Œuvres, t. VIII, p
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CALVIN
pas lui engager ma parole ; car, s'il venait, je ne souffrirais jamais, pour peu que j'eusse de crédit dans cette cité, qu'il en sortît vivant [vivum exire nunquam patlar) *. »
Il y aurait eu de la franchise, à défaut de charité, à dire cela à Servet lui-même. Sept années se passèrent, pendant lesquelles celui-ci donna la dernière main à son ouvrage. Il se décida enfin à le publier, au mois de septembre 1552. Le moment n'aurait pu être plus mal choisi. Henri II avait succédé à François V\ On était sous le régime de l'Kdit de Ghâteaubriant, où la persécution était réglée dans ses moindres détails : commandement exprès d'aller à la messe, défense de lire la Bible, obligation pour les fonctionnaires de produire un certificat de bon catholique, surveillance minutieuse des imprimeries, enfin encouragement donné aux dénonciateurs, qui touchaient le tiers des biens confisqués. Un tribunal spécial, la Chambre ardente, était chargé d'expédier au plus vite les procès d'hérésie, sans doute pour multiplier le nombre des victimes. Un imprimeur de Vienne, Balthasar Arnoullet, osa néanmoins mettre ses presses à la disposition de Servet, dans une maison séparée de son établissement principal. La Restitution du christianisme parut au mois de janvier 1553, augmentée des lettres écrites à Calvin et d'une Apologie adressée à Mélanchton 2. Aucun nom d'auteur ne figurait sur le titre. Cependant l'ouvrage