‹ CalvinChapitre 28 sur 212 · IV. — Des Sacrements (le Baptême et la Sainte- Cène · texte numérisé non relu

IV. — Des Sacrements (le Baptême et la Sainte- Cène

V. — Des Sacrements (fausseté des cinq autres que l'Église romaine a ajoutés).

VI. — De la Uharté chrétienne (pouvoir ecclésiastique, administration civile, etc.).

Ce n'était donc, en somme, qu'un catéchisme ; mais ce catéchisme avait en soi tous les éléments du rôle immense que V Institution Chrétienne allait jouer dans l'Église.

D'abord, il répondait à un besoin général. L'i-

* Préface sur les Psaumes.

UYRE PREMIER. 69

dée d'un semblable livre nous parait aujourd'hui si simple, qu'on s'étonne qu'il fût encore à faire, et que Luther, en particulier, ne Teût pas fait. Les Loci Communes de Mélanchthon, publiés en 1521 et traduits plus tard en français par Calvin lui-même, n'étaient encore que de la scolastique; la vie nouvelle est au fond, mais la méthode est celle du moyen âge, à peine modifiée par l'onction et la piété de l'auteur. En 1525 avait paru le •livre de Zwingli, son Commentarius de verâ et faUâ Religione^ et, quoique se dégageeuit de la méthode des Lod, l'auteur est encore loin de donner une dogmatique complète, à la fois précise et vivante. Nul, cependant, n'avait songé à lui en faire un reproche, pas plus qu'à Mélanchthon ou à Luther. C'est que le besoin même d'une dogmatique semblable avait à se former, auparavant, dans les esprits, dans les coeurs. Alors on la demanderait; alors on irait avec joie au-devant de qui la donnerait.

Ce mouvement avait marché plus vite en France qu'en Allemagne. Calomniés ou non, appelés ou non à dire ce qu'ils croyaient, les Réformés de France voulaient pouvoir se le dire à eux-mêmes, non pas seulement point après point, ce que beau- ' coup auraient pu faire, mais sous la forme plus satisfaisante et plus solide d'un système, d'un tout,

ce que n'avait encore fait ni pu faire aucun d'eux. Le succès de V Institution dans tous les pays protestants montra bientôt que le même besoin était partout, même là où la foi était déjà officiellement fixée. On voulait plus et mieux qu'une confession de foi. On attendait un livre qui en fût une, mais accompagnée de tout ce qui serait nécessaire pour la comprendre et la défendre. V Institution fut ce livre. Elle donna aux Églises nouvelles le sentiment définitif de leur légitimité, de leurs droits et de leur force. Avec cette exposition claire et concise du christianisme apostolique, cet appel vigoureux à l'Écriture, cette hautaine fermeté à tracer la limite entre les traditions humaines et les vérités révélées, Calvin, en quelque sorte, scella du sceau de Dieu tout ce qu'avait fait la Réforme, et la lança, pleinement rassurée, vers toutes les conquêtes qui s'offraient à son zèle.

Nous ne jugeons pas ; nous constatons. Si nous jugions, il y aurait peut-être des remarques à faire sur cette souveraine autorité que s'arrogeait le réformateur. Mais il était l'homme nécessaire ; et quand nous voyons la Réforme l'adopter, l'admirer, est-ce à nous de venir, après trois siècles, calculer froidement si elle a eu raison ou tort d'abdiquer pour un temps entre ses mains? Les correspondances de l'époque fourniraient mainte

Page 1