LIVRE PREMIER
deykiit t)i'eu poîirrënare «ômpte de laçasse qui iuî à été commune , avec nous... Cest là ou j'appelle de la sentence de tous lès sages. >>
Dii Tîllet resta parmi les sages ; Calvin persista dans la srloneuse folie de ceux qui ne voient, dans ce monde, que leur devoir et Dieu.
Nous l'ayons laissé quittant Fen^^re. La politique le faisait chasser comrrie Français ; l'Eglise, comme hérétique. Muratori affirnpe que l'jEçlise fit davantage, que le réformateur fut saisi dans sp. demeure, à côté du château ducal, et que déjà il çtait conduità Bojojgne^ où son propès^ devait s'instruire, lorsqu'il fut enlevé , comme, Luther, par des cavaliers masqués^ et rendu à la liberté. Le fait est-il vrai? Muratori déclare le tenir d'une personne qui avait lu, dit-il, les rapports de l'Inquisition. Si de nouvelles recherches amènent de çouveDes preuves, il y aura lieu d'admirer une, fois de plus ,1a réserve d'un homme gardant le silence sur des détails si importants et si dramatiques de sa vie.
D'autres détails, dont il n'a non plus jamais
parlé, ont été recueillis sur ce voyage, les uns certains, d'autres moins '. On suppose qu'il visita, à Modène, les Castelvetro , que Genève devait plus tard recueillir; la démolition de leur antique villa, près de Modène, a fait récemment découvrir une armoire cachée dans le mur, et renfermant plusieurs de ses ouvrages. Arrivé en Piémont, il y trouva de nombreux amis de la Réforme, et nous le voyons prêchant dans le val de Grana, près de Coni. Des femmes de Caraglian, ameutées par les prêtres, le chassent à coups de pierres. Même insuccès à Saluées. Traqué de lieu en lieu, il lui fallait du courage pour deux, car Du Tillet, on le pense bien, n'avait nul goût à ce rude apostolat. Ainsi atteignirent-ils Pignerol. Pourquoi Calvin n'alla-t-il pas voir les Yaudois ? Son passage dans leurs vallées fût devenu un de leurs grands souvenirs, une importante page de leur antique histoire. Us venaient de se rattacher au grand mouvement du siècle. Leur synode d'Angrogne avait accueilli avec bonheur les délégués de la Suisse évangélique, Farel et Saunier; ils attendaient peut-être celui dont le nom, déjà plus grand, était sûrement arrivé jusqu'à eux. Mais, soit qu'il fût pressé de rentrer en Suisse, soit qu'il eût appris en chemin
* Voir le travail de M. Jules Bonnet : Calvin au Val d*Àoste.