‹ Calvin;Chapitre 43 sur 50 · LE TRIOMPHE DE LA THEOCRATIE · texte numérisé non relu

LE TRIOMPHE DE LA THEOCRATIE

notre union, de laquelle le fruit nous attend au ciel, comme elle a été profitable à l'Eglise de Dieu. Je ne veux point que vous vous travailliez pour moi. Je respire à fort grand'peine et attends d'heure en heure que l'haleine me faille. C'est assez que je vis et meurs à Christ, qui est gain pour les siens en la vie et en la mort. Je vous recommande à Dieu, avec les frères de par là 1 . » Le 27, à huit heures du soir, contre son attente, il s'éteignit sans douleur, « ayant pu parler intelligiblement jusqu'à la lin, en plein sens et jugement, paraissant plutôt endormi que mort; il fut porté, à la manière accoutumée, comme aussi il l'avait ordonné, au cimetière commun appelé Plainpalajs, sans pompe, ni appareil quelconque ». Une pierre carrée d'une vingtaine de centimètres de haut, qui ressemble à une borne, et qui porte pour toute inscription les initiales J. C, a été mise longtemps après, on ne sait plus à quelle époque, à l'endroit où l'on croit que son corps a été déposé.

1. La lettre est en latin ; la traduction est de Théodore de Bèze.

■ HUMAM1STB.

ulieux de l'an et de l'autre, donL Rabelais a

é le modèle dans le discours de Janotus deman-

au nom des Parisiens la restitution des cloches

olre-Damc. Quant à ceux qui voulaient parler

dément la langue maternelle, ils affectaient de

servir que de mot latins francisés, ou, comme

: Olivélan, » de termes sauvages emmasqués cl

rcoutumés, lesquels sont écorchée du latin ».

i éorit tour à tour et avec une égale facilité en

et en français, en laliu quand il s'adresse aux

■ nuls et aux théologiens, eri français quand il veut

e lu de tout le monde. Mais il tient les deux lan-

rigourcusement séparées; il ne leur permet

s d'empiéter l'une sur l'autre. .Sa première Insti-

ciiréiien'ie, ses ouvrages de polémique, la plus

e partie de sa correspondance, sont écrits en

. Quelquefois il se traduit lui-même, ou il se fait

jar un de ses secrétaires ou de ses amis.

ins son style latin, comme la plupart de ses con-

mporains, il prend surtout Cicéron pour modèle.

i phrase latine de Calvin est la période eicéro-

nni. 1 , d'un équilibre moins calculé, un peu alourdie

ins la construction, et plus serrée dans [assemblage

i mots. Mais quoi qu'il écrive, et même quelque

rrage qu'il lise , indépendamment du contenu

•al et religieux qui reste toujours pour lui la

; principale, il regarde à l'expression et au bien

i. Dans une lettre à Pare) (du 1"' septembre 1649),

>ropos do saint Augustin, il dit : * Tu sais quel

:t je porte à Augustin, et cependant je ne puis

issimuler que sa prolixité me déplaît : d'autre part

1 brièveté est peut-être trop concise. « El, dans

sa Défense île In foi oriliodnj:?., voulant montrer que l'éloquence n'esl pas interdite au prédicateur ■■ Jrsus-Chrïst, dît-il, ayant pris des pécheurs pooi les prémices de ses apôtres, i depuis thoisi il autre* ministres, lesquels n'étaient pas aussi rudes et idfoU ijue les premiers 'elegnnriori iloctrino iinctos t selon la

rédaction lalinc U émanions au sivle d'Isare, lequel

non seulement <■*( pin L i élégant, mais u*\ orné do grand artifice, en quoi un voit bien que l'éloquence peut liieri servir à la loi. El, du laii, .lesus-Chnst u a pas inoins appelé les philosophes [magos pu II clarté de l'étoile qu'il y avait attiré les bergers par la vois de lange'. »

Encore faut-il que l'orateur chrétien ne se horne pas à chatouiller l'oreille par un vain cliquetis de

Is ■liiiuii»), mais qu'il se rappelle toujours an nom

de qui il parle, u L'Esprit de Dieu a aussi son éloquence, mais laquelle u plutôt un lustre naturel, propre à elle, ou encore, pour mieux dire, intérieur, qu'ornements empruntés ou parure prise d'ailleurs.... L'éloquence qui convient à l'Esprit (U Dieu, c'est celle qui n'est point enllée d 'ostentation et ne se perd poinl en l'air par vaines bouffées, mais est solide et pleine d'efficace, et a plus de sincérité que d'élégance 2 . « En somme, la sincérité est la première qualité du style, celle qui résume toutes les autres; une sincérité émue ei qui veut se cora-

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