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du. corps sont joints entr'eux. Tous ceux
2, (°). V. Znstitutio relisionis christianæ.
(122) « donc qui veulent anéantir la discipline ec- « clésiastique tendent réellement à la des- « truction entière de l’Eolise elle-même. — « La discipline est semblable au frein, qui « retient et dompte tous les ennemis de la « doctrine de Christ; elle ressemble encore « à l'aiguillon, qui excite ceux qui ont une « volonté paresseuse; elle est aussi compa- « rable à une verge paternelle, avec laquelle « les hommes , qui s’éloignent trop du droit « sentier, sont châtiés avec bienveiliance et « la douceur de l'esprit de Christ. » En insistant avec tant de force sur l'institution d’une discipline, Calvin avait principalement en vue d'éviter Îles reproches adressés aux Protestans par les Catholiques, ce qu'il exprime en termes exprès dans une lettre adressée à ses co-religionnaires du Dauphiné :
« Vous savez que les Catholiques ont tou- « jours à Ja bouche que nous sommes seu- « lement parvenus à établir une insubordi- « nation effrénée et licencieuse. Il faut done.
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« montrer par nos actes, qu'en rejetant le.
« joug de VAnte-Christ, nous avons aussi ac- « cepté celui de Christ. »
Il voulait aussi que le pouvoir spirituel
fut indépendant de toute puissance temporelle et même des autorités les plus élevées. « Car un magistrat pieux, dit-il, ne cher- « chera pas à se dispenser de l’obéissance « générale des enfans de Dieu, dont l’un « des premiers devoirs est d’obéir à PEglise, «e lorsqu'elle fonde ses préceptes sur la pa- « role divine, et il sera bien loin de faire des « tentatives pour renverser ce pouvoir. En « effet, dit Æmbroise, rien n’est plus glo- « rieux pour un empereur que le titre de fils « de l'Eglise; car un bon prince est dans « l'Eglise et non hors d’elle. »
Dans ce qui concerne les rapporis de l'Etat avec l'Eglise, Calvin n'accordait pas aux souverains lemporels le droit d'épiscopat sur l'Eglise. Comme les précepteurs de la parole divine ne doivent prétendre à aucune puissance temporelle , selon le témoignage de Jésus-Christ { saint Luc, ch. 22, vt. 25-26), de même les princes ne peuvent s’arroger aucune autorité sur les choses spirituelles ; car ces deux objets sont trop différens, pour qu'il soit permis à une seule personne de les diriger. Moïse administra ‘d’abord les deux emplois par exception et
{ 124 ) en attendant une organisation plus solide de l’état social ; mais il dut bientôt céder les fonctions ecclésiastiques à son frère , parce qu'il était au-dessus des'forces humaines de suffire, à ces deux charges. Pendant que l'Eglise conservait encore les bonnes traditions , aucun évèque ne songéa à s’'approprier le droit du glaive ; car tous avaient présent à l'esprit ce principe d'Ambroise, que le palais appartient à l'empereur et l'éplise au prêtre. — Il ne voulait pas non plus que ceux qui resusaient d'obéir aux ordonnances de l'Eglise, fussent remis à la Puissance temporelle , parte que se serait reconnaitre la citement que cette autorité a le droit de prendre la place de l'Eolise. Il consentait encore moins à donner aux princes une juridicuon sur les doctrines, ce que Luther ne souffrait pas non plus. « Veuillez considérer , écrit-1l « à l’un deses amis, quel exemple offriraient « les ecclésiastiques , s'ils accordaient aux. « princes le droit de juger leurs doctrines, « en sorte qu'on devrait aussitôt adopter et | « reconnaître comme des oracles toutes les !
« choses qu'il leur plairait d'exiger. Certai-4
« nement, si nous nous laissons imposer un |
« pareil joug, nous trahirons notre sainte vo- « cation par celle faiblesse, et nous ne pour- | & rons aucunement nous laver de cette trahi- « son, même devantles hommes. » Calvin refuse encore (daus son Commentairesur #rnos, ch. 7, vt. 15 }j aux rois de Ja terre le droit d’ordonner des cérémonies ou autres choses semblables dans lEslise, et se déclare trèsvivement contre Ja nomination d'Henri VIII, comme chef de l'Eglise, faite par un zèle inconsidéré.
