‹ CalvinChapitre 128 sur 212 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

qu'en attaquant toujours plus fort. Malheur donc à ces gens qui n'ofirent à Dieu, pour tout potage, qu'un cœur timide et lâche, qu'une foi dont ils n'osent faire profession devant les hommes ! Calvin les divise en quatre classes :

I. Ceux qui ne veulent pas, disent-ils, scandaliser les faibles, — comme ^ ce n'était pas le plus grand de tous les scandales de mentir à sa conscience.

II. Les délicats, a bien contents d'avoir l'Évangile et d'en deviser avec lès dames, moyennant que cela ne les empêche point de vivre à leur plaisir. »

III. Les philosophes^ considérant, attendant, et cette troisième classe a est quasi toute de gens de lettres, » non pas pourtant « que toutes gêna de lettres en soient. »

ly . Les marchands^ les hommes d'argent, a qui se trouvent bien de leur ménage » et c< se fâchent qu'on les vienne inquiéter. »

Que de vérité là dedans, et comme le moraliste du seizième siècle a bien peint le dix-neuvième !

Notons encore un traité fort curieux, YAvertisse-ment très-utile du grand profit qui reviendroit à la chrestienté s'il s^ faisoit inventaire de tous les corps saints et reliques qui sont tant en Italie qu en France, Allemagne, Espagne, et autres royaumes et pays. Ce grand profit, ce serait de constater à quelles

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absurdes fraudes conduit le culte des reliques. Calvin commence par quelques observations sur ce culte, considéré en soi ; il y voit une de ces choses dont saint Paul disait que a tout service de Dieu inventé en la tête de l'homme, quelque apparence de sagesse qu'il ait, n'est que vanité et folie. » Or, ici, l'apparence mém^ de la sagesse a disparu; quand la folie serait moins évidente dans la chose, elle le serait encore assez dans l'abus. L'auteur ne s'arrêtera cependant pas aux fraudes proprement dites ; Genève n'a pas oublié, entre autres comédies dont le secret s'est découvert, chez elle lorsqu'on a osé regarder, cette fameuse cervelle de saint Pierre qui se trouva un morceau de pierre ponce. Mais que de reliques non examinées eneore^ et qui seraient l'occasion des mêmes découvertes! Que d'autres contre lesquelles on ne peut trouver, il est vrai, aucune preuve, mais sans qu'il y ait non plus aucune preuve en leur faveur, et dont la fausseté est moralement évidente! Que d'objets retrouvés au bout de sept ou huit siècles, sans que personne en eût jamais parlé jusque-là! Cheveux, dents, sang de Jésu»-€hrist ; la crèche où il fut couché, les langes çui l'enveloppèrent,* les amphores de Cana, la table de la Cène, le linceul du sépulcre, la croix, enfin, la vrme croix, dont les fragments feraient « la charge d'un bien grand

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