‹ CalvinChapitre 41 sur 212 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

le pain soit enclos le corps du Christ... Celui étoit Père qui maintient qu'il ne faut dénier au peuple chrétien le sang de son Seigneur, pour la confession duquel il doit épandre son sang... Celui étoit Père qui affirme que c'est témérité de déterminer de quelque chose obscure sans clairs et évidents témoignages de l'Écriture... Celui étoit Père qui a soutenu le mariage ne devoir être défendu aux ministres de l'Église... Celui étoit Père, et des plus anciens, qui a écrit qu'on doit écouter un seul Christ, et qu'il ne faut avoir égard à ce qu'auront fait ou dit les autres avant nous, mais seulement à ce qu'aura commandé Christ, qui est le premier de tous...» Et les noms se pressent en note au bas de la page ; et Calvin ne s'arrête qu'en disant que « mois et années se passeroient à réciter ce propos, » s'il voulait c< annombrer » combien hardiment l'autorité des Pères est rejetée, en fait, par leurs soi-disant « obéissants enfants. » Vient ensuite la grande question de l'Église, qu'il importait le plus de bien expliquer au roi. N'était-ce pas surtout en lui faisant apercevoir, dans toute révolte religieuse, une révolte politique, qu'on l'avait armé contre la Réforme? Calvin pose donc en principe qu'une accusation de révolte ne peut venir qu'après une démonstration claire des droits de l'autorité attaquée. On veut,

dit-il, nous faire a\ouer, ou que nous attaquons l'Église , l'Église légitime et vraie , ou que cette Église avait disparu jusqu'à nous, chose contraire aux promesses formelles du Sauveur. « Certes, répond-il, TÉglise du Christ a vécu et vivra tant que Christ régnera à la droite de son Père. » Mais a-t-elle été et sera-t-elle toujours visible, toujours reconnaissable au nombre de ses adhérens et à la puissance de son organisation? « C'est là que g!t notre controverse. » Nos adversaires c< ne sont pas contents si l'Église ne se peut toujours montrer au doigt. Mais combien de fois est-il advenu qu'elle a été tellement déformée, entre le peuple judaïque, qu'il n'y restoit nulle apparence?... Combien de fois, depuis l'avènement du Christ, a-t-elle été cachée sans forme? Combien souvent a-t-elle été tellement opprimée par guerres, par séditions, par hérésies, qu'elle ne se montroit en nulle part? » Et il cite, en effet, une foule d'occasions où la véritable Église n'a été, comme nous dirions aujourd'hui, qu'une infime minorité. «Vous vous arrêtez aux murailles, cherchant l'Église de Dieu en la beauté des édifices... Les montagnes et bois, et lacs, et prisons, et déserts, et cavernes, me sont plus sûrs et de meilleure fiance. » Alors arrive une nouvelle peinture de ce que sont réellement, sous cette grande pompe de hiérarchie et

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