ORGANISATION DE L ÉGLISE DE GENEVE
cher; je ne sais si la vie n'y demeurera point. Il semble avis aux jeunes gens que je les presse trop. Mais si la bride ne leur élail tenue roide, ce serait pilié. Ainsi il faut procurer leur bien, malgré qu'île en aient. »
Le procès de Gruet avait pris, au couru de l'instruction, un caractère à la lois politique et religieux. Un autre procès qui agita pondant quelque temps la petite république, le procès de Boisée, fui exclusivement religieux; mais il n'en fut pas moins jugé par le magistrat civil, dont l'accusé lui-même ne contesta jamais la compétence. Jérôme Boisée était un de ces théologiens pratiquant la médecine, comme il y en avail beaucoup dans un temps où la médecine était puisée principalement dans la tradition antique. Il sortait d'un couvent de carmes de Paris. Ayant jeté le froc, il s'était arrêté d'abord à la cour de Ferrare; puis il s'était mis au service de M. de Falais. Le 16 octobre 1551, après avoir déjà eu plusieurs altercations avec les ministres, il vim a la congrégation, cette réunion hebdomadaire où l'on discutait publiquement un point de doctrine, et où chaque assistant était admis à présenter ses observations. A propos d'un texte que l'orateur expliquait dans le sens de la prédestination, Bolsec se leva et déclara qu'il n'y avait d'autre élection que celle qui était déterminée par la présence ou par l'absenee de la foi dans l'homme, « et que ceux qui mettent en Dieu une volonté éternelle par laquelle il ait ordonné les uns à vie, les autres à mort, en font un tyran, voire une idole comme les païens ont l'ait de Jupiter ». Il ajoula que, pour
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soutenir celte « hérésie », on avait « déprayé » plusieurs passages du l'Écrilitra cl invoqué faussement le nom de saint Augustin. Calvin, qui venait d'entrer, lui répondit aussitôt, l'accabla sous le poids de sus ri talions, et le réduisit au silence. Les choses ■nt pu en rester là. Mais un auditeur de justice,
ipara de Bolsf i de l'Evêché. L'interrogatoire même, cl se continua jusqii m culpc l'ut appelé à repondre, lit' un questionnaire dressé par ■aria pas dans ses déclarations, dil-il, sur un seul point, tout
le mena à la prîao
commença le jour 12 novembre. L'îr article par article, :
les ministres. Il ne Calvin s'est trompé, le reste est saint.
Le Conseil, embarrassé, prit le parti, d'accord avec les ministres et avec l'inculpé, de consulter les Églises suisses. Les réponses arrivèrent peu à peu, tandis que le prisonnier exhalait ses ennuis dans une complainte, qui devînt elle-même l'objet d'une enquête. Les pasteurs de Baie déclarent Boiser coupable d'hérésie. Les Zurichois, sans se prononcer sur la question, conseillent la paix. Les Bernois, après avoir cité une série de passages où l'Ecriture, insiste sur la grâce universelle de Dieu, ajoutent que o de bons esprits pensent qu'il faut toucher à. ces matières avec une extrême circonspection (cautius a/ijuc ccrcumspectius) ». Le magistral de Berne, s'adressant directement à celui de Genève, conseille de « procéder avec ledil Jérôme non par rigueur, mais par fraternelles et chrétiennes admonitions et persuasions, pour le retirer de son erreur ». Le 22 décembre, te Conseil condamne Bolsec au ban-