‹ CalvinChapitre 174 sur 212 · LIVRE 0UATR1ÉME · texte numérisé non relu

LIVRE 0UATR1ÉME

entendre dire par un autre, sagement, clairement, ce qu'on a pensé soi-même ou ce qu'on voudrait avoir pensé.

La publication des Commentaires avait été plusieurs fois interrompue par celle d'autres ouvrages que réclamaient les circonstances du dedans ou du dehors. Nous indiquerons les principaux«

En 1847, Calvin eut à écrire à Téglise de Rouen, que troublaient les doctrmes du panthéisme hbertin, préchées par un ancien moine. «Je ne dois point dissimuler ni me taire, dit-il dans Tintroduction de cet écrit, quand j'entends que le nom de Dieu est blasphémé quelque part. »

C'est l'idée qu'il exprime encore, l'année sui*vante, en reprenant la plume, non contre un moine obscur, mais contre l'assemblée fameuse dont les décrets allaient devenir l'Évangile de Rome. Rien encore, il est vrai, n'annonçait un tel résultat. Ouvert, après de longs délais, en 1^6, le concile de Trente se traînait misérablement avec un tout petit nombre de prélats, vingt-cinq d'à-

bord, puis un peu plus, presque tous Italiens, et visiblement embarrassés de ce grand nom d'œcuménique dont on avait décoré le concile. L'Église romaine a si bien su oublier et faire oublier ces pieds d'argile du colosse, qu'il est curieux de voir ce que pouvait en dire, sans risquer d'être contredit, un contemporain bien informé. Ces quelques évêques affublés du nom de concile œcuménique, Calvin demande s'il y a au moins parmi eux quelque nom connu, quelque théologien de quelque poids. Ignorés dans leurs obscurs diocèses, il leur a donc suffi « de changer d'air » pour devenir la lumière du monde? Leurs décrets, d'ailleurs, ce ne sont pas eux qui les rédigent ; lé vrai concile de Trente est composé des quelques moines que les évêques ont amenés pour leur faire faire la besogne. Puis, le concile fûl-il composé de mille évêques, les droits qu'il s'attribue ne seraient pas mieux fondés en saine doctrine et en histoire. Où a-t-on vu que les premiers conciles s'attribuassent rinfaillibilité ? Quand ils se la seraient attribuée, les erreurs qu'enseigne celui-ci prouveraient assez qu'ils ont eu tort. Calvin, alors, passe en revue tous les décrets publiés. Il montre qu'après avoir proclamé, comme sources de la foi, l'Écriture et la tradition, le concile n'a réellement puisé que dans la seconde ; encore a-til décrété plus

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