‹ CalvinChapitre 124 sur 212 · LIVRE tROlSlÉMiS · texte numérisé non relu

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La période comprise entre 1841 et 1546 futdoDC relativement paisible. Les désordres punis étaient généralement peu graves, ou, même graves, ne présentaient généralement pas un caractère d'immoralité systématique, d'opposilion directe et calculée. Calvin eut parfois à faire punir de l'amende ou de * la prison les fils de magistrats qui avaient noblement servi la patrie et la Réforme ; mais ces magistrats savaient comprendre ce que réclamaient encore et la Réforme et la patrie, et ils restaient loyalement les amis du réformateur. En somme, on pouvait bien murmurer encore quelquefois contre les Ordonnances, contre Calvin; quant à se révolter, nul n'y songeait, et nul, d'ailleurs, n'eût osé laisser voir qu'il y songeât, car on ne pouvait mettre en doute que la volonté générale ne fût pour cet ordre de choses. Le Consistoire ne céda-t-il jamais à la tentation de faire montre de son autorité? Calvin eut-il toujours assez de modération et de sagesse pour n'approuver, en fait de sévérités, que ce qui était vraiment nécessaire en vue du but poursuivi ? Nous ne voudrions pas

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l'affirmer. Mais les détails se perdaient dans Tensemble, et Genève, vue du dehors, commençait à offrir le spectacle qui pouvait le mieux la recommander au respect du monde protestant. Arrivés dans son sein, les étrangers dignes d'elle n'apercevaient non plus rien qui les fit changer d'avis. Un d'eux, réfugié lyonnais, s'écriait un jour : « Qu'on est heureux de voir si belle liberté dans cette ville !» — a Belle liberté ! dit une femme du peuple. On était forcé, autrefois, d'aller à la messe, et on est forcé, maintenant, d'aller au sermon. » La bonne femme, nous l'avons déjà reconnu, n'avait pas tout à fait tort; mais le réfugié avait raison, car il se plaçait au vrai point de vue. La liberté, pour lui, pour toute la France protestante, pour l'Allemagne de Luther, pour tous ces millions, enfin, de gens plus ou moins persécutés, c'était celle dont on jouissait à Genève, celle de servir Dieu selon l'Évangile restauré. Volontiers il lui sacrifiait, à celle-là, toutes les autres, et ce n'était d'ailleurs môme pas un sacrifice, tant la compensation paraissait grande. Ainsi firent ces milliers et ces dix-milUers de fugitifs, qui, comme lui, sous le joug de Calvin, se trouvaient libres et remerciaient Dieu.

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