‹ CalvinChapitre 167 sur 212 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

Dieu lui a mis au cœur cette grande œuvre. Dépositaire de l'autorité royale, il peut « réprimer par le glaive » ceux qui s'opposeraient à ses projets; mais, le grand moyeu, c'est de faire en sorte que l'Évangile porte tous ses fruits de sainteté, et que a ceux qui font profession de l'Évangile soient vraiment réparés à l'image de Dieu. » Pour cela, trois choses sont nécessaires : Pureté de la doctrine, extirpation des abus, correction des vices.

Sur le premier point, un seul principe est réellement fécond, et tout doit y être ramené : c'est celui de la justification par la foi. Mais la fécondité de ce principe dépend de la manière dont on le prêche ; et ici vient une belle page sur ce que doit être ou ne pas être une prédication vraiment chrétienne. Il faut que le peuple soit « touché au vif, )> et Calvin craint qu'il n'y ait encore « bien peu de prédication vive» en Angleterre. Or, « vous savez. Monseigneur, comme saint Paul pêirle de la- vivacité qui doit être en la bouche des bons ministres de Dieu, qui ne doivent point avoir une parade de rhétorique pour se faire valoir, mais que l'Esprit de Dieu doit résonner en leur voix. » Qu'on ait donc c( de bonnes trompettes qui entrent jusques au profond des cœurs, car il y a danger que vous ne voyiez pas grand profit de toute la réformation que vous aure^ faite, quelque bonne et sainte

qu'elle soit, sinon que cette vertu de prédication soit déployée quant et quant. »

Sur le second point (les abus), un seul principe est aussi à poser : c'est de revenir pleinement à l'Écriture et aux vraies traditions apostoliques. Sans nommer Henri YIII, qu'il ne pouvait directe* ment prendre à partie sous le règne de son fils, Calvin demande qu*on proscrive tout ce qu'il avait conservé du romanisme, tous les accommode* ments qu'il avait imaginés entre le romanisme et l'Évangile, a Rien qui déplaise plus à Dieu que quand nous voulons par notre prudence humaine modérer ou retrancher, ou avancer ou reculer, outre {au delà de) sa volonté. » La Réformation doit être l'œuvre de Dieu; si ce n'est pas la Parole de Dieu qui règle souverainement ce qu'on doit conserver ou abolir, la Réformation n'est plus qu'œuvre d'homme, fragile et vaine comme toute œuvre d'homme.

Sur le troisième point (les vices) , un seul principe encore : réprimer tout ce qu'on pourra réprimer, punir tout ce qu'on pourra punir. Même logique et même erreur ici que dans les lois données par lui à Genève. Même logique : Yous punissez, dit Calvin, les crimes commis contre les hommes; pouvezvous ne pas punir les crimes commis contre Dieu ? Même erreur et même danger : En punissant les

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