‹ CalvinChapitre 95 sur 212 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

pource que sommes entièrement informés que votre désir n'est autre sinon l'accroissement et avancement de la gloire et honneur de Dieu et de sa sainte Parole. De la part de notre Petit, Grand et Général Conseil, lesquels de ceci faire nous font grandement admonester, vous prions très-affectueusement vous vouloir transporter par devers nous, et en votre pristine place et ministère retourner, et espérons en Taide de Dieu que ce sera un grand bien et fruit à l'augmentation de la sainte Évangile, voyant que notre peuple grandement vous désire, et ferons avec vous de sorte que aurez occasion vous contenter. »

Le 8 novembre, Louis Dufour, porteur de la lettre, écrit de Bâle que Calvin n'est pas à Strasbourg, mais à Worms, où se tient une diète « pour la réformation chrestienne »

Revenons donc un peu en arrière, et reprenons le séjour de Calvin à Strasbourg.

xvm.

Cette diète de Worms, où il se trouvait en novembre 1540, n'était pas la première à laquelle il eût assisté ; l'Église de Strasbourg l'avait déjà eq-

voyé, en 1639, à celle de Francfort, et, en cette même année 1840, à celle de Haguenau. Il nous serait trop long de raconter à quels événements se rattachait la convocation coup sur coup de ces trois grandes assemblées. On a de la peine, aujourd'hui, à se figurer ce mélange de questions si diverses, ces querelles sur la Cène s'enchevêtrant aux débats politiques, ces théologiens tenant leur diète à côté de celle de TEmpire, souvent effacée par la leur. Mais, à y regarder de plus près, rétonnemen.t cesse. La question religieuse était la première partout, en tout, et nul n'aurait songé à voir là une usurpation. Au fond, n'était-on pas dans le vrai? Et s'il en est autrement aujourd'hui, n'est-ce pas autant et plus encore par indifférence religieuse que par une entente plus juste de la séparation des deux domaines ?

Un jour, — c'était le 1" janvier 1841, à Worms, — Calvin repassait dans son esprit les redoutables chances de' cette guerre si compliquée, si longue déjà et si loin de toucher à sa fin. Le Christ, il ne peut en douter, vaincra ; mais quand ? Nul ne le sait. Mais le Christ n'est-il pas, même vaincu, toujours vainqueur ? Ne triomphe-t-il pas tout aussi glorieusement dans l'opprobre et la mort des siens que dans leurs succès parmi les hommes? — Cette idée saisit Calvin, Pour la première fois il

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