‹ CalvinChapitre 169 sur 212 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

achever Tœuvre de la Réforme ; soû ton, bien qu*il n'oublie jamais' que c'est à un roi qu'il parle, est celui d'un ami, d'un père. Une autre lettre, écrite l'année suivante, est plus paternelle encore. Calvin dédie au jeune roi une a brève exposition du psaume 87, » espérant, lui dit-il, « que vous y prendrez plaisir, et que la lecture aussi vous en profitera. » L'idée lui en est venue, ajoute-t-il, un jour qu'il prêchait sur ce psaume, « L'argument me sembla tant propre pour vous, que je fus ému incontinent d'écrire la somme. » Les rois sont en danger d'oublier le royaume des cieux : a or, au psaume présent, il est parlé de la noblesse et dignité de l'Église, laquelle doit tellement ravir à soi grands et petits, que tous les biens et honneurs de la terre ne les retiennent... » L'Église^ ici, c'est donc l'Église spirituelle, la chrétienté sainte et sans tache, le royaume des deux, soit sur la terre, soit au ciel. Être roi, c'est beaucoup; être chrétien, simple sujet dans cet autre royaume, c'est davantage, et infiniment davantage. « C'est donc , poursuit Calvin, un privilège inestimable que Dieu vous a fait. Sire, que vous soyez roi chrétien, » roi parmi les hommes, sujet du Christ. Mais à ce privilège sont attachés de grands devoirs. Le jeune roi les connaît; c'est à lui « d'ordonner et de maintenir le royaume de Jésus-Christ en Angleterre. » La tâche

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sera peut-^tre rude ; que ce psaume lui serve « de confirmation et de bouclier, » et que Dieu, le roi des rois, le fasse a prospérer et fleurir à la gloire de son nom, »

Calvin était aussi en correspondance avec rbomme que sa charge et sa piété désignaient comme le principal ministre des pieux desseins d'Edouard VI, — Cranmer, le primat d'Angleterre.

Cranmer, sous la capricieuse et terrible main d'Henri YIII, avait eu quelques moments de faiblesse ; mais il était de ceux qui avaient poursuivi, dès le début, à travers la réformation royale, la pensée d'une réformation vraie, sérieusement chrétienne, celle dont Calvin était le représentant et comme l'incarnation. Or, pour mener à bien cette grande œuvre, plus d'unité lui paraissait nécessaire, non en Angleterre seulement, mais dans tout le monde Réformé. En 1582, voyant l'armé^ papale serrer ses rangs, il voudrait que la Réforme serrât aussi les siens, «c Pour unir les Églises et protéger le troupeau de Christ, rien n'est plus puissant, écrit-il au réformateur, que l'harmonie de la foi. Je voudrais donc que des hommes pieux et savants se réunissent pour conférer ensemble sur les principaux points de la doctrine. Nos ennemis tiennent maintenant leurs conciles h

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