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LIVRE DEUXIÈME

admonestés, s'ils ne viennent à amendement, soient séparés de la communion des fidèles, jusques à ce qu'on y aura connu repenlance. »

XX. Ministres de la Parole. Point de pasteurs légitimes que « les fidèles ministres de la Parole de Dieu , » paissant les brebis de Jésus-Christ « en instructions, admonitions, consolations, exhortations. » Point d'autorité qui leur soit propre et personnelle; ils ne sont quelque chose que par la Parole de Dieu, « en laquelle ils ont puissance de commander, défendre, promettre et menacer, et sans laquelle ils ne peuvent et ne doivent rien attenter. »

XXT. Magistrats. L'autorité civile est « une ordonnance de Dieu. » Elle doit donc s'exercer au nom de Dieu et selon ses commandements; elle doit être respectée « en toutes les ordonnances qui ne contreviennent pas aux commandements de Dieu. »

Telle était donc la confession de foi qui fut présentée, en novembre, au Conseil dit des Deux Cents ^ soit Grand Conseil. Elle faisait partie d'un ensemble d' « Articles concernant le gouvernement de l'Église, » comme dit le registre, et cet ensemble fut adopté. Ce n'était pas encore une législation complète ; les règlements moraux joints à la confession de foi avaient plutôt pour but de con-

sacrer le principe, et ne songeaient pas encore à le suivre dans toutes ses applications.

Mais le principe était voté, et c'est ce que les réformateurs avaient voulu. Le gouvernement était investi par le Grand Conseil du droit de rechercher et de punir toute infraction aux lois chrétiennes ; les pasteurs étaient investis du droit de provoquer tous les règlements qu'ils jugeraient nécessaires, de signaler aux magistrats les délits, d'en poursuivre la punition. Les représentants du peuple venaient d'abdiquer en son nom entre les mains des chefs de l'Église, armés désormais légalement de toute l'autorité de l'Évangile, et, pour la soutenir, ne faisant qu'un avec les chefs temporels.

Vin

Il va sans dire que nous n'avons pas la pensée d'approuver sans réserve l'état de choses que ce jour vit inaugurer à Genève, ni, encore moins, de le présenter comme un idéal auquel nos législations doivent tendre.

Cet idéal, que Calvin allait bientôt poursuivre jusqu'en ses dernières applications, c'était celui

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