicanls ». et où étaient exposés les points principaux de la discipline qui devait régir désormais l'Église genevoise.
Le fait central du culte, c'est la sainte Cène, « ordonnée et instituée pour i-onjoindre les membres de Notre Seigneur Jésus-Christ avec leur chef et entre eux-mêmes en un corps et un esprit ». Elle devrait être célébrée, selon les auteurs du mémoire, au moins une lois par mois. Mais il importe surtout
que ceux qui ne sont pas « membres du .lésus-Clirisi ... ri i|ui la profane raie ni par leur présence, en soient écartés.
Comment préserver la table sainte de loul eontart profane? Les conseils ('liront « certaines personnes Je lionne vie el de bon témoignage entre Ions les fidèles, pareillement de bonne ronslanee el qu'il ne soit point aisé de corrompre, lesquels élanl départis entre tous les quartiers de la ville, aient l'uùl sur la vie et le gouverne ni eut d'un chacun ». S'ils trouvent « quelque notable vice à reprendre », ils signaleront le délinquant à l'un des ministres. Celui-ci lui adressera d'abord une remontrance fraternelle; si elle rie suffit pas, il l'avertira une seconde fois, en le menaçant d'eu référera l'Eglise; enfin, si la menace elle-même reste sans effet, il le dénoncera publiquement à l'assemblée des fidèles. « Àdoncquea on connaîtra s'il veut persévérer en la dureté de son coiur, et lors sera temps de l'excommunier », c'est-a dire de le considérer comme séparé de l'Église el de l'exclure de la sainte Cène. Il continuera cependant de venir à la prédication, afin que la voix du repentir lui soit toujours ouverte. On voit, par ce dernier point, que l'excommunication suisse du temps de la Réforme ne doit éveiller dans noire esprit aucune des images effrayantes de l'excommunication catholique au moyeu âge. Elle n'en avait pas moins des conséquences graves. L'excommunié était exclu de la communion des fidèles; il n'était plus membre de l'Église, et comme l'Église el l'Etat se confondaient, il ne faisait plus partie de l'État; il n'avait qu'à choisir entre l'exil et la repentance finale, la-
quelle, dans la plupart des
Mai
i tel
il faudra
mplement
i prononcera I u\roi m irai ion !' Ce sera
plus lard, après la création Un Consistoire, un sujet
de bugs el pénibles débats. Mais, pour le moment,
;)iiisi|UL' les l'ilils sont « faits pour l'unité de l'Etal »,
droii d'excommunication ne peut appartenir
.faux conseils; c'est, du reste j la seule autorité constituée dans la ville. Il peut arriver aussi qu'un pécheur endurci ne lasse que « rire de l'excommunication », Dans ce cas, disent les Articles, « ce sera * (c'est-à-dire aux conseils) à regarder si vous à souffrir à la longue et laisser impuni mépris et une telle moquerie de Dieu et Evangile ». La conclusion est facile à tirer : une pénalité pour ceux qui prendraient s leur parti de vivre en excommuniés, el qui refuseraient d'entrer dans la voie de la repentance.
L'Etat-Église, après avoir institué le contrôle dCB
meurs, ne peut manquer de contrôler aussi la croyance, a II est certain, continuent les Articles, qu'il n'y a nulle plus grande division que de la foi, et pourtant (c'esi pourquoi), si ceux qui conviennent en foi avec nous, seulement pour leurs vices doivent être excommuniés, par plus forte raison 'eux ne doivent être tolérés en l'Église, qui sont en tout
iontraircs à nous en religion. •> I. ai g i ni est
I serait concluant dans une Eglise libre.
