‹ Calvin;Chapitre 28 sur 50 · DE I- BOUSE DE GENEVE · texte numérisé non relu

DE I- BOUSE DE GENEVE

lois e 11-e. Le 14 août 1643

S lettri

Pierre, prince

1res sainls

ille ouvertes la plus ntenant Dieu permet

fléau réparât plut

le Chus. 'il i

du pays de Gex. Ce curé disait, à lionne que .1 au temps on les Genevois Imploraient par dévotes processions et litanies la glorieuse Vierge Marie, les anges dn Paradis des apôtres et patron de la eil et saintes, ils donnaient s ches, laissant les portes de lit grande partie de lit nuit : or mi à la mort pestiféré de se repaître de leurs corps, pour les couipeller à retourner à lui ». Calvin ne dédaigna pas de réfuter ce raisonnement dans une lettre <pti est conservée à la bibliothèque de Genève. Mais, dans le peuple, et même dans la société cultivée, liien des gens faisaient la même réflexion que le curé de Ceruex. Les tètes se montaient, les imaginations s'exaltaient. On recommençait à murmurer contre les prédieanls; on les accusait volontiers des maux dont on soutirait. Le gouvernement, disait-on, est gouverné lui-même par des étrangers, iïn 1545, deux femmes sont citées devant le Conseil. L'une a dit : a Maudite soit celte loi, car depuis que

nous l'avons reçue, nous L'autre : « Que le diable eais! Il y avait assez, de i Toutes les deux sont mis faire taire les en Vignei

u avons eu que du mal. »

ail part de tant de Frannonde au pays sans eux. « :s au pain et à l'eau. Pour langues, le Conseil remet pénalités édictées contre

les blasphémateurs. On rapporte qu'u étant à la foire de Lyot

a dit :

de Genève se trouvaient i<

i ne s en iraient pli

191 CALVIS.

quand ils voudraient. ■ 11 est eoudamui une torche allumée de l'ÉviVlu ;i ta Mai* cl â crier merci. Une femme de l.i pu Satigny est bannie, après avoir porté la torcha, pour avoir mal parlé de son pasteur. Certaines amendes pour des fautes légères sont doublées, et le produit est affecte aux fortifications de la ville.

Les marchands riches qui siégeaient dans les conseils aimaient à banqueter entre eux, et, malgré les édits, le vin déliait les Lingues. Lu conseiller,

un î Pierre Amcaux, ayant invité à souper trois

de ses amis, fit devant eux une vive sortie contre Calvin, « un méchant homme, qui prêche une fausse doctrine ». Il eut même l'imprudence d'envelopper dans ses invectives les autorités civiles. Le magistrat, selon lui, ne savait se décidera rien; Calvin était le véritable évoque de Genève ; rien ne se faisait que par lui, et bientôt, si l'on n'y prenait garde, les étrangers seraient les maîtres de la ville. Ameaux est dénoncé, mis en prison ion commençait toujours par la) et interrogé. Il nie d'abord, nuis avoue et demande grâce. Le Conseil hésite à sévir contre un de ses membres. Au lieu de rendre un arrêt ferme, il fait passer l'affaire aux Deux Cents, en leur laissant le choix entre deux solutions : ou la grâce au prix d'une rétractation cl d'une forte amende, ou la promenade à la torche. Les Deux Cents inclinaient à la clémence. C'est alors que Calvin intervient, disant qu'il ne remontera j>as en chaire avant qu'il ait été l'ait « réparation et justice patente à cause du blâme du nom de Dieu ». L'affaire revient au Petit Conseil pour être instruite à nouveau. Le

D8 i. ÉGLISE DE OKSÈVfi.

■! dure depuis plus de deux mois, cl l'agitation se communique B la ville, Un jour Calvin, préchant à Saint-Gcrvais, est interrompu par un homme qui lui crie que ee qu'il dit n'est pas vrai. L'interrupteur esl mis en prison. Enfin, le 8 avril 1546, le Conseil décide qu'Ameaux « devra faire le tour de la ville, en chemise, tête nue, une torche allumée en sa main, et venir ensuite par devant le tribunal crier merci à Dieu et à la justice ». Ameaux eut un imitateur au mois de janvier de l'année suivante. Un nommé Guillaume Dubois l'ut condamné à porter la torche pour avoir dit du mal des ministres et appelé Calvin un hypocrite. L'affaire fit moins de bruit, parce que le coupable était un simple fabricant de chandelles.

