‹ CalvinChapitre 159 sur 212 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

et beaucoup de zèle, surtout parce que nos Églises ont au dehors la mauvaise réputation d'être hérétiques et de favoriser l'hérésie. La Providence de Dieu vous offre une occasion de vous laver, ainsi que nous, de cet injurieux soupçon. » Schaffouse souscrit à ces paroles, ajoutant qu'il faut couper court aux blasphèmes de Servet, lesquels, comme une gangrène, rongeraient le corps de Christ. Les réponses des gouvernements sont encore plus explicites. Berne, dont le gouvernement de Genève tenait surtout à suivre l'avis, ne se contenta pas de conseiller clairement la mort ; on sut que les magistrats bernois avaient ouvertement parlé du feu comme de la seule peine égale aux crimes d'un tel homJoie.

Voilà donc la Suisse protestante qui, constituée en jury, prononce à l'unanimité, par la voix de ses magistrats et de ses pasteurs, la condamnation de l'accusé. Aucune mention de circonstances atténuantes; aucune invitation, ni directe, ni indirecte, au pardon ou à l'indulgence, et tous, pourtant, savaient qu'il s'agissait de la mort. Le Conseil de Genève ne pouvait plus ne pas condamner ; l'indulgence eût été un affront aux Églises suisses, une espèce de trahison envers la Réforme tout entière, qui avait, par leur voix, demandé la mort du coupable au nom de sa sûreté à elle , de son honneur

et de SO0 salut. C'est ce que comprirent, à ce m^iBent, plusieurs des coosetllers qui n'avaient vu jusqùa-Jà, dans cette affaire^ qvCvm procès entre rEspagnd, dont ils s'inquiétaient médiocrement, et le Téforaûiteur, qu'ils n'aimi^nt pas. Ils purent désonnais • céder, non à Calviii, mais à quatre Églises importantes, à tout le corpg de la Réforme, — et Servet eut décidément contre lui la majorité du Conseil*

Ses amis, Peiriâ surtout, tentèrent cependant eacwe de le sauver. Perrin demanda d'abord une absolution pwre et si«iple. C'^ait l'exil de Calvin, le triomphe définitif des Libertins. On refusa. Il d^nanda edors, ce qu'avait déjà demandé Servet, que la cause fût portée au Conseil des Deux^Cents. Calvin avait là bien des ennemis, et ce Conseil était moins lié j^v le préavis des quatre Églises et des quatre gouverneaaaents. On refusa encore. Personne, soiijour^'bui, qw ne dise : « Plût à Dieu que Perrin ^ût réussi ! » Et aoious le disons comme tout le niboade. Mais U n'ieu^st fias moîas wim que, étant donnée la isituation générale telle que nous l'avons analy^, les efforts 4e Perrin a'étaie&t ni ceux d'un ami de la Réforme, ni ceux d'un sage politique; t^gretter qu'il ait échoué, c'est de l'humanité, assurément,. mais c'est amssi un peu de régolsfi»e. Nous pensons à nous-mêmes, aux

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