Mais est-il juste que ceux que l'Eglise ne reconnaît
plus ci mime siens s oi en I en même loin p.-. .icpan s de la
société <ivile, qu'ils puissent être expulsés d'un territoire auquel les attachent toutes leurs affections el
Wb- leurs intérêts? CkI un* objection qui ne se présente pa~ â l'esprit des prëdicanls de Genève. Leur unique pensée est J'js*rf>ir sur U base d'une indissoluble onilé de croyance , même an prix il un rxrés de rigueur ou d'uni? injustice momentanée, U petite république sur laquelle repose â leurs yeux l'avenir de la religion. Ifs proposent donc < que messieurs du Conseil fassent, chacun pour soi, et au sein du Conseil même, confession de leur foi, et qu'ils requièrent ensuite tous les citoyens de suivre leur exemple; et cela, ajoute le iin.rriûiri', serait seulement pour cette fois, pourtant que {parce nue) on n'a point encore discerne quelle doctrine un chacun tient, ce, qui est le droit commencement dune Kglise ». Ce n'est donc point, à vrai dire, un règlement d'Eglise que les ministres proposent, niais une mesure de sécurité à prendre dans un moment de crise. Mais, même dans ces limites, la mesure parut bientôt intempestive.
Une des dernières proposhtons concerne lins traction des enfants. Les Articles demandenl > qu'A y ait une somme brève et facile de la foi chrétienne, laquelle soîi apprise à tous les enfants, et que, certaines saisons de l'année, ils viennent par devant lus ministres pour être interrogés et examinés el recevoir plus ample déclaration, selon qu il sera besoin à la capacité d'un chacun d'eux, jusqu'à ce qu'on les iiit approuvés el suffisamment instruits <■. Le Conseil n'apporta qu un seul changement aux propositions des ministres. Il décida, dans sa séance du i(î janvier 1537, que la Cène serait célébrée, non pas une fois par mois, mais quatre fois l'an. La
« somme brève et facile ». le Catéchisme, une des innovations de la Réforme, suivit de prés les Articles. C'est un résumé très succinct de l'Institution. Calvin en fit Tannée suivante une traduction latine, destinée aux ministres de tous pays *' comme un gage d'union entre toutes les Eglises ». Il le remania, en 1541, pour le réduire encore, et il le mit sous forme de questions et réponses : telle fut l'origine du Petit Catéchisme, qui est, dans son cadre modeste, un des meilleurs écrits de Calvin, par la simplicité et la précision du langage.
La Confession de foi est extraite presque textuellement du Catéchisme. Elle avait été votée sans opposition par les conseils ; les difficultés commencèrent quand il fallut la faire jurer par tous les habitants, hommes et femmes, bourgeois ou non, maîtres ou serviteurs. On procéda par assemblées de dizaines, où le serment fut déféré individuellement à chacun ] . Mais les assemblées ne purent jamais être complètes. Ailleurs on s était contenté de proclamer officiellement la Réforme comme une institution d Etat, et le vote des autorités issues du suffrage universel avait paru entraîner celui des habitants. Pourquoi donc, se demandaient les Genevois, pourquoi exiger d eux des garanties qu on avait jugées inutiles à Berne, à Zurich, à Bàle? Certains insinuaient aussi qu'on ne pouvait s'engager sans présomption à observer strictement les dix commandements. Il y eut bientôt deux partis, les jurants et les non-j'uranls, et ce qui devait être un lien entre
1. La ville était partagée en vingt-huit dizaines, avant chacune à »a tête un dizenier.
Ions les membres de la cité devint une cause 'le désunion. A la (in, les di/.cuicrs furent rendus responsables de leur j.ieii de succès. Le 29 juillet, but une plainle des prêdicants, « est arrêté i|ue l'on doive appeler tous les dizeniers ei premièrement savoir d'eux leur confession, et ceux qui ne seront connus suffisants soient ôtés, et mis d'autres suffisants. Dès là leur sera donnée charge de tenir la main sur ceux de leur dizaine Touchant la confession, que l'on donne ordre taire que tous tes dizeuiers amèneront les gens, dizaine par dizaine, en l'église Saint-Pierre, et là leur seront lus les articles touchant la confession eu Dieu, et seront interrogea s'il veulent cela leuir; aussi sera lait le serment de fidélité à la ville. » Le 12 novembre, un dizeuier est maltraité par deux jeunes gens à qui il avait intimé l'ordre de se rendre à Saint-Pierre. Celle fois le Conseil juge â propos de sévir. Il décrète que * quant à ceux qui ne veulent jurer la Ré formation, il leur soit fait commandement de vider la ville et d'aller demeurer autre part, où ils vivront à leur plaisir ». Mais les délinquants riaient trop nombreux pour que la sentence pui être exécutée.