Dans l'intention de combattre Îles anabaptistes , Calvin écrivit, dans son Jnstitutio religionis christianæ | un article sur la magistrature politique, dans laquelle il donne, à la vérité, la préférence à läristocratie (telle qu'elle existait alors à Genève et dans les autres villes de la Suisse ); mais’, d’ailz leurs, 1l y énonce la même opinion que La:
ther sur la dignité des emplois civils et l’obéissance qui leur est due. Il considère Les rois et'les princes comme les réprésentans de Dicu, clhiargés de maintenir fa justiceet le bon ordre établis par l'Etre Suprême. Ii fait ce ceïte pensée une application si vive et si éloquente aux constiéhces des mägisirats ,
( 126 ) qu'on ne pourrait certainement pas mettre en doute le bonheur d’un peuple , dont le chef aurait une idée aussi religieuse de sa mission , et qui ne s’en écarterail pas. Quant à l'obéissance au pouvoir temporel, Calvin n’admet qu’une seule exception , c’est-à-dire le cas où le prince ordonnerait quelque chose qui serait évidemment contraire à la volonté de Dieu. On doit en effet obéir, avant tout, au Seigneur des Seigneurs , et plutôt tout souffrir avec résisnation que de s’écarter de l'obéissance qui lui est due. Cependant, il m'est pas permis au Chrétien de toucher au pouvoir temporel en lui-même, ou d’exciter une révolte. Il doit plutôt supporter toutes les injustices et rester soumis à la puissance la plus tyrannique et la plus injuste , comme à un ordre divin; il ne li est pas permis de s’arroger le droit de la punir; c’est à Dieu seul que ce droit appartient. — Par suite de ces principes , il conseilla à ses co-religionnaires d'Aix (*) de tout souffrir patiemment, si l'on employait la violence pour suppri-
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mer leurs assemblées religieuses ; de ne pas repousser la force par la force ; de supporter même la mort , et de laisser à Dieu le jugement de cette affaire. Il était si scrupuleux sur cette matière, qu'il n'admettait pas que l’on put délivrer un co-religionnaire emprisonné par des clefs fabriquées, la corrupton des géoliers ou autres moyens de la même espèce (*).
Calvin, dont l'esprit aimait à s'occuper de
(*) Il exprime ainsi son opinion dans lPune de ses lettres : « Pour moi, je ne voudrais ni conseiller, « ni permettre une pareille entreprise; cependant, « si elle était essayée, j'en recommanderais les suites « à Dieu dans mes prières, et je me réjouirais si l’un « des nôtres parvenait à se délivrer sans éclat ni tu- « multe. Je vois que parmi les premiers Chrétiens, « lorsque l’un d’entr'eux était emprisonné, l'Eglise « n’employait pas d’autre moyen que les prières. « Saint Paul aussi ne se libéra point par l'argent, « ( Act. des Apôt: 24. 27.) West donc prudent, pour «éloigner tout mal, de s'abstenir de pareils moyens, « Néanmoins, si quelqu'un se délivre de cette ma- « nière, je ne l’approuverais pas à la vérité, mais je « remercierai Dieu de sa délivrance; j'aurai plus de « penchant à supporter qu'à condamner celui qui « rendra ainsi dés secours, »
Ja pratique de la Religion , n’onbliait jamais de faire des applications ingénieuses detses théories aux devoirs et à la conduite des Fi: dèles ; il consacra mème un chapitré entier de l’Jastitutio religionis éhristianæ Atracer le modèle de la vie chrétienne. Nous allons donner le sommaire de ses idées à ce sujet:
L'étude de Ecriture a le double avantage de nous inspirer l'amour de la vertu, lors:
qu'il nous manque, ét de nous fournir des règles de conduite pour l’acquérir. L’Ecriture nous commande la vertu par des motifs très-puissans ; d’abord, parceque Dieu est saint; ensuite, parce que nous sommes formés à son image ; de plus ; parce que la vertu est le lien qui nous unit avec Dieu; enfin, parce qu’elle nous conduit à Ta félidité par le Christianisme. L'immense supériorité de la morale chrétienne sur celle des philosophes consiste dans Fexemple de Christ. Le premier pas de l’homme vers: la: piété chré, tienne , c’est’ de reconnaître ‘que Fire humain appartient entièrement à Dieu," et qu 1 doit par conséquent se soumettre sans restricüon à sa volonté et à ses désirs. L’essentiel est de chercher à accomplir la seule
volonté de Dieu. Calvin appelle le côté négatif de cette chéissance l’abnégation de soimême, c'est-à-dire l'abnégation de l'intérêt, de l'ambition, de l’avarice, de l’envie, des désirs mondains , l'entière subordination de nos desseins et de nos entreprises à la volonté de Dieu, et surtout la résignation et la bonne volonté à porter la croix qui nous est imposée, Il ne faut point faire le bien moral pour la gloire mondaine , mais pour la satisfaction de soi-même, et il n’est pas permis d'en concevoir de l’orgueil. On doit, pendant la vie terrestre, penser toujours à l'avenir, à sa vocation et au compte que lon est appelé à rendre au dernier jour.
Il s'exprime avec beaucoup de sagacité sur l'emploi des biens terrestres : « En général, « dit-il, nous devons les employer , comme « Si nous n'en avions pas besoin, comme des « pélerins qui se dirigent vers leur céleste pa- « trie. Le mépris absolu des biens terrestres, « qu’eñseignaient quelques philosophes an- « ciens, est contraire à la nature de l'homme « et aux desseins de Dieu, qui a voulu nous « rendre la vie chère et agréable, en répandant tant d’attraits sur la création. Mais il