‹ Calvin;Chapitre 49 sur 50 · LES DESTINEES DU · texte numérisé non relu

LES DESTINEES DU

Le luthéranisme avait trouve devant lui, débuts, des nations préparées pour le recevoir, par la pente naturelle de leur génie, soit pai qu'elles avaient eu particulièrement à souffrir c abus de l'Eglise romaine. Le calvinisme, dans f mouvement d'expansion à travers l'Europe, pas la même fortune. Il rencontra des résistance subit des défaites, 'et, là même où il l'emporta, n'ei que des victoires difficiles et incomplètes. Dans un temps où c'était presque un principe de droit public que les sujets suivent la religion du souverain, il eut d'abord les souverains contre lui. Il trouva ses premiers adhérents dans les masses populaires, dans des groupes disséminés où ses missionnaires portaient la parole de Dieu. Ses progrès furent lents, isolés, achetés par des supplices. Le calvinisme primitif, c'est le protestantisme militant et martyrisé.

On sait que la Réforme anglicane ne fut inspiré

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i par Calvin ni par Luther, mais par le caprice orgueilleux d'un souverain, qui transféra sur sa pers prérogatives tlu Saint-Siège. Quand le due de Somerset, protecteur d'Angleterre sous la minorité d'Edouard VI, voulut compléter l'œuvre Henri VIII, Calvin lui adressa une longue lettre

le féliciter, l'encourager, et même poui diriger « au nom de Celui qui était leur maître à Ions

. Il envoya même son collègue Nicolas Gallars en Angleterre pour offrir au jeune roi. qui

:oce théologien, ses Commentaires s Isaïe et sur les Epitres canoniques, et il dédia B à Edouard VI ses Quatre sermons imprimés i 1552, qui furent aussitôt traduits en anglais. La lettre de Calvin à Sommerset est un vrai traité d'organisation ecclésiastique en trois points. « Le premier point sera de la façon de lden endoctriner le peuple; le second sera de l'extirpation des abus qui mil ligné par ci-devant; le troisième, de corriger

soigneusement les vices Car, comme la doctrine

est l'âme de l'Eglise pour la vivilier, aussi la dis pline et correction des vices sont comme les nerfs ir maintenir le corps en son état et vigueur.

; réformes de Somerset ne rép lirent pas

tornplèlcmciil au programme tracé par Calvin. Le culte fut organisé sur le type genevois, el partage sulre le chaut, lu prédication cl la prière. Les images furent enlevées des églises; on nmnunuia sous 1rs deux espèces; les prêtres furent autorisés à marier; mais toute la liiérareliîe ecclésiastique subsista. Quant à la discipline, telle que Calvin IVnleuté acceptée ni par l'aristocratie

ni par I: rsse du peuple, lors même i\m

S - j ■ — . - 1 i'hi songe' ;i l'introduire. ' in peut, ilii

Calvin dans sa lettre, ■ céder quelque chose m

affaires laines », mais * ici il n'csl poi oti

liberté de rie troyer aux hom s, ai de fléchir

m leur faveur; même il u'\ a rien qui déplaise pis) ,1 Dieu que quand nous voulons par notre prudence

humaine i lérer ou retrancher, ou avancer ou

reculer, outre sa volonté : par quoi, si noua ni- voulons lui déplaire, il nous faul fonner les yens lin regarda des hommes », Somerset ne ferai i ■ le* yeux aux regards des hommes, il les sollieilail au eontraire. Il aimait le faste, tenait encore plus aux apparences du pouvoir qu'au pouvoir même, < i se faisait bâtir un somptueux palais avec les dépouilles du clergé. M tomba, victime d'une intrigue dr i-our. Les protestants le regrettèrent; ils voyaient déjà

paraître, derrière le chélil Edouard VI qui se -

rait lentement, la lille de Catherine d Aragon, Marie,

qu'on a surnoi e la Sanglante, qui continuai!

d'avoir sa messe malgré les représentations du conseil de régence, et qui repoussait énergique m ont la liturgie nouvelle.

I.a demi-réforme anglicane contenait des éléments de calvinisme, mais le fond en était constitué par un ensemble de mesures politiques. Les vrais enfants du calvinisme, parfois des enfants terribles, ce furent les puritains d'Angleterre cl d'Ecosse. Quand Marie Tudor voulut restaurer le catholicisme,

elle procéda, selon l'exemple que lui avaient d

ses prédécesseurs, par les proscriptions ci les suppliées. Lus protestants s exilèrent en musse.

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