‹ CalvinChapitre 61 sur 212 · LIVRE bBUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE bBUXIÈME

ment cette cause n'a pas été la seule, mais, daus plusieurs p^ys, elle ne fut que la cause apparente, l'occasion. Plus on a, de nos jours, creusé riiistoire des temps antérieure à là Réfbrmâtion, plus on s'est convaincu qtié la eàusë iritirtife et première fut vtii travail religiéiii, lentement accompli dans les esprits et datris les cbhsciences. Si vous vdttléz un tàbleâit complet et vivant de ce travail de pHifeièitrè siècles, prenez la jeùiifessé de Luther. Loli^itïps availt Taffaîrë dèâ indulgences, vous le voyez agité, tôiirflierité ; il fréttiirait à la pensée d'abandôxiriér le catholicisnie, bu, pour mietix dire, tëttè pëflsée te hû vient pds, né petit pas Itii veMr 5 et cependaiit il Sent que lé èathdlîcistaè ne le s^rtiâfdt pfhts, rië peut plt*s et ne poiifra plirs le satisfaire. Son âme s'élance, daùs les ténèbres, au detant d'ufie lumière qu'il pressent tieii plus ^ù'il ne i'eiitrévôit. Les indulgences né feront que liii ouvrir les yeux; et que Met là direction de ses regards jusque-îi incertain*. Ainèi en fut-il en France, en Aiigleterrë âiiSèi, pour plusîeiirs des premiers pfédîcateur* de la Réforme. Leé abus et les scandâtes he létif firent que l'ocCÉtsiori de se rendre cotnptè dit nSâI,puisde se prononcer ouverteniènt, et dé plfécher ëe qtié M méditation , la èoiiffratièe intimé, la BiHe surtoitt, élvaiént dejît aècompli dans lètii-s àmés.

Mais ce travail préliminaire n'avait pas été partout également profond ; Thistoire de Genève épiscopale en offre peu de traces. Si quelques hommes de ces temps connurent les angoisses d'un Luther ou les aspirations plus vagues de quelques-uns de ses devanciers, ils se turent, apparemment, ou on les força de se taire. Un moine, nommé Baptiste, qui avait osé élever la voix, fut livré à Tévêque par le duc, venu exprès à Genève, et le bûcher fit justice du Savonarole anticipé. C'était vers 1430. L'Église était assez puissante pour étouffer tout commencement de résistance, et, d'ailleurs, assez coiTompue pour que nulle idée évangélique, nul besoin de vie chrétienne et de foi pure , ne se développât, à Genève, dans son sein. Voilà pourquoi, quand on se mit à l'attaquer tout de bon, ce fut moins sur le terrain religieux que sur celui des abus, des désordres, des choses, en un mot, dont on pouvait s'indigner sans être soi-même fort chrétien, et sans s'inquiéter de le devenir.

Ajoutez, enfin, les éléments politiques qui entraient nécessairement, à Genève, dans la question. Comment, dans les attaques, séparer le prince temporel du prince spirituel? Comment ne pas faire servir ou les attaques temporelles contre l'oppresseur spirituel, ou les attaques religieuses contre l'oppresseur temporel? On peut regretter, sans

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