LIVRE DEUXIÈME
les fils. Mais de tristes nouvelles vinrent bientôt le chercher à Worms, puis à Ratisbonne, où la diète avait été transférée. Strasbourg était décimé par la peste. Le jeune Louis de Richebourg avait succombé au fléau, et, après lui, son précepteur, Claude Ferey, ami intime de Calvin. Calvin tremblait de recevoir d'autres nouvelles, plus cruelles encore. Une lettre à un ami de Strasbourg (avril 1541) nous peint vivement ses angoisses. il Je fais effort, écrit-il, pour résister à ma douleur. Je recours à la prière, aux méditations saintes, afin de ne pas perdre tout courage. » Ses prières furent exaucées. Il eut la force de remplir son devoir jusqu'au bout, et il retrouva à Strasbourg celle qui était désormais une portion de lui-même.
Ce fut donc à Worms que Fallèrent chercher les envoyés genevois. Il avait déjà répondu, le 23 octobre 1540, aux premières ouvertures du Conseil de Genève, a Magnifiques, nobles et honorables Seigneurs, écrivait-il, je vous puis testifier devant Dieu que j'ai en telle recommandation votre Église que je ne voudrois jamais défaillir à sa nécessité,
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en tout ce que je me pourrois employer.... Et à cette cause je suis en merveilleuse perplexité, désirant de satifaire à votre demande... et d'autre part je ne puis pas légèrement quitter la charge en laquelle le Seigneur m'a ici appelé, sans qu'il m'en délivre par bon et légitime moyen. » Il ajoutait qu'il allait partir pour Worms, qu'il avait communiqué à ses collègues la lettre du Conseil, et que leur avis avait été que le mieux serait, en attendant, d'appeler Viret à Genève. — Nous avons vu que le Conseil en avait déjà eu l'idée.
Le 12 novembre, autre lettre, écrite de Wonns. Calvin a reçu celle du 22 octobre, si honorable et si pressante, et il a vu ceux qui l'ont apportée. Il ne s'engage pas encore, mais il en est bien près. « Quand il n'y auroit que l'honnêteté et gracieuseté dont vous usez envers moi en toutes sortes, je ne me pourrois acquitter de mon devoir qu'en m'efiforçant, en tant qu'il est en moi,* de satisfaire à .votre demande. Toutes fois, il y a encore une raison... C'est le singulier amour que je porte à votre Église... » Dieu la lui a confiée une fois; il se sent donc « obligé à jamais de procurer son bien et son salut. » Mais il ne peut encore fixer aucune époque. Après Worms, il faudra aller à Ratisbonne. Mais, de retour à Strasbourg, il consultera de nouveau ses collègues, et ses collègues