SECONDE PARTIE
Calrin et Genève. — Prernier séjour du Re-
formateur dans celte ville el son exil.
Jeax Cacvin éd) naquit le 10 juillet 1909 à Noyon en Picardie. Ses parens , quoique peu riches, eurent cependant les moyens de lui donner une éducation distinguée. IL fit ses premières études à Paris (**), sous des professeurs habiles , et surpassa bientôt tous ses condisaples dans la logique et la grammaire. Destiné de bonne heure à servir
(°) Son nom véritable « était Cauvin ou Dalen, qu il changea , on ne sait pourquoi, en celui de Calvin. Suivant l’habitude des savans de cette époque, il s’appela aussi Caldaerius, où Charles de Happeville: On trouve même, dans la seconde édition de l'ouvrage sur l'institution de la Religion chrétienne, son nom transformé en celui de 4/cuin.
(*) IL est digne de remarque que F'arel, de Bèze, Firet et Coranld firent aussi leur éducation à Paris,
Ç 42) | l'Eglise, parce qu'il y parut appelé dès son ae par la gravité et la sévérité de ses mœurs , déjà même doté d’une prébende ecclésiastique , 1l changea tout à-coup de résolution dans sa 18.° année, et obtint l’autorisation de son père pour aller étudier le droit, d'abord à Orléans, sous le célèbre Pierre l'Etoile ( Petrus siella ), et ensuite à Bourges, sous Andreas Alciat, qui jouissait à cette époque de la plus vaste renommée. Son application soutenue et ses talens distingués le firent avancer avec tant de rapidité, qu'il put déjà remplir souvent, à Orléans, la place de professeur, et qu'il reçut en présent la dignité de docteur. Outre cette science, ilavait aussi acquis de vastes connaissances , pour ‘ce siècle, sur l’histoire et les classiques de l'antiquité. La remarque , que les principaux théologiens se sont d’abord occupés de philologie , recoit une nouvelle preuve par son ‘exemple, ainsi que par celui de Zwimgh. Le premier ouvrage de Calvin, qui commenca à former sa réputation , fut un Commentaire sur le livre de Sénèque , De ‘Clementi®, qu'il publia à Paris dans sa vinst-quatrième année. Ce Commentaire roule plus sur les choses que sur les mots.
Les motifs qui l'engagèrent à quittera carrière ecclésiastique et à embrasser, celle de
! la jurisprudence furent en partie la volonté | positive de son père, et de plus l'amitié qu'il
| contracta avec des sectateurs de la nouvelle