Édition de 1541, chap. v
l' « INSTITUTION CHRÉTIENNE ». 65
notre condition pécheresse, « il y a encore plus de deÛance au cœur que d'aveuglement en l'esprit ., Elle amène avec elle l'espérance, qui est l'attente des biens dont la foi nous a apporté la promesse Elle produit enfin, comme dernier résultat une - regénération intellectuelle, qui se traduit par des ' œuvres. Mais les œuvres de la foi ne se prétendent pas méritoires, au sens ecclésiastique; elles ne demandent pas leur salaire; elles tendent seulement en toute innocence de cœur, à la glorification de Dieu par une vie sainte.
Tels sont les effets de la foi sur les élus, c'est-àdire sur ceux que Dieu a choisis pour les faire entrer dans son royaume. Elle peut agir aussi, temporalrement, sur les réprouvés, comme si l'image de Dieu effacée par le péché, reparaissait pour un instant à ' la surface de leur âme. Ils ont quelque vue soudaine et rapide de la clarté divine, mais retombent aussitôt dans l'aveuglement et la stérilité de leur cœur « comme un arbre qui n'est pas planté assez pro' fond pour jeter racines vives, combien que [quoique] par quelques ans il produise fleurs et feuilles et même quelques fruits, toutefois par succession du temps dessèche et meurt' ». ,
Il y a donc des réprouvés, c'est-à-dire des hommes que Dieu, leur créateur, a rejetés de sa face, et que, par un décret de sa tpute-puissance, il a voués à la damnation éternel Les élus glorifieront Dieu dans sa bonté, les réprouvés le glorifieront dans sa justice, et ainsi tout le plan de l'uni-