‹ CalvinChapitre 94 sur 212 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

Calvin, ravivé, leur faisait plutôt du tort, bien que Calvin eût écrit une lettre où il les recommandait à l'affection du troupeau. On refusa le serment. Deux d'entre eux, peu après, découragés par le peu de respect que beaucoup de gens leur témoignaient, quittèrent Genève. Le Conseil écrivit à Viret, pasteur à Lausanne, pour le prier de venir les remplacer, au moins pendant quelque temps, et Viret répondit qu'il allait faire son possible pour en obtenir l'autorisation. Mais l'appel de Yiret n'était qu'un acheminement à ce rappel dont la nécessité était maintenant reconnue à peu près par tout le monde.

Enfin, le 21 septembre, le Conseil charge Amied Perrin, un de ses membres, de a trouver moyen, dit le registre, s'il pourroit faire revenir maître Caulvin. » Perrin écrit; Farel, banni avec Calvin, lui écrit aussi, de Neuchâtel, pour le presser d'accepter. Calvin, devant cette porte qui se rouvre, n'aperçoit plus que les redoutables chances qu'on l'invite à courir; comme il n'admet pas même la pensée d'une modification dans ses tendances, d'un adoucissement dans ses rigueurs, il ne comprend pas que ces gens qui Tout chassé comme trop sévère puissent en venir jamais à s'accommoder de lui. Ils lui seront intolérables, écritil à Farel, et lui à eux. Tout sera à recommencer.

è24 càlViN.

et, cela, sans la confiance qui Tanimait la première fois. Et cependant, Dieu le préserve de refuser absolument ! S'il peut réellement faire quelque chose pour rÉglise de Genève, son devoir est d'accepter.

Les registres du Conseil nous tiennent, presque jour par jour, au courant de cette affaire, devenue la grande préoccupation des Genevois.

Le 13 octobre, arrêté d'écrire « à monsieur Caulvin » une lettre pour le prier c< de nous vouloir assister. » Le porteur de la lettre sera chargé de voir aussi les pasteurs de Strasbourg, les priant d'agir sur lui dans ce sens.

Le 19 octobre, en Conseil des Deux-Cents, arrêté, a afin que l'honneur et gloire de Dieu soient avancés, » de chercher tous les moyens possibles d'avoir « maître Caulvin pour prédicant. »

Le 20 octobre, en Conseil-Général, ordonné « d'envoyer quérir à Strasbourg maître Jean Calvinus, lequel est bien savant, pour être ministre évangélique en cette ville. »

Le 21, ordonné que le conseiller Amied Perrin parte avec un héraut de l'État pour aller chercher Calvin. On écrira aux Strasbourgeois, pour qu'ils ne s'opposent pas au départ du réformateur.

Le 22, on rédige la lettre qui lui sera portée. c< Monsieur notre bon frère et singulier ami, trèsaffectueusement à vous nous recommandons,

Page 1