‹ CalvinChapitre 16 sur 212 · LIVRE FERMIER · texte numérisé non relu

LIVRE FERMIER

chelte et moyen de me retirer des gens ; mais tant s'en faut que je vinsse à bout de mon désir, qu'au contraire toutes retraites et lieux à l'écart m'étoient comme écoles publiques. » Et il raconte ' ensuite comment, malgré tout son désir d'être inconnu, Dieu Ta tellement « promené et fait tournoyer» qu'il ne lui a laissé de repos « en lieu quelconque, » jusqu'à ce que, malgré son naturel tout autre, il l'ait « produit en lumière et fait venir en jeu, comme on dit. »

Ces détails se rapportent soit à la fin de son séjour à Bourges, soit à son séjour à Paris, où il se rendit ensuite. Ici encore, impossibilité de donner des dates précises. Une lettre écrite par lui de Paris est datée de juillet 1829. C'est à Paris que nous le voyons encore en lS32,jet tout paraît indiquer qu'il y passa ces trois années, sinon entières, du moins en grande partie. A cette époque, nous le voyons logé chez un marchand, Etienne, de la Forge, ft dont la mémoire doit être bénite entre les fidèles comme d'un saint martyr de Christ * . » Etienne de la Forge, en effet, périt en 1535, victime de son zèle pour la Réformation, et probablement aussi de son amitié pour le réformateur. C'est chez lui que Calvin commença à tenir des

* Calvin. Conire les Libertins, ch. iv.

assemblées, secrètes d'abord, puis presque publiques. Des gens de toute condition venaient grossir sa petite Église, que la persécution pouvait, en un jour, noyer dans le sang. Il avait, quant à lui, accepté enfin sa tâche ; il paraissait s'y consacrer tout entier.

Ce ne fut donc pas sans surprise qu'on lui vit publier, en cette même année 1832, un livre totalement en dehors des questions brûlantes du moment, — son Commentaire sur le De Clementiâ de Sénèque. Plusieurs de ses historiens n'ont pas pu se résigner à cette espèce de parenthèse ; ils ont voulu que le but caché de l'ouvrage fût de porter François I" à se montrer moins rigoureux envers les protestants, et on a fait de grands efforts pour trouver, dans le livre, des traces de cette intention. Or, Fauteur, dans ses lettres les plus intimes, ne dit rien de semblable ; rien non plus de semblable dans ses ouvrages postérieurs, où il aurait eu tant d'occasions de rappeler le vrai sens de celui-là. Cette intention, d'ailleurs, s'il l'avait eue, ce n'est pas sous cette forme qu'il l'au-

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