LIVRE QUÀÏHIÉME. 43d
êtitatné la lutte, et, cela, dans les termes les plus injurieux pour l'Église de Genève.
Calvin n'ayaît donc pas réussi à faire admettre en Allemagne ses idées sur la Cène ; la mort de Luther avait rompu son projet d'atteindre les disciples par le maitre, et, le maître mort, les disciples étaient plutôt moins disposés encore à dévier de ses doctrines. Calvin, alors, tourna tous ses efforts du côté des Églises suisses. Nous l'avons vu, en 1540, les rassurer sur les progrès qu'on l'accusait d'avoir faits yers la doctrine luthérienne. Les mêmes craintes s'étant renouvelées en 1549, il se rendit à Zurich avec Farel et demanda une conférence aux pasteurs. 11 leur montra que sa doctrine n'était point en opposition, au fond, avec celle de Zwingli, à laquelle il ne faisait qu'ajouter un élément spirituel, mystique, admis de tout temps, en fait, par tous les zwingliens pieux, y compris très-certainement leur maître. « Christ étant la vérité même, avait dit Calvin dans son Catéchisme, il ne nous donne pas seulement, dans ce repas sacré, une figure et des promesses, mais il nous fait participants de sa propre substance, et nous unit avec soi en une même vie. » Zv^^ingli, pour couper court à tout danger de romanisme, avait fait de la Cène, en théorie, un simple mémorial de la mort du Sauveur; mais ce mémorial, disait
Calvin aux pasteurs de Zurich, ne peut pas ne pas avoir, en pratique, dans l'âme du fidèle, une efficacité plus intime et plus puissante. Pourquoi refuserait-on de mentionner cette union sainte que la Cène établit entre le fidèle et son Sauveur ? — On put donc rédiger une confession commune, que signèrent, plus tard, les autres Églises de la Suisse. Ce résultat réjouit fort Calvin, et, au milieu de ses épreuves, car c'était peu de semaines après la mort de sa femme, il en remercia Dieu comme de la consolation la plus précieuse qui eût pu lui être accordée.
Nous arrêterons-nous pour jeter encore un coup d'œil sur la vie et les travaux de Calvin pendant cette période ?
Que nos lecteurs veuillent bien repasser plutôt eux-mêmes le récit que nous leur en avons fait, et s'ils se rappellent, en même temps, que nous avons omis beaucoup de choses, que, en particulier, nous n'avons donné aucun détail sur les occupations du pasteur et du professeur, que, enfin, nous n'avons rien dit de sa santé, toujours plus misé-