‹ CalvinChapitre 60 sur 212 · LITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LITRE DEUXIÈME

reprochés alors au clergé. Quelques évêques pieux avaient tâché d'arrêter le torrent ; les ordonnances d'Antoine Champion, en 1493, nous montrent un homme ami du bien, mais, en même temps, nous révèlent à quel incroyable excès le mal était arrivé. Ces ordonnances, comme tant d'autres essiais de réformation dans l'ÉgUse, n'aboutirent à rien; l'épiscopat de Champion ne fut qu'une parenthèse de cinq ans dans cette série de prélats qui donnaient, au contraire, l'exemple de tous les désordres. Que pouvait être, sous de pareils chefs, un clergé nombreux, oisif, riche, ignorant? Aussi, longtemps avant qu'il fôt question de Réforme et de Réformés, nous voyons le peuple se plaindre de la corruption des prêtres, et les magistrats, à sa requête, s'efforcer d'obtenir au moins quelque modération dans les scandales. Leurs registres nous ont conservé des détails qu'on refuserait d'admettre pour peu que l'authenticité en fût douteuse il semblerait impossible que la corruption ait jamais osé se produire avec une teUe audace. Profondément méprisé, même de ceux qui ne valaient pas beaucoup mieux, le clergé n'avait, à Genève, que des racines qui durent céder aisément au premier vent des nouvelles idées.

NôUs n'avons pas à raconter en détail comihent et 6<ms quèfHé foilnè ces idéêé pénétrèrent dans là vieille ville épîfecopale; Il ne serait pds fecîlé, d'àilletiré, d'asâignëi* une daté àiii toiif prefiiiers comnsencèfrilents ; plmient^ dés faits qù'dri cité comme ayant marqué, à Genève, les défeiits dé la Réforme, supposeilt ùri liiôtivemeiit antérieur, iine |)répar8ition déjà assez avancée. L'état du pays, èes luttes contre le pfoiivoi^ épiâco^pàl^ l'activité naturelle dés esprits, les Mettiori^ de Genève avec l'AÏIèniagné, oKt conduit à penser qiie la Réfomle avait eu des êcihôâ, dès l'origine, sur les bofds dti Lémaii.

Métis un^ idée s'imprègne nécessaireméfit toiijè^rs dé l'âtitidsphère dii elle se développe; elle peut, èélon le^ lieui, éti^é cm patràltre plus ou moins ditférètité d'elle-mêine. Que devîîit donc, à Geïiète, dariè ràtÉàosphère qtie iïoitè àvotiè décrite, ridée de k Réfermatîoii?

Bes hîstorieiis supérieiels, soit caîfl]tolîqile§, soit protestants, ont vu toute la Réfortnrftiôtï dans xt&ê seule cause : l'indignation soulevée par tant de scandales et d'abus. Us se trompaient. Non-seule-

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