La prison était l'hôtellerie la plus achalandée de la ville : une hôtellerie de passage. Ordinairement, on ne s'y arrêtait pas; mais on y entrait pour si peu de chose, que uni n'élail sûr de n'y pas faire au moins une visite. Les plus hauts Fonctionnaires faisaient connaissance avec elle : c'était à peine déshonorant* Une famille surtout est devenue presque célèbre par les embarras qu'elle a donnas a Calvin, au Consistoire et aux conseils : c'est la famille Envrc. Elle comprenait quelques types originaux. Ernuçois Favre s'était montré bon patriote nu temps îles luttes pour l'indépendance; il avait rempli avec succès plusieurs missions diplomatiques à Berne; il avait éié conseiller de 1526 à l'ïM. Depuis, il s'était retiré dans sa propriété de R.oze, Wul près de la ville, mais sur territoire bernois. II avait jagné une fortune dans le commerce, et il en jouis-

t ■ certaine, ostentation. C'était mi repré-

. de l'ancienne Ccncvc, ■ nature rude 8)

Bere; s*s ura étaienl ce que les prédicanta Appelaient crùmenl du moi Je paillardise. Sa femme avait quitté la maison et laissé lu place a une servante. François Favre ne regrettait pas précisément les vieux sainls, qu'il n avait jamais beaucoup pratiqués, ou s^l les regrettait, c'était justement parce qu'on pouvait so nn/llre à l'aise avec eux; mais le nouveau culte, avec ses raffinements dogmatiques et ses exigences morales, était au-dessus de sa portée- " Il était, dît Bonivard qui ne l'aimait point, autant pauvre de biens intérieurs que de liiens extérieurs riche. " Sa fille Françoise, ou Franehequine, avait épousé le capitaine général Ami l'rrrin. Calvin l'appelle l'rnlhésilée; elle avait, en effet, foute l'allure d'une amazone, portait la tête haut, avait la parole vive et le geste prompt. Les Wri'iu étaient moins fortunés que les Favre. Le père avait commencé par colporter de la vaisselle, puis, avec son premier gain, il avait ouvert une boutique de draperie. La mère était fille d'un apothicaire piémontais. « A eus deux, raconte lïonivaiil, ils acquirent quelque chevanee, pour laquelle hériter n'eurent qu'un lils qui était celui-ci (le capitaine f-ânc'ral], et des fdles sans lin. Pouree que le fils était seul, ils le nourrissaient mignard, tant en viandes que aeeoulrements, laquelle nourriture n'oublia pas quand il lut en âge parcrû. Car il ne suivait pas la nature des Bourguignons, qui aiment mieux ventre de velours et robe de bure que ventre de bure et robe de velours: car celui-ci voulait tous

\; il voulait et ri? pompeusement accoutra '1 L»î > • r i ■o; et n'était |.as sevlemenl en son vivre friand, est de désirer peu ei bon, mais friand et gourbi huit ensemble, car il lui fallait du bon et luepup. « « C'est notre César comique », écrivait Calvin. Franchequine ne manquai) aucune occasion de manifester son mépris. pour sa belle-mère, aussi gromiBM qu'elle, quoique moins arrogante. Les ix dames, au dire de Bonivard, échangeaient des ips de poing dans la rue. et le Consistoire faisait vaines tentatives pour les réconcilier. Les choses allèrent ainsi jusqu'au jour où Ami Perrin, devenu premier syndic, crut le moment venu df réaliser si s plans ambitieux, et où le César co/itit/ue devint un César tragique.

La pensée politique des Favre, s'ils en avaient une, était de protester contre l'institution du Consistoire; mais ils obéissaient plutôt à des instincts de mutinerie et d'orgueil. François Favre avait été cité devant le Consistoire dès le mois de novembre 1545 : il attendit trois mois pour se présenter, déclara d'abord qu'on l'accusait faussement de battre sa femme, qu'il pouvait confier le gouvernement de sa maison à qui bon lui semblait, et que. du reste, il n'entendait se soumettre qu'a l'ancienne juridiction de Genève. On le prit au mol sur ee dernier point, et on le renvoya devant le procureur général. Gaspard Favre, son ills, passa du Consistoire au Conseil, et du Conseil en prison, sans courber la tête; il paraissait « en grande arrogance, son manteau en éeliarpe sous sou bras ». Enliu Franchequine entra en scène. Mlle assista, au mois de mars 1540, à une