Les pouvoirs publies étaient renouvelés chaque année dans les premiers jours de lévrier. On craignait un tumulte pour les élections do 1538. Elles se firent dans le plus grand calme, mais elles furent complètement défavorables aux ministres ; les quatre syndics, en particulier, étaient choisis parmi les opposants. II y eut, comme d'habitude, un échange de propos malveillants entre les magistrats sortants urs, et entre leurs partisans; et les
l'IU-.MMîli SBJOUB A i.i:m;vi:. <J0
Elis curent plusieurs fois l 'occasion du faire
. remontrances. Les ministres ne purent s'ani-
vlur. dans leurs sermons, de faire allusion aux
lUlineries qui agitaient la république. Le 11 mars,
s Deux Cents décident « que l'on doit avertir les
■édiraiiis qu'ils no se mêlent pas de politique,
:tis qu'ils prêchent l'Kvangilc, ainsi que Uieu l'a
'.ommandé ». Cette décision Tut communiquée le
lendemain à Farci et à Calvin. Mais était-il logique
de défendre aux ministres de faire de la politique,
quand les magistrats civils tie ressaient de faire de
"a théologie?
La confusion des pouvoirs entre des autorités losliles ne pouvait manquer d'amener un conflit, rupture éclata, nomme il arrive souvent, sur me question secondaire. A Genève, on avait supn'iuié, aiiuiiiL' institutions papales, toutes les fêles e tombaient pas sur un dimanche; on communiait avec du pain ordinaire; on avait enlevé les lapiistères des églises. A Berne, on conservait les iptistères; on communiai! avec du pain azyme, et i continuait de célébrer les quatre fêtes, l'Incar- Noël, la Circoncision et l'Ascension. Or ; Conseil de Berne s'avisa de convoquer pour le i à Lausanne un synode chargé d établir la m forint té dans les cérémonies du culte ; et il invita : Conseil de Genève à y envoyer Farel et Calvin, pour délibérer avec les délégués de Berne, mais pour « se conformer avec eux, car, si cela ne récédait, ils ne seraient point admis ». Farel et Calvin assistèrent aux délibérations 'sans y prendre jart, et, à la dernière séance, ils demandèrent seu-
Lerae
ne toute dérision fût ajournée jusqu'au prochain synode général qui devait se réunir à Zurich. Les Bernois, pour toute réponse, notifièrent à leurs « bien ehers cl fëaus eoinhourgeois - de Genève 1rs conclusions du synode de Lausanne, ■ auxquelles s'étaient déjà conformés tous les pays conqm'lcs par Berne «, et ils les engagèrent, ic pour maintenir l'union entre les deux églises », à les faire observer par leurs ministre». Une seconde lettre, adressée à ceux-ci, les « priait cl admonestait rralrrucllrnieiil de faire sur le toul: bonne résolution, considérant que la dissension n'était do si grosse importance qu'elle pût nuire à la vérité ".
Sur n l'importance de la dissension », Calvin était du même avis que les magistrats bernois. Il dit dans l'Institution : i Quant à la façon extérieure (de la Cène), que les iidèles prennent en main le pain ou ne le prennent pas, qu'ils en divisent entre eux ou que chacun mange ce qui lui aura été donné, qu'ils rendent la coupe en la main du ministre ou qu'ils la présentent à leur prochain suivant, que le pain soit fait avec levain ou sans levain, que le vin soit rouge ou blanc, c'est tout un cl n'en peut ehaloir : ce sont choses indilfé rentes et laissées en la liberté de l'Eglise. ■• Mais ce que Calvin n'admettait pas, c'était l'ingérence d'un État étranger, quoique allié, dans les alfaires ecclésiasliques de Genève, celte sorte de protectorat que la ville de Berne s'attribuait sur les Églises suisses, mémo dans les pays qui n'étaient pas encore « conquêtes i par elle. Après s'être incliné, autant que sa cou-
PREMIER SRJOUH \ SEKBYK.
e lui permettait, devant la volonté de n î Genève, il tic voulait pas recevoir eni [ea ordrei de messieurs de Berne.
