‹ CalvinChapitre 194 sur 212 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

tantisme français, bornons-nous à quelques faits principaux.

En 1561 eut lieu le fameux colloque de Poissy, convoqué par la cour de France dans l'espoir chimérique d'un accommodement entre le catholicisme et la Réforme. Calvin, à qui tout le monde avait d'abord songé, mais que le Conseil de Genève refusa de laisser partir, y fut remplacé par l'homme que l'on commençait à considérer comme son futur successeur, Théodore de Bèze. Nous avons la lettre que le Conseil écrivit, à cette occasion, au roi de Navarre, assez protestant en ce moment, et qui mettait un grand intérêt à cette affaire. <c Quant à spectable Théodore de Bèze, notre bon pasteur et ministre, nous, sommes contraints de vous confesser, Sire, que ça bien été à notre grand regret qu'il a entrepris ce voyage... car nous savons quel dommage supportera tant l'Église que l'école pour son absence. Mais s'il plaît à Dieu que son travail apporte tel fruit, nous savons bien qu'il nous convient oublier tout regard particulier... et vous prions. Sire, qu'il vous plaise prendre en garde une partie de nos trésors, en la personne de celui qu'il n'est besoin de vous recommander. » Ces paroles si honorables pour Théodore de Bèze nous montrent quelle position il s'était faite à Genève, où il n'était ce-

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pendant que depuis deux ans ; mais la lettre avait été rédigée par Calvin, et nous montre aussi, par conséquent, combien Calvin était loin de tout sentiment de jalousie. Ce que le Conseil aurait pu dire de plus flatteur sur lui, Calvin, c'est lui qui le fait dire au Conseil sur un collègue que Poissy allait déjà tant mettre en relief. Même remarque sur toutes ses lettres à Bèze pendant le séjour de Bèze en France. « Tu ne saurais croire, lui écrit-il une fois, combien le Conseil est tourmenté, n'osant presque plus espérer que tu lui reviennes. » Une autre fois : « Tant que tu ne me seras pas rendu, toujours il me semblera que quelque chose me manquç. »

On a souvent rappelé le mot du cardinal de Lorraine après le premier discours de l'orateur des protestants : « Plût à Dieu qu'il eût été muet, ou que nous eussions été sourds ! » Mais être sourd est chose facile, pour peu qu'on en ait bien envie ; et qui en avait plus envie que le cardinal de Lorraine? Le colloque, comme on aurait dû s'y attendre, ne servit qu'à montrer l'abîme qui séparait les deux Églises. Mais le jeune roi, Charles IX, ou plutôt la reine-mère, avait montré des dispositions moins hostiles, presque favorables, et nous voyons Calvin , dans une lettre à l'amiral, indiquer un des résultats à poursuivre : c'était que le

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