‹ CalvinChapitre 30 sur 212 · LIVRE PREMISR · texte numérisé non relu

LIVRE PREMISR

ques détails qui précèdent, les uns tout à fait généraux, les autres purement bibliographiques. L7n«titution Chrétienne est plus qu'un livre : c'est une portion importante de la vie de Calvin, ou, pour mieux dire, une portion de Calvin lui-même, si ce n'est Calvin tout entier. Essayons donc d'en donner au moins une idée.

Le but du livre, ou, si on veut, le problème à résoudre, était celui-ci : « Appliquer régulièrement à la dogmatique chrétienne le principe de la justification par la foi, remis en lumière par Luther, et. reconnu comme la seule base vraie, possible, d'une réformation de l'Église, dans le sens le plus large de ce mot. »

Cette solution, Calvin Ta cherchée et trouvée dans un développement complet de la doctrine du salut au point de vue de la conscience humaine, mise successivement en présence des quatre manifestations divines qui ont à agir sur elle, révélation dans le Père, dans le Fils, dans le Saint- Esprit, dans la communion de l'Église.

De là quatre parties qui sont encore confuses

dans les premières éditions, mais qui allèrent se séparant toujours mieux, et qui finirent par former les quatre livres de l'ouvrage : Connaissance de Dieu et. de son œuvre créatrice, de Jésus-Christ et de son œuvre rédemptrice, du Saint-Esprit et de son œuvre de régénération, de l'Église, enfin, Corps de Christ^ comme dit l'apôtre, dépositaire des moyens de grâce et de salut, mais non pas de telle sorte qu'elle puisse sauver personne sans

qu'il y ait cœur nouveau, régénération par le Saint-Esprit.

Le premier livre traite donc de la connaissance de Dieu « en titre et qualité de créateur et souverain gouvert^eur du monde. » Mais, dès les premières lignes, c'est en regard de la conscience que l'auteur se place et nous place. Le résumé de la vraie science religieuse, c'est « qu'en connoissant Dieu, chacun de nous aussi se connoisse, » et nul, d'autre part, ne se connaîtra lui-même « jusqu'à ce qu'il ait contemplé la face de Dieu, et que, du regard d'icelle, il descende à regarder à soi. » Mais qu'est-ce que connaître Dieu? Ce n'est pas sonder sa nature ; c'est l'adorer, l'aimer, le craindre. Les lumières naturelles auraient suffi pour cela ; le péché les a éteintes. Une révélation a donc été nécessaire ; un livre la contient, car il a été nécessaire aussi que Dieu « eût ses registres authentiques

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