danse su tambourin. Elle prétendit que c'était ci simple spoclatrice, mais une enquête ordonnée | le Conseil prouva le contraire. Elle se trouvait, du reste, en bonne compagnie, car le président du Consistoire était lui-même de la fête. Tous les danseurs firent les trois jours de prison réglementaires. Seule FranchcquiiH' demeura une semaine de plus bous les verrous, à cause de ses propos insolents. Elle paru! devant le Consistoire, non pour se justifier, encore moins pour s'amender, mais pour accuser ceux qui salissaient, disait-elle, la réputation de son pire et de son frère. Calvin perdit patience. « Est-elle donc sacrée, s'écria-t-il, celte famille Favre? est-elle au-dessus des lois ? Que les Favre se construisent une ville pour eus seuls, s'ils ne peuvent vivre à Genève sous le joug du Christ! Mais tant qu'ils demeureront à Genève, ils se démèneront en vain pour échapper à la loi. » L'année suivante, pendant que le capitaine général remplissait une mission à la cour de France, sa femme dansa de plus belle, et le Conseil ordonna de l'arrêter. Mais elle eut le temps de sauter sur un cheval. Elle rencontra dans la rue, raconte Bonivard, l'un des ministres, qui avait eu une vive altercation avec son père ; « elle le choque avec son cheval, puis pique et s'en va ». Elle gagna le domaine de son père, où elle était hors d'atteinte. Mais le père et la fille ne rentrèrent à Genève qu'en passant par la prison.

Les aventures de la famille Favre sont du genre héroï-comique. 11 s'y mêle cependant un épisode sanglant. Dans l'après-midi du 27 juin 1547, un homme qui n'est pas autrement connu, lils d'un

notaire et citoyen de Genève, Jacques Gruet, après avoir déjeuné le malin chez François Favre, afficha sur la chaire de Saint-Pierre, au moment où l'église était déserte, un placard injurieux ei menaçant pour les ministres. C'était un coup de tête, mais, dans l'état d'effervescence où étaient les esprits, on y vit d'abord la marque d'un complot. Gruet fut dénoncé et aussitôt arrêté. En fouillant ses papiers, on mit la main sur quelques feuilles volantes, brouillons de lettres, notes éparses ou griffonnages sans suite, qui achevèrent de le compromettre. On pouvait y lire, par exemple, eu lermes plus ou moins déguisés, que Calvin était un ambitieux et un hypole Moïse avait avancé beaucoup de choses prouver, que toutes les institutions divines et humaines étaient le fruit d'un caprice, que la justice n'avait pas a intervenir dans les affaires privées, enfin que le roi François I M devrait s'entendre Conseils pour tenir la bride aux prédîcants.

Sur la marge d'un traité de Calvin contre les anabaptistes, au chapitre où il est question de l'immortalîtéide l'Ame, ou Irouva ces mots écrits de la main de Gruet : « Toutes folies. » C'en était assez, aux yeux d'un magistrature inquiète et soupçonneuse, pour fonder une accusation d'impiété et de rébelli/m. Le procès fut mené rapidement et avec passion. L'accusé fut mis plusieurs fois à la torture. On voulait savoir le nom do ses complices; il ne cessa de dire qu'il n'en avait point, qu'il n'avait agi que « par folie ». Un mois ne s'était pas écoulé depuis son arrestation, quand sa tête lut clouée au pilori. Trois ans après, pendant qu'on faisait des répara-

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tions dans l'ancienne maison de Gruet, on découvrît encore dans les combles un manuscrit for m treize feuillets, où les noms du Christ et des apôtres étaient accompagnés uY'|iillwtes grossières., et on il était dit « qu'en loule l'Ecriture il y a moins de Beaa qu'aux fables d'Esope )i. L'écrit fut solennellement brûlé devant la maison même, par la main du bourreau, •< pour donner exemple à tous complices el adhérents, s'il s'en trouvait ' ■>.

Calvin n'était intervenu ni pour soutenir l'accusation, ni pour adoucir la sentence. Mais il vovaii en Gruet un exemple do plus du mauvais esprit qui animait une partie de la société genevoise. Le 14 juillet lô47, pendant l'instruction, il écrivait à M. de Fatais, un gentilhomme brabançon qui avait embrassé la Réforme, et qui avait abandonné ses liïens pour venir s'établir à Vcigy, à trois lieues de Genève, eu terre bernoise : « -le ne sais si quelque bruit de nos troubles sera venu vers vous, car on en parle si haut par le pays circonvoisin, qu'il semble que nous soyons tous perdus. El eu la ville nous ne voyons point la centième partie de ce qui s'en dit. Il y a bien eu quelques murmures et menaces des gens d'ébauchés qui ne peuvent porter le châtiment. Même la femme de celui qui vous devait aller voir (Mme Perriti) s'était élevée bien tièremenl.

Mais il fallut qu'elle, ne faisait pas bon en baissent bien la tète, Il yen a un qui est en 1. Voir llrm y Ijhï, l'rr.

l gagné les champs, parce qu'il ille pour elle. Les autres i lieu de lever les cornes, mger de payer un écot bien

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