LIVRE QUATRIÈME
raison de plus pour s'attacher invinciblement à l'Évangile.
C'est ce sentiment que Calvin voudrait inculquer à tous les hommes. Épreuves, contradictions, calomnies, luttes extérieures, luttes intimes, scarvdales, enfin, puisque ce mot comprend tout, voilà ce qu'il passe en revue, toujours concluant que rien ne saurait nous excuser de n'être pas sous le drapeau du Christ. Il range les scandales en trois classes. Les premiers sont ceux que notre cœur a le malheureux talent de trouver dans l'Évangile même, difficultés, obscurités, choses répugnant à nos penchants, à notre orgueil surtout; bref, la folie de la croix, comme disait l'apôtre. Les seconds ne sont pas dans l'Évangile , mais, en quelque sorte, tout autour, espèce de barrière que les indifférents sont tout heureux de' rencontrer. A cette classe appartiennent les querelles religieuses, les désordres de l'Église ou de ses ministres, le despotisme papal, les erreurs, les superstitions, les absurdités qui ont pu être préchées au nom du Christ, et dont on le fait responsable pour se dispenser d'aller à lui. La troisième classe, enfin, comprend les ennuis, les opprobres, les dangers auxquels on s'expose en se déclarant pour l'Évangile. Cette partie, la moins actuelle aujourd'hui, l'était alors le plus ; mais Calvin y fait rentrer toutes
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les objections yulgaires faites à la Réfonne, et, comme ces objections n'ont guère changé, il y a là beaucoup de choses non moins actuelles pour nous que pour les lecteurs du temps. Ce livre, en somme, est un des plus soignés et des plus complets de Calvin.
Les mêmes idées se retrouvent , sous une forme encore plus pratique, dans les Quatre sermons trair tant des matières fort ulUes pour notre temps.
« Quoique j'aie écrit par ci-devant, dit-il dans la préface, deux traités assez amples pour montrer qu'il n'est pas licite à un chrestien, quand il vit en la papauté, de faire semblant en quelque façon que ce soit de consentir ou adhérer aux abus, superstitions et idolâtries qui y régnent, toutefois il y a tous les jours gens qui m'en demandent conseil de nouveau... et il y en a aussi d'autres qui ne cessent d'alléguer leurs répliques et subterfuges contre ce que j'en ai écrit... » — Calvin pense donc ne pouvoir mieux faire que de publier un sermon qu'il a prêché sur ce sujet, et auquel il en ajoute trois autres qui ne laisseront, espère-t-il, aucun point indécis.
11 démontre, dans lé premier, l'obligation de fuir Vidolâtriey c'est-à-dire toute participation extérieure à un culte qu'on n'approuve pas dans son cœur. Rien, selon lui, n'est indifférent en fait de