LIVRE PREMIER
de VOUS en faire montre, et, si ce tous est chose nouvelle, qu'il vous plaise la retenir. Ce sont les plus belles être unes que je vous puisse faire. » Ces étrennes^ c'était la médaille d'or que le roi Louis XII, père de la princesse, avait fait frapper à l'époque de ses démêlés avec le pape- Tout catholique et tout bon qu'il était, Rome l'avait forcé de se révolter, comme tant d'autres, contre ses tyranniques exigences, et la médaille ne promettait rien moins que la destruction de ce pouvoir devenu aussi odieux aux bons princes qu'aux mauvais. Perdant Babylonis nomen \ disait l'exergue. Renée . accueillit avec joie cette espèce de testament politique et religieux du roi son père. « Quant au présent et étrennes que vous m'avez envoyé, je vous assurq^que je l'ai vu et reçu volontiers, et n'en avois jamais eu de pareil. Et ai loué Dieu que le feu roi mon père eût pris telle devise. Si Dieu ne lui a accordé la grâce de l'exécuter, peutrêtre réserve-t-il quelqu'un de ses descendants pour l'accomplir. »
Elle survécut à Calvin, mais de plus en plus
fidèle à ses exhortations. Montargis fut une des
citadelles du protestantisme français, un refuge
^pour tous les persécutés, et Calvin avait déjà pu,
* J'anéantirai le nom de Babylone,
en 1668, écrire â la 'danie du châ^téàu : « Je saî bien que princesse hè rè'gàrdant que le monde auroit Honte et preiidrbit quaèi à injure qu'on appelât son château ûil Hôter-Di'eti. Mais je ne voùè sùurois fairfe plus ^radÛ honneur q\ie dé parler sàhsi... et souVenteâ fois j'ai pensé, Madame, que Dieii tous aVoit t-ésèrvé telles (éptétiVés sur totte Vïeillessè pour sfe payer des arréragés qtie Voué lui deviez à cause de votre timidité dii temps passé. >> Daiiâ iiii voyage qu'elle ifit au midi de là France, nous là vo^oiis visitant les Églises dti Dauphitié, dii Languedoc, réunissant et encburageani; lèà pastëiirè. A là Sàint-Barthélemy, elle était à Paris. Elle fîit tétïiôin du niàssacré , et s'ten retourna , le ccfeur brisé, ouvrir encotè son château, malgré les menaces de la cour, aux éichàppéè de ce jour néfaste. Elle y mourut trois ans après, et son testament est une des b'elles pages à citiet* dans l'histoire de là piété jiro testante. *
Noué vbiici bieti loin de 1836, bien loin des vingt-* sept ans de Charles d'Espeville arrivant à Ferrare ou s'en retournant à Bâle. Si nous avons siiivî Re-