Pendant que ces lettres s'échangeaient entre
» Berne et Genève, un incident nouveau avait aggr la situation. Un collègue de Calvin, un vieillard aveugle, ancien moine augustin, nommé Klio Coraud, avait blâmé en chaire la conduite des magistrats. Le Conseil lui interdit de prêcher, et, le même jour, ordonna « do suivre les instructions do la missive
Ide lïerne, spécialement touchant la Cène ».
Dès lors, deux litiges se poursuivent parallèlement. Coraud en- appelle aux Deux Cents, donne libre cours à sa longue oratoire, et abonde en ci paraisons blessantes : les Genevois sont des rats parmi la paille; les conseillers sont des poupées de cire; ils s'imaginent que le royaume des cicux semblable au royaume des grenouilles. Tl continue do prêcher, malgré la défense, et on le mène i prison. Le jour de Pâques approchait. On demande
I:'« Farel et p Calvin s'ils veulent célébrer la Cène selon le rite bernois. Ils refusent, et ils prolestent contre l'emprisonnement de leur collègue. Le ■liinamlii' de Pâques, ils montent en chaire, Calvin t Saint-Pierre, Farel à Saint- Gervais, et déclarent qu'ils ne peuvent donner la communion au milieu du désordre qui régne dans la ville. L'assemblée se sépare dans une grande agitation ; la Chronique de Roset dit même que « les épées furent dégainées ». Deux jours après, le Xi avril, le Conseil général :ononce le bannissement contre les trois ministres, i Sur quoi, disent les Registres , ont répondu les-
dita prtdioante : Eh bien, à la bonne heure! Si nous
eussions servi les hommes, nous eussions été mal récompensés) mais nous servons un plus grand maître, qui nous récompensera, »
Les magistrats de Berne trouvèrent leur victoire trop complète; ils firent pour les trois <:\ili ; s une démarche qui resta sans effet. Farel et Calvin voyagèrent ensemble jusqu'à Bâle, d'où l'un gagna Lausanne el l'autre Strasbourg. Corauil, à qui sa cécité interdisait les longs voyages, alla mourir tristement à Orbe.
Les historiens, comme on doit s'y attendre, rejettent la Taule îles derniers év^nomenls tantôt sur Calvin et Farel, tantôt sur la cité; mais tous s'accordent à dire que te dénouement était inévitable. La cité, à peine affranchie, a supprimé en un jour toutes les autorités, rompu toutes les traditions. Une bourgeoisie turbulente, bien différente de ce qu'elle a été depuis, élevée au milieu des alertes, des escarmouches et des pillages, vocifère dans les conseils et se dispute les miettes du pouvoir. Peui-on supposer qu'elle se soumettra docilement au joug que des nouveaux venus, des étrange», prétendent lui imposer? File cède cependant, jusqu'au jour où l'on veut la contraindre à un acte qu'elle considère comme une abdication de saliberté. La vraie cause de la rupture fut la confession de foi individuelle. Calvin, d'accord avec Farel, y procéda avec cette logique à outrance qu'il avait apportée dans la constitution de sa doctrine. Il n'était pas l'homme des demi-mesures, et il échoua pour n'avoir pas su attendre.
Dans Une lettre à Farel, écrite immédiatement après leur exil, il s'accuse d'imprudence et de maladresse, tout en protestant de la pureté de ses intentions, qui est hors de doute. Plus tard, dans la Préface sur les Psaumes, revenant sur cette période de sa vie et sur sa collaboration avec Farel, il dit : « Les séditions du dedans, les unes après les autres, nous inquiétèrent étrangement. Moi qui avoue d'être d'un naturel timide et de peu de courage, fus contraint, pour mon premier apprentissage, d'essuyer ces rudes flots; et quoique je n'y succombasse pas, je ne fus pas soutenu d'une assez grande vigueur que je ne me réjouisse pas plus qu'il ne fallait, lorsque, par de nouveaux troubles, je fus contraint de quitter la ville. » Un apprentissage, avec un échec, c'est en effet ce que fut pour lui ce premier séjour à Genève. Il en sortit avec un sentiment de soulagement, qu'il se reprochait presque comme une faiblesse, et auquel se mêlait une pensée de regret pour l'Eglise qu'il était obligé d'abandonner.
