‹ CalvinChapitre 199 sur 212 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

avons souvent citée, et qui renfermer à peu près tout ce que nous savons, par lui, de son histoire et de sa vie intime. Habitué, comme nous l'avons vu, à mener de front l'étude des "Saints Livres et celle de son propre cœur , Tétude des Psaumes lui fut particulièrement attrayante et fructueuse. « Si la lecture de ces miens Commentaires, dit-il, apporte aussi grand avancement à l'Église de Dieu comme j'y ai senti de profit en mon endroit en les écrivant, je n'aurai point d'occasion de me repentir d'avoir entrepris ce labeur... J'ai accoutumé de nommer ce livre une anatomie de toutes les parties de l'àme... Le Saint-Esprit a ici pourtrait au vif toutes les douleurs, tristesses, craintes, doutes, espérances, sollicitudes, perplexités, voire les émotions confuses desquelles les esprits des hommes ont accoutumé d'être agités... Au reste, si les lecteurs viennent à sentir quelque fruit et profit de ces Commentaires, je veux bien qu'ils sachent que l'expérience que j'ai eue par les combats esquelsle Seigneur m'a exercé, encore qu'elle n'ait pas été des plus grandes, m'y a toutefois grandement servi. » Il nous raconte comment l'histoire même de David lui a été une perpétuelle occasion de retours sur lui-même. David, gardeur de troupeaux, puis roi d'Israël, lui est une figure des dispensations de la Providence envers lui, Calvin,

parti de si bas, et devenu... Quoi? Vous croyez peut-être qu'il va prendre le côté 1i.umainement glorieux de la comparaison, et voir dans la royauté de David un type de sa royauté à lui, comme chef spirituel de bien plus de chrétiens que David n'eut de sujets? Nullement. Cette belle et haute dignité à laquelle il bénit Dieu de l'avoir élevé, c'est tout simplement celle de « ministre et prêcheur de l'Évangile. » Il ne connaît pas de plus beau titre, et, quand il parle de a petits et bas commencements, » il n'a point en vue le temps où il était inconnu, mais celui où, déjà connu, déjà sur le chemin de la fortune et de la gloire, il ne connaissait pas la vérité ou commençait à peine à l'entrevoir. Ainsi, même quand il parait se mettre en scène, ce n'est encore qu'un chrétien se plaçant devant Dieu, devant la Parole de Dieu, pour étudier, dans sa vie, la vie humaine, et, dans son cœur, le cœur humain. Le Commentaire sur les Psaumes est un chef-d'œuvre d'analyse morale et religieuse.

Ces mêmes années virent paraître plusieurs séries de sermons, recueillis aussi , la plupart, par ses amis, car il improvisait toujours, mais publiés sous ses yeux et probablement revus par lui.

Une première série, sur l'Épître aux Galates, avait déjà paru en 1552; la deuxième, sur deux chapitres de la première Épitre aux Corinthiens,

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