LIVRE QUATRIÈME
La même année vit parattre son Avertissement contre V astrologie qu'on a]^eUe judiciaire^ et autres curiosités qui régnent aujourd'hui dans le monde. Un auteur du dix-neuvième siècle ne parlerait pas de ces folies avec plus de mépris que ne fait Calvin. Mais il ne veut pas qu'on se contente de les prendre en pitié ; il sait que cela n'etnpéche pas toujours d'y revenir. « Quel remède donc, dira-t-il, pour obvier à tels inconvénients?... Que chacun regarde à quoi il est appelé, pour s'appliquer à ce qui sera de son office. Que gens de lettres s'adonnent à choses bonnes et utiles, et non point à curiosités frivoles, qui ne servent que d'amuse-fols. Que grands et petits, savants et idiots, pensent que nous ne sommes point ici pour nous occuper à choses inutiles, mais que la fin de nos exercices doit être d'édifier et nous et les autres en la crainte de Dieu.» — Ainsi, toujours la vie pratique; toujours le mal chassé, quel qu'il soit et où qu'il soit, par le sentiment du devoir et l'accomplissement des devoirs.
C'est encore l'idée dominante d'un écrit qui pa-
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rut Tannée d'après, le Traité des scandales qui empêchent aujourd'hui beaucoup de gens de venir à la pure doctrine de VÉvangile^ et en débauchent d^autrès. — Le mot scandales est pris ici dans son ancien sens évangélique ; il désigne tout ce qui pouvait fournir aux indifférents, aux tièdes, ou des prétextes pour ne pas se donner à rÉvangile, ou des occasions de le renier. En dédiant ce livre à son ami Laurent De Normandie : « Monsieur et bienaimé frère, disait Calvin, comme ainsi soit que déjà de longtemps, pour beaucoup de raisons, je vous eusse voué et dédié en mon cœur quelqu'un de mes livres, j'ai voulu choisir celui-ci entre les autres, pour ce que votre exemple peut servir de grande confirmation à la doctrine qui y est contenue. Car depuis qu'ayant de votre bon gré abandonné le pays de votre naissance, vous êtes ici venu pour y habiter- comme étranger, vrai est que vous et moi pouvons rendre témoignage des assauts que Satan vous a dressés. » Et en effet, à peine arrivé à Genève, M. De Normandie avait reçu la nouvelle de la mort de son père, tué, disaiton, par le chagrin de voir son fils protestant. Deux mois après, sa femme, venue avec lui, lui était enz levée par la mort, ^t cette nouvelle épreuve n'était, avait-on dit encore, qu'un châtiment de son apostasie. Mais lui, il n'y avait vu, au contraire, qu'une