Strasbourg était, après Wittembcrg, le cer plus important de la Réforme allemande; les de Luther y étaient 1res répandus. Matthieu Zell, l'un des hommes tes plus populaires de la ville, prêchait l'Évangile dans la grande nef de la cathédrale devant des milliers d'auditeurs. C'était, en même temps qu'un puissant orateur, un creur large et un esprit indépendant. Sa maison était ouverte aux voyageurs et aux fugitifs de tous pays, luthériens, zwingliens, ou même anabaptistes. Il pensait n qu'il pouvait bien les rerevoir tous à sa table, puisqu'un jour il devait s'asseoir avec eux à la même table dans le royaume de Dieu ». Plus instruit que lui, Wolfgang Capiton, docteur en théologie, en droit et en médecine, ayant des relations dans toute L'Europe, exerçait plutôt sou influence sur le public lettré. Chanoine de Saint-Thomas, il renonça à sa prébende pour prêcher plus librement. « I.'Kvangile, disait-il, ma allégé de mes bénélices et de mes peu-
ut iiAi'i'nr,.
aire correcteur d'imprimerie, lèguent ses quatre enfante à
sinus. ■ Il Imil pal
ci mourut pauvre,
Martin Bueer. Celui-ci, ancien dominicain,
par les écrits de Luther, itaii arrivé â Strasbourg,
) I" (i près inconnu, en 1523; il y prit bientôt Bu
Influence prépondérante, à la fois par la puissance de Ma parole cl par son esprit d'organisation ; Calvin
l'appelle i l'évÔq le Strasbourg ». Sa maison.
comme celle de Zell, était une auberge; il en faisait généreusement les frais avec les trois florins pu semaine uni constituaient sou revenu 1 . Il se démit plus tard île sa charge de pasteur et de professeur pour ne pas signer I Intérim de Charles-Quint, et alla mourir en Angleterre. Aux noms des réformaurs proprement dits il fuul joindre celui de Jean Slurm, le plus grand pédagogue du xvi° siècle; l'école qui s'appela plus tard lu Gymnase, et qui fut a première application de sou programme, s'ouvrit mois de septembre 1538, peu de temps avant privée de Calvin. Une des premières œuvres de la Réforme, en Alsace comme en Saxe, COmiBB BB , fut la réorganisation des écoles. Mais ce qui distingue des l'origine la Réforme strasliourgeoise, fsprît de tolérance relalive, qui n'exclut ni a /élc i!c la propagande, ni l'ardeur des discussions, mais qui tend à grouper si à abriter sous un même loit toutes les opinions fondées sur l'Évangile. Calvin, en arrivant à Strasbourg, fut d'abord l'hote
t Capiton et ensuite de Bu
i avait rendu s:, liberté,
I, Lr florin vnlnil h peu |iivs ■
Depui il espérait trot Ingt-quatH franc»
■ du
loisir pour le travail littéraire ci spérîalemenl pour la refonte de Y Institution chrétienne. Mais encore une fois il fui repris par la vie active- 11 commença par
grouper les réfugiés français, de plus en plus nombreux, que la persécution jetait sur la frontière, e) il constitua la petite communauté réformée qui s'est maintenue jusqu'à nos jours à côté des Églises luthériennes Ue la ville. A partir du mois de janvier 1539, il expliqua les écrits du Nouveau Testament devant les étudiants eu théologie. Il louchait pour ses fonctions de pasteur et de professeur un uiel de cinquante-deux florins, un florin et encore son traitement ne courut que du 1" mai. Le 29 juillet do la même année, il acheta le droit de bourgeoisie, ce qui semblait annoncer chez lui l'intention Ue fixer sa demeure dans la cité rhénane.
