Chap. I
CALVIN
cœurs eUes touche au vif, pour les persuader que les prophètes ont fidèlement mis en avant ce qui leur était commandé d'en haut *. »
L'appel de Dieu, si nous le suivons (il faudrait dire, si nous sommes incités par lui à le suivre), produit en nous la foi. On s'attend bien à ce que Calvin rejette, avec tous les réformateurs, la foi ecclésiastique ou scolastique, qui consiste en une simple croyance, une adhésion de l'esprit aux dogmes sanctionnés par l'Eglise.
Est-ce là croire, de ne rien entendre, moyennant qu'on soumette son sens à l'Église ? Certes la foi ne gît point en ignorance, mais en connaissance, et icelle non seulement de Dieu, mais aussi de sa volonté. Car nous n'obtenons point salut à cause que nous soyons prêts de recevoir pour vrai tout ce que l'Église aura déterminé, ou pource que nous lui remettions la charge d'enquérir et connaître, mais en tant que nous connaissons Dieu nous être Père bienveillant, pour la réconciliation qui a été faite en Christ, et pource que nous recevons Christ comme à nous donné en justice, sanctification et vie. C'est par cette connaissance, et non point en soumettant notre esprit aux choses inconnues, que nous obtenons entrée au royaume céleste 2.
La foi n'est pas croyance, mais confiance) « c'est une ferme et certaine connaissance de la bonne volonté de Dieu envers nous, laquelle, étant fondée sur la promesse gratuite donnée en Jésus-Christ, est révélée à notre entendement et scellée en notre cœur par le Saint-Esprit ».
j La foi ne doit pas seulement éclairer l'esprit, elle doit surtout affermir le cœur, attendu que, dans