‹ CalvinChapitre 32 sur 212 · LIVRE tREMlEft · texte numérisé non relu

LIVRE tREMlEft

Exîste-t-il une liaison réelle, effective, entre la foi et l'œuvre du salut, opérée par Jésus-Christ hors de nous? Non. Il faut un agent qui mette en contact les deux choses ; cet agent, ce sera le Saint- Esprit. A lui donc de créer en nous la faculté de posséder autre chose qu'une notion abstraite et historique du salut; c'est avec Jésus même, l'auteur du salut, que l'âme sera mise en relation, en contact, ou, mieux encore, en communauté de vie. Ainsi s'appropriera-t-elle, non l'idée, mais la substance même du salut.

Voilà donc, à la fois, la théorie et le grand précepte. Le salut, c'est la vie en Christ ; point de salut pour qui ne vit pas en Christ. Mais si la foi, sans l'opération du Saint-Esprit, ne mène à rien, il n'en est pas moins nécessaire, pour que le Saint-Esprit agisse en nous, qu'elle aille au-devant de cette action toute-puissante, ou, pour mieux dire, que le Saint-Esprit commence par la transformer ellemême en une force, en une vie. Ce n'est qu'alors qu'elle est véritablement la Foi ; jusque-là, c'est simple croyance.

C'est par cette même action du Saint -Esprit que

la repentance devient féconde. Elle ne serait, sans

cela, que le repentir^ chose tout humaine ; il faut

qu'elle devienne une régénération, chose divine.

De la foi et de la repentance, ainsi fécondées,

résulte la vie chrétienne. Comment se développe cette vie? Calvin nous le montre en cinq chapitres qui suffiraient à prouver combien cette vie, chez lui, était réelle, profonde, malgré l'apparente sécheresse de sa théologie et de son cœur.

Cela dit, et si bien dit, la doctrine de la justification par la foi se trouve tout établie, et Calvin n'a plus qu'à l'expliquer. C'est ce qu'il fait en huit chapitres, non sans montrer, quand le sujet l'y appelle, comment sa théorie a répondu d'avance à toutes les objections. Il la f éprend ensuite en vue d'une des principales manifestations de la vie chrétienne, la prière. Ce chapitre est un des plus riches, un des mieux marqués au sceau de l'expérience chrétienne. .

Vient enfin la redoutable doctrine qui allait s'étendre comme un voile, et, aujourd'hui, presque comme un linceul, aux yeux de beaucoup de gens, sur toute la théologie calviniste, — la doctrine de la prédestination.

L'existence du mal, le salut des uns, la condamnation des autres, les circonstances qui acheminent

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