Cependant, au fond de son âme, et malgré la sentence de bannissement, il restait at lâché ;'i eette Eglise de Genève à laquelle il avait consacré deux ans de sa vie. Il le sentit quand le cardinal Sadolel, évoque de Carpentras, adressa, au mois de mars 1539, une longue lettre « au Sénat et au peuple de Genève, pour les ramener à l'obéissance du Pontife de Rome ». Le cardinal n etait-il que le porte-voix d'un groupe de prélats qui jugeaient le moment favorable pour faire rentrer la cité infidèle dans le giron de l'Eglise? ou avait-il épousé les intérêts de l'évèquc dépossédé Pierre de la Baume? On ne sait, mais il est probable qu'il n'agissait pas uniquement pour son propre compte, car, des le mois de décembre 1538, les Registres du Conseil disent : « L'on a entendu
EXIL BT RAPPEL.
ne Les évéques, tant le cardinal de Toi Ivêque judis di usines conjura
[ étaient i
i quant au lii v fera réponse ». S
ton que e, Lausanne et antres, font ii' ensemble contre la ville, Lyon. .. Le Conseil décide i latin, en tempe el lieu l'on les mois se passèrent. Lnlin ; Bernois, à qui le document avait été commu- ■(|ui\ pensé renl que le soin de répondre apporteà Calvin, cl c'était sans doute dès l'origine la sée de tout le monde. Au mois d'août, Calvin i £ Pare! ■ 411e ce sera un travail de six jours et 1 y eal nuit entier ». La réponse de Calvin fut nipriuiée à Strasbourg en septembre 1530, et, au iviinte, il en parut, à peu près simultané ment, une seconde édition et une traduction française à Genève 1 .
L'Épi tue de Sailolet est l'œuvre d'nn humaniste. > qui ne voit dans l'humanisme qu'une forme téraiiT. Il connaît à fond et il pratique à merveille s artifices de la vieille rhétorique : il disserte, 1 amplifie, il insinue; mais on sent bien, au ton de a polémique, que le zèle de la maison de Dieu ne lui brûle point le cœur. Il commence par rapetisser sujet; il le tire en Lias, pour le mettre à son -mil de vue. Celle grande question qui divise tout 1 siècle, et pour laquelle des milliers d'hommes aisseronl leur vie, il la réduit à une pure affaire
. Êpittrt de Jacques SadeStt, Cardinal, eamij/ec -• Sénat
Peuple île Geuèic, par (at/iirlle il tascltt 1er. réduire sutilis la
ttitumoe dr l'Evelyne <ir Homme, Avec la Betfoste de Jehan
a fraiicois. Imprime << Genéi-e
r Michel du Bais, !/,-',f. — Réimprime d Génère par lc> soiai
le M. Guitare Rcviltiad chez I. G. lia/., {806.
d'ambition ci d'amour-propre. II aime les Genevois comme do bons voisina,. généreux et hospitaliers; il admire le gouvernement de leur repu* lilii|ue. Mais pourquoi se sont-ils laisse' séduire par ■ aucuns Nommes cauteleux, ennemis de l'union eL de la paix chrétiennes, qui ont semé entre eux la discorde, comme ils avaient déjà fait en certains bourgs et villages sujets à la vertueuse et puissante nalion des Suisses, détournant le peuple fldète du Christ du chemin de ses anciens PÈres, le retirant de l'opinion ferme de l'Église catholique, et remplissant tout de discordes et divisions : ce que pour certain ont toujours accoutumé de faire ceux qui, en oppugnani {combinant) l'autorité de l'Église, cherchent pour eux honneur cl puissance u ? Les Genevois se rendent-ils bien compte du danger qu'ils courent? Tout péché imputable à la fragilité humaine peut être pardonné : la miséricorde de Dieu est si grande! Mais servir Dieu autrement qu'il ne le demande par la voix de son Église, c'est se fermer irrémodlahlemenl le chemin du salut.
Il semble que ee soit le moment d'entrer en discussion avec les nouveaux docteurs et de réfuter
leurs iii'g cuis. L'auteur de la lettre n'en fait rien.
