Livre deuxième
Ce catéchisme, plusieurs fois retravaillé par Calvin, était destiné à un grand rôle ; il allait être longtemps la vraie confession de foi de l'Église de Genève et de toutes les Églises se rattachant à elle, confession pratique, vivante, assez rigoureuse pour que les théologiens s'en contentassent, assez simple pour que les plus simples l'entendissent. Malgré sa brièveté, il n'est point sec ; la formule théologique n'arrive^ le plus souvent, que comme conséquence et résumé du sentiment chrétien, auquel l'auteur a d'abord fait appel. Voyez, par exemple, le début. Calvin ne commencera pas par demander : <ic Qu'est-ce que la religion? » — question qui amènera toujours, quoi que l'on fasse, une réponse un peu métaphysique ; il dira :
D. Quelle est la principale fin de la vie humaine?
R. C'est de connoître Dieu ' .
D. Pourquoi dis- tu cela?
R. Parce qu'il nous a créés et mis au monde pour être glorifié en nous. Et c'est bien raison que nous rapportions notre vie à sa gloire, puisqu'il en est le commencement.
D. Et quel est le souverain bien des hommes?
R. Cela même.
* Nous citons d'après l'édition de 1553.
D. Pourquoi Tappelles-tu le souverain bien ?
R. Parce que sans cela notre condition est plus malheureuse que celle des bêtes brutes.
D. Par cela donc nous voyons qu'il n'y a nul si grand malheur que de ne vivre pas selon Dieu?
R. Voire {certainement).
D. Mais quelle est la vraie et droite connoissance de Dieu?
R. Quand on le connolt à fin de l'honorer.
D. Quelle est la manière de le bien honorer?
R. C'est que nous ayons toute notre fiance en lui ; que nous le servions en obéissant à sa volonté ; que nous le requérions en toutes nos nécessités, cherchant en lui salut et tous biens; et que nous reconnaissions, tant de cœur que de bouche, que tout bien procède de lui seul.
Voilà la division du catéchisme. La fiance va amener tout ce qui se rapporte à la foi, l'obéissance tout ce qui se rapporte aux œuvres, les nécessités ^Xoni ce qui se rapporte à la prière, et le quatrième point tout ce qui se rapporte à la grâce, aux moyens de grâce, etc.
La grande question des œuvres lui sert de transition entre la première partie et la seconde. Il l'expose, en quelques réponses, avec une clarté parfaite, et toute objection tombe d'avance, «La