A ES
Le «
ce
( 150 } fait songer , en premier heu, qu'on doit:
tourner les dons de Dieu vers le but pour lequel ils nous ont été accordés, c’est-à-dire vers notre bien-être et celui des autres, et non vers leur ruine; ainsi, par exemple, les repas ne doivent pas servir uniquement à nous rassasier ; mais aussi à nous récréer l'esprit; miles habits à nous couvrir, mais
encore à nous donner un air décent et res-
pectable, En second lieu , il ne faut pas employer ces biens dans la seule intention de satisfaire ses passions, mais en jouir avec la pensée que Dieu a voulu par-là nous manifester sa bonté. Enfin , il est bon de se souvenir toujours de sa vocation et de son immortalité , et d'apprendre à user des biens avec sagesse, et en même temps à nous en passer avec résignation. »
Il n’attachait pas aux choses extérieures
d’une vie honnète plus d'importance qu’elles
ne méritent. Porter des habits de deuul est
uu acte fort indifférent en soi; le Chrétien
éclairé ne se fait pas un jeu de cette habi-
tude , mais il la suit pour se conformer aux
moœurs de son pays. Le Jerine, aussi envisaoé
cu lur-même, est inutile ; cependantil.a le
triple avantage de mortifier la chair ét de la rendre moins exigeante , de ous inspirer plus de De . les méditatiôns LU, vu Dieu , lorsqué nous nôus reconnais sons én faute! = Jouér aux cartes ne lui paraissaitipas blämiäble én'soï, mais 1l conseillait de s’en absténir autant que possible, parce que l'habitude de ce jeu amène une quantité de vices, tels que la colère, l'envie de jurer ; la tromperie, la prodisalité, etc. Lorsque la ‘node revint'à Genève, en 1557, de porter dés chaussures échancrées (caligæ dissectæ } (mode déjà proscrite, douze ans auparavant, par le Conseil }, il réclama , à a vérité june nouvelle défense, mais il déclara en même temps que la chose était tout- à- fait indifférente, et qu'il n'avait saisi cette occasion que pour s'opposer à la prodigalué ( et au luxe dés häbitans. — Des acteurs ë tant venus à Genève, le sénat lui demanda son opinion à leur égard ; il répondit, de concert avec les autres ecclésiastiques s qu il ne considérait pas le spectacle comme une chose utile, mäis qu'il ne s’y opposerait nullement, si le sénat consentait à laisser jouer les acteurs.
La permission ayant été accordée, et l’un des pasteurs l’ayant censurée du haut de la chaire , et excité par-là une violente exaspération, Calvin s’attacha, dans un autre discours, à réconcilier les esprits. : 7 :, :
Calvin, Luther et Zwingli choisirent donc l'Ecriture sainte pour source commune de leur théologie, et quoique Calvin fut entré dans le cercle d'idées déjà tracé par les deux autres Réformateurs , il le fit sous la restriclon que leurs opinions seraient conformes à la Bible; car sil pensait ne point les y trouver , il les abandonnait sans scrupule. Nous ne possédons aucun écrit de Luther ni de Zwingli, où ils aient coordonné en système toute leur croyance, en l’appuyant des preuves nécessaires par la polémique usitée à cette époque ; mais Calyin rassembla de bonne heure toutes les vérités de la Réformation dans un ordre systématique, les fonda sur les preuves les plus fortes et les plus convainquantes ;il les précautionna enfin contre toutes les objections deleurs adversaires. Aussi son livre célèbre sur l’Institution de la religion chrétienne est-il rempli de raisonnemens lumineux , qui ne devraient pas être
laissés dans l'oubli, autant qu'ils le sont par nos théologiens actuels. Il contient un trésor de pensées importantes ; de développemens
ingénieux , de remarques lumineuses , et est écrit dans un stile pur, concis et éloquent.
L'Eglise luthérienne ne possède de semblable que les ZLoci theologici de Melanchton, qui sont d’ailleurs fort au-dessous de l'ouvrage du Réformateur de Genève, pour le liaison des parties, le choix des preuves,
la vigueur de la polémiqæ et la perfection du système.
ca85)