Il ne parlera, dil-ii, ni de l'eucharistie, e en laquelle tutus adorons le vrai corps do Christ », ni de la confession auriculaire, qui est une leçon d'humilité commandée par l'Eglise, ni de l'intercession des saints, ui des prières pour les trépassés : ce sont « subtiles, ardues cl épineuses ilisputations, par lesquelles ces gens ont séduit les fidèles, amenant entre gens ignorants je ne sais quelle obscure inler-
I\|l UT RAPPEL.
Station de l'Écriture ». Il se borne à poser encore
: fbw, d'u
■ toute
térale, la question
■ 1 1 : i est an l'ond de toutes 1rs tlis]>n I i-s thi'i du temps. Où est la vérité? où est le salut? Pour lui, la question osl résolue. Mais supposé qu'elfe na ■ ■ Bûil pas, el que les Genevois aient encore à choisir ; l'ancienne tradition qui gouverne le monde is quinze cents ans, et la doctrine nouvelle que
des boni s cauteleux et qui se croient subtils >>
uuutenl depuis un quart de siècle, quel parti rendront- î 1b ? ■ Le point est ici, très chers frères, t voifci la voie fourchue qui mène en deux chemins «traires, desquels l'un tire à vie et l'autre à mort srnelle. »
Cette i voie fourchue » amène la péroraison, où iuteur fait ni ni parai tre devant le souverain Juge us hommes, faisant chacun la franche confession leur vie. L'un, malgré les imperfections de Iglise, lui est resté lidcle. L'autre est un des pTOîoteurs de la Réforme, et « après qu'il aura parlé et aura dit vérité (car il n'est point question de mentir devant ce Juge céleste), encore qu'il taise beaucoup de ehoscs de son ambition, de son avarice, du désir de la gloire populaire, de ses tromperies et malices intestines, qu'il se connaît bien lui-même avoir là dedans, et ijui lui apparaît roui comme écrites en son front, que sera-ce en la lin, ô mes frères de Genève, lesquels je désire être unis avec moi en Christ cl en son Eglise, et quel jugement c
' (ait;
u de
e tous leurs adbéienls: 1 »
L'Épilrc de Sadolet avait le
discussion, en se bornant & des tableaux de fantaisie
ou ii d'ingénieux parallèles, et le tort plus grand encore d'élever contre les réformateurs des accusations personnelles i]Ue démentait Imite leur conduite. Elle ne fil que donner à Calvin l 'occasion d'une facile victoire.
Calvin commence par rendre hommage au grand Bavoir du cardinal et à sa u grâce merveilleuse en parler ». Pourquoi est-il force d'entrer en lice avec un adversaire i qui en son temps a si bien mérité des lionnes lettres » ? Mais peut-il, sans lâcheté, délaisser la cause de son Église, qui est aussi sa propre cause I 1 Car il se Compte parmi ces « gens cauteleux » qu'on accuse d'avoir séduit le peuple de Genève par ambition et par orgueil.
moins, vu que tolnlcmenl }<• ne in en i>ni-> luire, !<■ plus modestement qu'il nui aerii possible jeu pnrlenii. Donc, qiiunt ù m ni, si j'eusse en ée;unl ù luire muii juolit, je ne me fusse jamais séparé de votre faction. Et si ne me glorifierai puint que j'avais en icelle les moyens pour y obtenir les honneur» que je nui jumnis désires, uï mon ctcitr ne s'y est jnm&M pu adonner, il me suffira de dire seulement qu'il iiiVlail loisible d'y obtenir ee que j eusse désiré sur Imite* choses, suvoir est, de vaquer a l'élude, uvec quelque honnête et libre condition. Pnrquoi, je ne rrnindrui jiunnis que nul homme me puisse reprocher (sinon qu'il fut du tout éhnnté) que j'aie prétendu ni demandé cliiisc hors le règne du pupe, qui ne me fiil Imil n|q>[irci!léc en îdelui.
Que les ci gens de la sorte », continue-t-il, nous calomnient dans des pays où l'on ne nous connaît pas, nous n'en sommes pas étonnés ; mais île débiter les niâmes calomnies devant ceux qui nous ont vus
tlllll.'llilll-;, « !'■ Il'f'.-.t jniilll [r l'iiil i.l'llll tlOI
. et c'est chose fort mal séante à Sadolet,
rif! de telle estime en doctrine, prudence et
çravité ».
