LIVRE PREMIER
répondre qu*un mot : c'est que l'Église romaine Ta en exécration, lui, Calvin, avec qui Du Tillet s'est trouvé et se trouve encore, sur tant de points, en pleine communauté de sentiments. Comment Du Tillet arrange-t-il donc cela dans son esprit, dans son cœur? Ces scrupules venus au bout de trois ans, est-il bien sûr qu'il n'y entre aucun élément humain, aucun calcul, volontaire ou involontaire? Qu'il y prenne bien garde! a Les sacs mouillés dont nous avons coutume de nous couvrir devant les hoinmes, ne pourront pas porter la chaleur du jugement de Dieu.»
Le chanoine, dans sa réponse, n'aborde pas cette question, la seule importante cependant ; il ne sort pas du tableau des angoisses qui l'ont poursuivi, dit-U, jusqu'au moment où il en a fait cesser la cause. Calvin répond encore, mais pour dire qu'il s'en tient à sa précédente lettre, et, comme oubliant que Du Tillet n'est plus l'ami d'autrefois, il lui raconte ses chagrins de Genève, son exil à Bâle et à Strasbourg, où, dit-il, il attend ce que le Seigneur voudra faire de lui. Du Tillet, avec une maladroite charité, s'empare de ces confidences. Puisque les affaires de Calvin vont si mal, n'y aurait-il pas là quelque châtiment providentiel destiné à le ramener? « Je crois que vous avez à considérer, de votre paît, si Notre Seigneur ne vous veut point
atertir j)ar là de piensër s'il n'^ à rien eu à reprendre en votre ddniiiiistfation, et dé vous hiiniiliér eritei'â Itit, et qttë, î^àf fce moyen, lès grands dons et grâces qiie Notre' Seigneur vous à élargis soient droîtenièiit employée à sa giàitk et ait salut de ses élus. )) La réponse de Calviii est humble et ferme. Distinguant entre le réformafetir et l'homme, il commeiièé par' déclarer (^ue rhomiriê à'è^ dèpiiis longténips examiné devant t)îeu, recofïfiaissant ses fatités, supplîàîit Dieu de lui en dominer une \\i^ toiijom^^ plus clàirè et uit repentîf toujours pliià vrai. Mais le réformateur a une foi pleine, ihéBrârilable, eh sa mission et en son œuvre, iès obstacles et lès rëiers n'ont pas pii'oduit eii lui un seul m oirië'ïit d'iûciécièioh , et , s'il a échoué â èompriiher leâ tnàit^aîseë pàssioriè qui oiît fïhi par lé chasser de Gèîlèvè, ce li'eèt qu'une preuve, après mille autres', ^ît'îl y a iniriïitié entre le monde et l'Évangile, pour pe(t que TÉiàngile sôit fidèlemeiit prêché. « Je croie que voua avez estimé notre affliction être sttffi^ante p'odr ntife teéttré en pei'pléxitê extrême... 11 est vrai que j'ai été ^ràtidement aÔligé, iifsUè non |)als jusqtièè h dire : Je né ^aîé où sont lésvôîes dii Seigrieltr. )V Aii rèéte, pouf^ûit-il. Dieu jugera. «L'hn de th^'^t^ôYrff>\'îgfi6'r/s* éstmaintenart
< Le ministre Corautt, banni de Genève avec Calvin. Il venait t^ mourir à Orbe.