‹ CalvinChapitre 120 sur 212 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

un fâcheux acheminement à laisser l'esprit pour la lettre, et il savait, d'ailleurs, que c'est souvent un moyen de faire dire à la Bible tout ce qu'on veut. Il n'approuvait même pas qu'on prît, pour un seul sermon, deux textes. Si les deux disent la même chose, pourquoi en prendre deux? Si l'un doit lùodifier l'autre, rien n'empêchera de le citer, dans le cours du sermon, comme éclaircissement et commentaire. Le respect de Calvin pour l'Écriture est toujours empreint de cet esprit. Ce n'est pas le respect de l'enthousiasme, fort peu respectueux quelquefois, mais celui de la raison et de la conscience.

Calvin ne veut pas* non plus que le prédicateur, sous prétexte que sa parole est la Parole de Dieu, s'impose trop longuement à l'attention des gens. « Il y a une chose , dont je veux te parler, écrit-il un jour à Farel. On dit que la longueur de tes sermons est un sujet de plainte. Tu m'as dit toi-même plus d'une fois que tu voulais y veiller; ne l'oublie pas, je t'en supplie... Et puisque ce n'est pas pour notre propre édifîca tion que le Seigneur nous appelle à monter en chaire, mais pour celle du peuple, il est de ton • devoir de te modérer de telle sorte que la Parole de Dieu n'ait pas à pâtir de ce que tu auras lassé les gens, » Même ^observation sur les prié-

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res, bien que Farel, au dire de tous les contemporains, priât admirablement, a II vaut mieux, lui écrit Calvin, prier longuement en particulier, brièyement dans rassemblée. Si tu attends de tous une ardeur égale à la tienne, tu te trompes. »

Chaque prédicateur avait d'abord été attaché à un des temples. Calvin fit décider, en août 1542, qu ils prêcheraient tous, à tour de rôle, dans toutes les chaires de la ville, a afin que le peuple fût mieux édifié et profitât de tous les ministres. » C'était aussi plus conforme au grand principe apostolique de Tégalité des pasteurs , principe auque} Calvin s*attachait rigoureusement en toutes choses, à commencer par ce qui le concernait. Aucun titre, aucun privilège officiel ne le distingua jamais de ses collègues.

L'Église apostolique était à imiter encore dans ce qui tenait au chant.

Rome avait confisqué le chant sacré conune tout le reste ; les fidèles n'avaient rien à faire dans le culte, réservé exclusivement aux hommes de FÉglise, prêtres, chantres, etc. La résurrection de l'Église comme corps des fidèles devait amener celle du chant; aussi le chant était-il devenu comme une sorte de profession de foi : chanteur de psaumes et Réformé étaient synonymes en France. Il parait que ce fait s'était produit moins généralement k

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