Après cette défense personnelle, Calvin arrive au
rand grief qui remplil (ouïe la lettre de Sadolet :
s Genevois su sont séparée de l'Église, et par là
e sont (ïu s In. 1 s de lu béatitude éternelle. Quant à cette dernière affirmation, dît Calvin, il y arrêtera pas. « Cela sent peu son vrai théolode tanl vouloir astreindre l'homme à soî-
; L'office d'un homme chrétien est de monter
lus haut qu'à chercher et acquérir seulement le
i il i
biei
iniit et expérimenté en la vraie religion chrétienne,
iqucl relie lanl longue et curieuse exhortation à
'étude de la vif céleste laquelle délient entièrement
'homme à cela, sans l'élever d'un seul mot à la
notification du nom de Dieu! ne soit estimée sans
ienee de l'idée mystique qui forme le fond de la théologie calvinienue. L'homme est né non pour ni, mais pour Dieu. « Car loin ainsi que toutes a sont de Dieu et consistent en lui, ainsi se loivent-elles rapporter du tout à lui. « Dieu a créé
? pour élre glorifié en lui. Que l'homme se ■ende compte de cette destination, de cette « voca- .ion )>, et il entrera en communion avec Dieu; il sanctifiera sa vie, et du même coup il aura l'espé-
le la vie éternelle; mais cette espérance n'aura pus été l'unique stimulant de sa loi, Lr point
auquel se place Sadolel n'est pas faux, selon
Calvin, mais seulement secondaire, mesquin. La préoccupation égoïste de la béatitude céleste risque d'amener après elle la théorie tics « lionnes œuvres », par lesquelles on croit mériter le ciel.
Mais pourquoi Sadolet tient-il " si long propos h de la vie éternelle i 1 Ksi-re [unir n se mettre en plus grosse estime et recommandation des Cenevois sous prétexte de religion » ? ou pour les attirer plus sûrement à l'Église, seule dispensatrice, selon lui, du saluli 1 Mais sont-ils donc séparés de l' Église pour avoir rejeté la suprématie du pape? Ksl-re la hiérarchie ecclésiastique qui constitue l'Église î
Si tu veux recevoir une pins vérilalde di.-tîn i tîon de 1 Ke/hso
que la tienne, dis doieinive.nl que e'esl l'ii.s filée de buis
les sninls, laquelle, étendue pur liml le inonde, esl dispeisre
en tout temps, liée biulelois euscinlilc par seule doctrine
île Christ, et par sur. seul Ksprit (,'urde el ubservo l'union de lu toi, ensemble un' 1 concorde et ehai'ilê traient elle. Or, que
nous avons qaelq tifféftnd urée icelle, nous le nions; mail
plutôt, Inilt ainsi qi os lu révérons emiiuie uii'io, niusi
désirons-nous toujours demeurer entre ses bras. Mais en cet endroit tu aie reprends, disant et l'efforçant montrer que tout ce qui n été reçu el approuvé du consentement dM fidèles depuis quinze cents nus et plus est pur notre désordre arraché et abrogé.— Tu suis bien, Sudolel, et si tu le nies, je donnerai h connut tre à un cbucunljoe cualolcasciucnl el malicieusement lu l'as dissimulé r que non sonloinonl nous urenr-
dous luii-ux tuer l'ioil itfoilé inie mus autres. is aussi que
nous ne demandons nutre chose, sinon que celle ancienne
en sun entier, laquelle, déformée el pollue par gens indoclcs, nprès lâchement a été déchirée el quasi détruite- par le pnpc et sa faction....
ijom ainsi soit donc que lu santé el fernieté de l'Lylisi'
O'iisisle |iriii!'i|iLili-mi-iil ''I smIi ornée J i ■ ■ (rois rlu.ses, savoir est, de doctrine, de discipline el de sacrements — viennent les cérémonies nu quart lieu, ufin d'exercer le peuple Cil
dsToii de piétf — [ ■ bien
son honneur, par lequel d